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doop 21/10/2017 23h41

Oulàlà. Effectivement, MINDHUNTER, ca envoie du lourd...
Je viens de regarder les deux premiers, j'ai du mal à m'en remettre....
Excellent.

scarletneedle 21/10/2017 23h48

Bon, il va falloir que j'y mette alors!

belcantan 22/10/2017 11h15

C'est très bon Mindhunter.

Il me reste 2 épisodes à voir et j'ai déjà appris plein de choses sur la sociologie :p

arrowsmith 22/10/2017 14h20

Citation:

Envoyé par Remy Lebeau (Message 1723909)
Vu la 5eme saison de House of Cards et la série continue d'être brillante à la fois par ces scénarios mais aussi par les jeux des acteurs Kevin Spacey et Robin Wright en tête. Du très grand art. Pour l'instant la série n'a pas encore été renouvelé mais la fin de saison peut passer pour une fin concluante.

as tu trouves ? Cette saison 5 est surement la plus mauvaise de toute, ce qui est dommage car la 4 avait été brillante donnant un regain d'intérêt à une série qui a fait un buzz mérité au début mais qui n'avait jamais réussi à passer la cap d'une première saison parfaite.

Les époux Underwood ne sont plus que des caricatures et les méthodes employées sont grotesques et ubuesques. A force de charger la mule la série se décrédibilise. Exit en plein milieu de la saison les candidats adverses à la présidence. D'ailleurs l'élection est vite expédiée pour son résultat final. Absent également la politique intérieur et la vie à la maison blanche. Trop de personnage qui ne font qu'un aller retour .... Rien de bon là dedans.

wildcard 24/10/2017 16h53


Le triomphe en salles de l'adaptation cinématographique de ça (que je n'ai pas vue), celle de La Tour sombre (que j'aurai préférée ne pas voir - ce qui explique que je n'en ai parlé ici), la saison 2 imminente de Stranger Things (largement inspirée de son oeuvre - il faudra que je trouve un moment pour voir ce que donne déjà la saison 1), entre autres choses, contribuent actuellement à donner au romancier Stephen King une luminosité spectaculaire, comme si cela offrait aux commentateurs la mesure de son influence littéraire depuis plus de quarante ans.

Mr. Mercedes permet d'apprécier encore cette actualité avec une qualité épatante : la saison 1 de cette série en dix épisodes (qui forme un récit complet, mais l'écrivain a rédigé une trilogie avec le héros) a été approuvée par l'auteur, au point qu'il en est co-producteur, mais doit aussi beaucoup à l'intriguant trio qui a convaincu Audience Network de la diffuser - David E. Kelley, Dennis Lehane et Jack Bender. Explorons ce remarquable et terrible thriller.


Un soir où plusieurs centaines de chômeurs attendent dans le froid d'entrer dans un salon pour l'emploi, huit d'entre eux sont tués et des dizaines blessés par un chauffard au volant d'un Mercedes derrière un sinistre masque de clowns. L'affaire ne sera jamais résolue et mise sur le compte d'un coup de folie par un individu ayant ensuite disparu en abandonnant le véhicule qu'il avait volé.


Cette tragédie hante pourtant encore, deux ans plus tard, l'ex-inspecteur de police Bill Hodges, désormais à la retraite, tout comme ses autres échecs personnels (sa femme a divorcé, il a dû placer sa fille unique en centre de désintoxication après des récidives de conduite en état d'ivresse et de consommation de drogues). Il noie ses démons dans l'alcool, songe au suicide, malgré son voisinage avec Ida, une veuve qui lui a proposé d'unir leurs deux solitudes. Mais la situation bascule lorsque Bill reçoit une lettre dont l'expéditeur prétend être "Mr. Mercedes".

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L'inspecteur Peter Dixon et Bill Hodges (Scott Lawrence et Brendan Gleeson)

Parce qu'il mentionne des éléments que seul l'assassin connaît, comme Olivia Trelawney (la propriétaire de la voiture, qui s'est suicidée, accablée par l'opinion et la culpabilité) et les circonstances du massacre, Bill en informe son ancien partenaire, toujours en fonction, Peter Dixon. Mais ce dernier pense à un macabre canular, d'autres s'étant accusés des faits par le passé sans que cela aboutisse.

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Debbie et Brady Hartsfield (Kelly Lynch et Harry Treadaway)

Ce qu'ignorent Bill et la police, c'est que "Mr. Mercedes" est tout près : il s'agit d'un jeune homme, Brady Hartsfield qui occupe deux boulots - vendeur de glaces dans le quartier où habite Hodges, et réparateur-vendeur en électronique dans un magasin du centre-ville. Il vit seul avec sa mère Debbie, avec laquelle il entretient une relation incestueuse depuis les morts de son père et de son frère cadet en bas-âge, et a installé dans le sous-sol de leur maison un équipement informatique sophistiqué lui permettant de commettre des actes de piratage.

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Janey Patterson et Bill Hodges (Mary-Louise Parker et Brendan Gleeson)

En enquêtant seul, Bill fait la connaissance de Janey Patterson, la soeur d'Olivia, qui l'embauche pour enquêter sur le suicide de cette dernière et retrouver celui qui a volé sa voiture pour tuer ces innocents. Rapidement, unis par la même soif de vengeance et une attirance réciproque, ils deviennent amants. Pour l'aider dans ses investigations, Bill peut compter sur Jerome Robinson, un lycéen de son voisinage, féru d'informatique, grâce à qui il communique bientôt directement avec "Mr. Mercedes". Celui-ci le défie de l'arrêter ou de se suicider s'il en est incapable, comme semble en être convaincu Brady.

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Holly Gibney et Jerome Robinson (Justine Lupe et Jharrell Jerome)

Deux événements vont précipiter les deux adversaires dans l'abîme. D'abord, peu après avoir interrogé la mère de Janey (et feue Olivia), Bill assiste à ses funérailles. Bill réconforte Holly Gibney, la jeune cousine de Janey, cette dernière en profitant pour aller chercher la voiture du détective que fait alors exploser à distance Brady. Mais, ensuite, Debbie Hartsfield meurt accidentellement en mangeant un hamburger empoisonné, destiné au chien de Jerome, par son fils. Bill rechute dans l'alcool mais cette fois Peter Dixon et ses anciens collègues admettent qu'il a raison à propos du retour de "Mr. Mercedes". Brady, lui, conçoit alors un nouvel attentat pour se venger de son patron, qui le harcèle et a renvoyé sa meilleure amie, mais aussi pour entrer dans l'Histoire, quitte à mourir pour rejoindre sa mère.


Le tueur est identifié après que la police ait appris que Brady avait plusieurs fois réparé des équipements chez Olivia Trelawney. Pensant l'arrêter chez lui, les flics échappent de peu à l'incendie programmé de sa maison, dans laquelle on trouve les cadavres calcinés de sa mère et de son boss. Reste à savoir où Brady va frapper : deux sites sont des cibles potentielles, mais Bill suit son instinct et se rend à la fête donnée en faveur d'une fondation artistique à laquelle seront présents Jerome, Holly et la meilleure amie de Hartsfield. Il le repère in extremis dans la foule, prêt à se faire sauter avec des explosifs sous la chaise roulante avec laquelle il se déplace incognito, la tête rasée. Mais Bill a un malaise cardiaque et perd connaissance juste au moment où Holly assomme Brady plusieurs fois pendant que Jerome rattrape son détonateur.

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"Si un jour tu te réveilles, sache que je serai là." (Bill Hodges à Brady Hartsfield)

Jerome part pour Harvard où il va poursuivre des études universitaires. Holly s'émancipe de sa mère et s'installe seule dans un appartement. Bill a survécu à son infarctus mais, avant de quitter l'hôpital, vient s'assurer que Brady est toujours dans un coma, irréversible selon les médecins : il lui promet pourtant d'être là si un jour il se réveille.


J'ai eu ma période Stephen King, brève mais intense, durant laquelle j'ai lu plusieurs de ses romans (bien que cela représente une part infime de son abondante production). Puis j'ai fini par caler lorsque j'ai d'abord entamé Désolation sans réussir à l'achever, puis pareillement avec la saga de La Tour sombre (même si, là, j'ai insisté durant trois tomes).

Depuis, d'autres auteurs, d'autres univers m'ont accaparé. Je ne peux pas dire que je suis un fan de ce romancier, même si je lui reconnais un talent de conteur sidérant, et que sa popularité ne me semble pas usurpée tant il est indéniable que son oeuvre est de qualité en éprouvant le lecteur (par le volume de ses livres mais aussi par la terreur que provoque ses récits).

Je dois, en outre, remercier Artemus Dada, un collègue blogueur, pour avoir attiré mon attention sur la série Mr. Mercedes : sans un de ses articles, je sera passé à côté de ce titre dont j'ignorai qu'il appartenait à la bibliographie de King. Je découvrais aussi que le projet de cette adaptation était développée par David E. Kelley, créateur d'Ally McBeal et The Practice (notamment), deux séries dont je garde d'excellents souvenirs. Ajoutez-y le romancier Dennis Lehane, à qui on doit des polars fameux comme Gone, baby, gone ou Mystic River (transposés au cinéma par Ben Affleck et Clint Eastwood) au poste de consultant, et si vous n'avez pas envie de voir le résultat, je n'y comprends rien.

Et quel résultat ! Au départ, toutefois, l'objet désarçonne : le rythme de la narration en particulier, une fois son abominable scène d'ouverture, a valeur de test. En vérité, cette lenteur, qui épouse l'âge du héros, est moins pesant que dense et permet d'identifier ce que chacun des auteurs a apporté à la série. On peut ainsi avancer que la caractérisation fine doit à Kelley, l'ambiance policière à l'ancienne à Lehane, le climat horrifique à King.

Sauf erreur ou distraction de ma part, tous les épisodes ont été réalisés par Jack Bender, un vieux routier de la télé, qui était derrière la caméra pour des productions émérites comme Boston Public (déjà une série de Kelley), Alias et Lost (créées par J.J. Abrams), Boomtown. Il a appliqué à ces dix chapitres une mise en scène rigoureuse, d'une sobriété exemplaire, s'appuyant sur un effet miroir saisissant : en effet, les scènes avec Brady sont quasiment aussi nombreuses que celles avec Bill, elles se répondent même souvent et épousent stylistiquement (par le soin apporté à la photo, aux mouvements d'appareil, au montage) la personnalité des deux adversaires.

Car Mr. Mercedes, c'est avant tout l'opposition de deux mondes : d'un côté un ancien flic au bout du rouleau, un dinosaure, un ours mal léché, qui se fiche désormais du règlement, qui vit très mal sa retraite (d'autant plus qu'il a achevé sa carrière sur l'affaire du salon de l'emploi, conspué par la presse locale, subissant le dédain las de ses anciens collègues, courtisé un temps par sa voisine veuve) ; de l'autre un geek psychopathe, incestueux, assoiffé de reconnaissance et persécuté professionnellement, qui défie ce vieux policier de se suicider ou de l'attraper, aussi intelligent que cruel, mais souffrant aussi d'être désocialisé, déconsidéré.

Bien qu'ils soient formidablement entourés par des seconds rôles mémorables (plaisir de revoir Mary-Louise Parker perdue de vue depuis Weeds, découvertes de Jharell Jerome et Justine Lupe, présences impeccables de Scott Lawrence et Holland Taylor dont les visages sont familiers), le duel à distance que se livrent les deux vedettes du programme est d'une puissance rare. Harry Treadaway compose un tueur vraiment flippant et glaçant, une vraie performance, habitée, parfois très extravertie, limite surjouée pour souligner le malaise que dégage Brady/Mr. Mercedes. Pour le contraste, il fallait un comédien au registre différent pour soutenir ce personnage et qui de mieux que l'impressionnant, massif autant que fébrile, dur et tendre à la fois, têtu, soucieux, j'ai nommé Brendan Gleeson, absolument prodigieux.

La réussite de la série tient à son équilibre narratif, sa gravité, sa tension, la prestation sensationnelle de ses deux acteurs principaux, la qualité de sa réalisation (saurez-vous repérer Stephen King dans un apparition sanguinolente à souhait ?) et la subtilité de son écriture. On entre dans cette histoire à pas de loup, puis on est pris par le col, saisi à la gorge, et on en sort pantelant. Rude, mais jouissif.

Olorin 24/10/2017 17h48

Citation:

Envoyé par wildcard (Message 1729630)
On peut ainsi avancer que la caractérisation fine doit à Kelley, l'ambiance policière à l'ancienne à Lehane, le climat horrifique à King.

Tu n'as probablement pas tort, mais l'ambiance et la caractérisation doivent également beaucoup à King quand même, la série étant très fidèle au roman (excepté pour la fin qui a probablement été réécrite à la dernière minute, un type qui essaye de se faire sauter pendant un concert pour pré-adolescentes ça devait résonner un peu trop avec l'actualité récente).

Citation:

Il a appliqué à ces dix chapitres une mise en scène rigoureuse, d'une sobriété exemplaire, s'appuyant sur un effet miroir saisissant : en effet, les scènes avec Brady sont quasiment aussi nombreuses que celles avec Bill, elles se répondent même souvent et épousent stylistiquement (par le soin apporté à la photo, aux mouvements d'appareil, au montage) la personnalité des deux adversaires.
La bande son associée aux 2 personnages (jazzy pour Hodges, punk-rock pour Brady) joue également beaucoup dans cette caractérisation stylistique et cet effet miroir dont tu parles.

Elýkar 26/10/2017 23h16

En ce moment je regarde une série policière coréenne, Stranger (Secret Forest), que j'apprécie beaucoup, diffusée sur Netflix.
Certes, au départ il est dur de se plonger dedans (vost coréenne, us et coutumes que je ne connaissais pas trop, jeu d'acteur étonnant), mais au final le rythme est plaisant.

M'approchant de sa conclusion, j'aimerais savoir si vous pouviez me conseiller des séries coréennes ou japonaises modernes et intéressantes.

wildcard 23/11/2017 16h20


Mise en ligne sur la plateforme Netflix en Juin dernier, la première saison de GLOW a fait partie des séries remarquées du producteur-diffuseur, récoltant des critiques élogieuses et un renouvellement pour une deuxième année (certainement en 2018). Et c'est tout à fait mérité car le show créé par Carly Mensch et Liz Flahive est une réussite sensationnelle.


1985, Los Angeles. Ruth Wilder, la trentaine, court les auditions sans jamais parvenir à décrocher un rôle intéressant malgré l'implication qu'elle y met et un talent évident. Après un énième échec, une directrice de casting la rappelle pourtant pour lui proposer un rendez-vous à condition d'être prête pour une "expérience spéciale" (mais en promettant qu'il ne s'agit pas d'un porno). Le même soir, Ruth voit arriver chez elle Mark Eagan, son amant, avec lequel elle accepte de coucher une nouvelle fois, toute à sa joie d'avoir un job.


Le lendemain, elle se rend à l'adresse qu'on lui a communiquée : c'est un hangar avec en son centre un ring face auquel, sur des gradins, patientent déjà une bande de femmes de toutes origines et de tous âges. Sam Sylvia, un réalisateur de séries Z, leur détaille alors le projet qui les réunit : il s'agit de monter un spectacle de catch féminin pour une chaîne de télé. Cette proposition saugrenue en fait fuir quelques-unes, mais pour la douzaine qui reste c'est une opportunité unique pour avoir un boulot. Parmi elles, Ruth tente sa chance.

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Les futures Gorgeous Ladies Of Wrestling

Sam a soigné son affaire : il distribue à chacune un rôle et un scénario afin que le divertissement soit assuré. Toutefois, ses initiatives rendent perplexes Sebastian "Bash" Howard, le jeune producteur, un fils à maman de bonne famille mais réellement passionné par la lutte : il préférerait jouer sur des stéréotypes (permettant aux téléspectateurs de s'identifier facilement) et plus de légèreté. Entre temps, Debbie Eagan, la femme de Mark et meilleure amie de Ruth, a appris la liaison de ces deux-là et annonce à la dernière qu'elle ne veut plus la fréquenter. Cette scène inspire à Sam une idée : faire combattre les deux rivales.


L'entraînement commence . Les filles font preuve de bonne volonté même si certaines ne s'entendent pas toujours cordialement (Cherry, la coach, et Melanie). D'autres sont rattrapées par leur passé (Sheila vit cette expérience comme une sorte de test après avoir avoir été longtemps seule), par leur famille (Carmen est issue d'une famille où son père et ses deux frères sont des catcheurs professionnels), ou doivent composer avec les préjugés de leurs personnages (Arthie, une indienne jouant une libanaise terroriste). Mais surtout, après d'âpres négociations et parce qu'elle ne veut plus occuper le domicile conjugal (malgré la menace d'un divorce et la perte de la garde de son bébé), Debbie rejoint la troupe dont Sam lui a garantie qu'elle serait la vedette.


Alors que Ruth galvanise ses camarades en prenant elle-même très à coeur la composition de son personnage, Sam doit se démener avec Rhonda, une de ses lutteuses qui couche avec lui, et Justine, qui se comporte comme une groupie étrange avec lui. Debbie lui impose aussi ses caprices quand elle estime ne pas trouver parmi les filles une adversaire digne de la mettre en valeur... Jusqu'à ce que le réalisateur lui fasse admettre que Ruth est parfaite pour cela. Mais Ruth découvre qu'elle est enceinte de Mark et s'en ouvre à Sam qui l'accompagne jusqu'à une clinique pour qu'elle avorte selon son souhait.


Tandis qu'une salle doit être louée pour tourner le "pilote" du show, "Bash" est mortifié lorsque, après une réunion avec les cadres de la chaîne télé, il avoue à Sam que sa mère lui a coupé les vivres. Tout le projet est compromis... A moins de profiter des circonstances. Les filles s'emploient alors à collecter de l'argent tout en s'attelant à la confection de leur costumes et accessoires. Et "Bash" les entraîne chez sa mère qui organise une collecte de fonds pour de jeunes toxicomanes au cours de laquelle il présente les lutteuses comme d'anciennes junkies qui se sont réhabilitées par le sport. Sa mère lui confisque les dons de ses invités mais consent à lui prêter une salle de danse pour le tournage.

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"Zoya la destructrice" et "Fortune Cookie" (Alison Brie et Ellen Wong)

Sam, qui s'est soûlé lors de la soirée et a fait des avances à Justine, apprend, sidéré et dévasté, que celle-ci est sa fille, conçue avec une aventure sans lendemain. Il n'assiste pas aux répétitions du show que régit Ruth après la défection de Debbie, qui a décidé de donner une seconde chance à Mark. Quelques filles, pour remplir la salle, vont offrir des places à des spectateurs patientant devant un cinéma qui projette "Retour vers le futur". Le spectacle peut commencer.

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Debbie "Liberty Belle" Eagan (Betty Gilpin)

Les Georgeous Ladies Of Wrestling enchaînent les combats avec un abattage irrésistible devant un public de plus en plus déchaîné, parmi lequel se trouvent Debbie et Mark, qui ne cesse de se moquer d'elles. Quand arrive le final, agacée, Debbie défie Ruth dans son rôle de "Zoya la destructrice soviétique" et monte sur le ring l'affronter en tant que "Liberty Belle". C'est la folie dans les gradins et sous les yeux de Sam et Justine tandis que deux caméramen enregistrent tout... Quelques jours après, les filles sont toutes réunies devant un poste de télé pour regarder la diffusion de la première émission, même Debbie qui n'a pas encore complètement pardonné Ruth.

Il y a quasiment dans GLOW tous les ingrédients pour provoquer les ricanements du téléspectateur et l'inciter à douter de la qualité d'une série pareille, mais c'est aussi comme si les deux créatrices du show, Liz Flahive et Carly Mensch, avaient volontairement choisi de cumuler toutes ces difficultés pour nous prouver, selon la formule bien connue, qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture.

Nous voilà transportés en 1985 avec ses looks improbables, ses coupes de cheveux impossibles, sa musique ringarde, dans le monde du catch, féminin de surcroît : plus kitsch tu meurs ! En comparaison avec d'autres séries qui explorent notre passé récent (comme par exemple l'excellent The Americans et son couple d'espions russes infiltrés aux Etats-Unis), rien ici ne paraît voler bien haut mais invite plutôt à la rigolade régressive.

Erreur ! Car ce qui distingue GLOW, c'est que derrière son titre acronyme (pour Georgeous Ladies of Wrestling, soit les Superbes dames du Catch), se cache un tout autre défi, beaucoup plus fin, nuancé et touchant. Loin de ridiculiser ses héroïnes, la série les sublime en nous offrant une prodigieuse galerie de caractères, interprétée par des actrices qui s'emparent de leurs personnages avec la même communicative énergie que les lutteuses montent sur le ring.

Il est donc question de féminisme dans cette affaire mais sans discours pontifiant : le seul point commun que partage cette troupe de filles, c'est d'en être arrivés là comme au terminus. Ce job de lutteuses, c'est leur dernière chance de briller, d'exister, de s'assumer, s'assouvir une passion. Certaines se saisissent de leur partition avec crânerie, sans beaucoup de sérieux au début, et créent puis doivent assumer les tensions qu'elles provoquent. D'autres veulent s'inscrire dans une tradition familiale, ou bien re-goûter à une vie sociale pour fuir la solitude, la marginalité. Toutes leurs motivations sont formidablement détaillées et bien cernées, ce qui permet au téléspectateur de les identifier facilement alors que le casting est fourni.

En parallèle l'histoire, riche en rebondissements, tour à tour dérisoires ou graves (il est question autant d'apprendre les gestes du catch que d'assumer un avortement), montre habilement la progression du spectacle en train de se construire, depuis la réunion inaugurale dans un hangar douteux jusqu'au tournage dans une salle de danse en passant par la vie dans un motel privatisé, les rencontres avec le sponsor, les réunions avec les décideurs de la chaîne, la participation (épique) à une collecte de fonds de la dernière chance. Savoir mêler l'intime (la vie des filles entre elles et de chacune, avec en point d'orgue la relation abîmée de Ruth et Debbie) et le spectacle (avec les entraînements, les répétitions, la composition des personnages de lutteuses, jusqu'au final flamboyant) est la grande réussite du show.

J'ai évoqué plus haut la contribution des actrices et la distribution est effectivement extraordinaire : Britney Young ("Machu Picchu"), Jackie Thon ("Melrose"), Sydelle Noel ("Junk Chain"), Kia Stevens ("Tax Queen"), Kate Nash ("Britannica"), Brit Baron ("Scub"), Gayle Rankin ("She-Wolf"), Ellen Wong ("Fortune Cookie"), Sunita Mani ("Beyrouth"), elles sont toutes fabuleuses. Mais la série doit énormément aussi à l'épatant Marc Maron (loser attachant), Chris Lowell (petit bourge sympa), et surtout au duo formé par Betty Gilpin ("Tu es Grace Kelly. Grace Kelly sous stéroïdes." dixit Sam Sylvia à sa "Liberty Belle") et Alison Brie (inouïe de pep's et d'émotion - si elle ne finit pas par décrocher un Emmy award avec ce rôle, je n'y comprends rien).

Même s'il y flotte une mélancolie troublante, GLOW est un concentré de bonne humeur, une série en état de grâce, un exercice d'équilibre virtuose. Vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous ne l'avez pas encore vu !

bukowski 30/11/2017 14h47

Tiens , j' ai une question. Je recherche le titre d'une série tv des années 90 qui passait sur tf1. Un flic canadien en uniforme venait prêter main forte à la police américaine. C' était un whodunit sympa, qui confrontait 2 cultures. Impossible de retrouver le titre dans ma mémoire. Ca vous dit quelque chose ? Lors de la dernière saison, l'acteur canadien était remplacé par un autre. C' était une série sympa, à la Stephen J.Cannel qui n' a jamais été rediffusée. ;)

bukowski 30/11/2017 15h06

Due South !!!! Des années que je cherche et là, en posant la question, des souvenirs me sont revenus. J' ai retrouvé tout seul. Un tandem de choc en vf. Quelqu'un s'en souvient ?

https://www.youtube.com/watch?v=cU43IflTaYc

JB 30/11/2017 15h31

Pas lors de la diffusion TV mais j'ai les 3 premières saisons en DVD. Bonne série comique avec des épisodes bien déjantés (L’homme qui n’en savait pas assez, Les Chevaux de la Reine et le final) et avec une préférence personnelle pour la période Vecchio. A noter : Leslie Nielsen dans un rôle de Guest star récurrent

bukowski 30/11/2017 15h42

Merci JB ! Je finissais par croire que j' avais rêvé cette série ! C'était une série très cool en effet. L' indice qui me manquait était le chien ! Je l'avais oublié. Bon, maintenant, je vais pouvoir me documenter sur la série. ;)

Jean-Moul 01/12/2017 00h57

Je m'en rappelle bien aussi, et j'adorais à l'époque!
Si je ne m'abuse le pote du héros avait une buick dont il parlait souvent.
Ça me fait penser à une autre série avec un personnage canadien, mais située dans le far-west celle-là. Les deux font la loi, je crois.

bukowski 01/12/2017 10h17

Ah oui ! Bordertown en vo. J'avais complètement oublié cette série. Je ne manquais aucun épisode à l'époque ! ;)

wildcard 01/12/2017 16h41


Après avoir suivi la première saison de GLOW, j'ai eu envie de revenir à la série qui révéla Alison Brie : Community, créée par Dean Harmon et les frères Russo.

Je ne rédigerai pas de critique détaillée dessus parce que je viens juste d'achever la saison 2 (sur 6), et que le compteur s'affole avec une moyenne de 25 épisodes par année, mais c'est un vrai régal, totalement barré, avec des personnages très bien campés.

Le casting est formidable, notamment Chevy Chase (grandiose en vieux raciste homophobe totalement abruti). J'espère que la rumeur qui a récemment refait surface d'une adaptation ciné se concrétisera (même si les Russo bros. sont désormais bien occupés ailleurs), mais il faudra surtout réunir la troupe originale et le showrunner.

Pourquoi n'y a-t-il presque plus de sitcoms pareilles, aussi déjantées ? En tout cas, si vous ne connaissez pas ce show, qui a survécu grâce à ses fans (car les audiences n'étaient pas terribles), allez-y, vous allez rire comme rarement.


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