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Fred le mallrat 09/10/2017 10h24

Vinyl j ai pas tenu audelà du 1er episode...:ouf:
j ai fait au moins 1 saison et demi de wire et 5 episodes de Treme

FrancoisG 09/10/2017 10h52

Citation:

Envoyé par Pickle Rick! (Message 1728054)
Excusez-moi mais je ne comprend pas trop pourquoi on fait comme si françoisG parlait de The Wire ou d'une série de Simon, il parle de Vynil, qui a ses qualités et défauts mais juste n'est pas de Simon. (les points communs sont New York 70's, et encore c'est pas trop les mêmes New York, et HBO et la qualité des décors & costumes, mais les styles d'écriture et de réalisation sont très différents)

Effectivement, je parlais bien de Vinyl, ne connaissant pas encore The Wire.
J'avais vraiment l'impression de vivre avec Richie Finestra et de baigner dans son univers. Le moindre détail me touchait ou m'agaçait, selon les circonstances. Et tout ça commençait dès le riff du générique :beu:

C'est totalement subjectif et impossible à expliquer, c'était ma série, voilà.

FrancoisG 09/10/2017 11h01

Citation:

Envoyé par Slobo (Message 1717106)
Je me suis bien marré à regarder GLOW sur Netflixe.

On regarde en ce moment.
Je pensais que ça serait plus fun, alors que pour l'instant, c'est assez désabusé...

On s'attache très vite à la galerie de personnages, et l'ambiance 80's est bien reconstituée.
Pis bon, Alison Brie, quoi :luv:

ericvil 11/10/2017 12h48

une Alison Brie méconnaissable....

FrancoisG 11/10/2017 18h51

Citation:

Envoyé par ericvil (Message 1728400)
une Alison Brie méconnaissable....

De tête, oui !!

FrancoisG 13/10/2017 11h36

Grosse hype sur Mindhunter !!:woot:

Rhodey 13/10/2017 15h07

Citation:

Envoyé par zenita (Message 1728037)
The deuce, c’est du Simon pur!

Si tu n’as pas aimé ses œuvres précédentes, tu n’aimeras pas the deuce.
Perso, je trouve que plus ça avance et mieux c’est ...

Après dire qu’il ne s’y passe rien, c’est un peu vrai mais perso, je trouve qu’il s’y passe tout moi...

L'ambiance des 70's peut accrocher certaines personnes.
J'imagine qu'on peut passer à côté de The Wire si on n'accroche pas au côté street level et qu'au contraire les 70's peuvent constituer une porte d'entrée. Encore que, je connais des personnes tellement différentes qui ont regardé The Wire que je me dis qu'il n'y a pas de raisons de passer à côté.

Rhodey 13/10/2017 15h11

Citation:

Envoyé par FrancoisG (Message 1728205)
On regarde en ce moment.
Je pensais que ça serait plus fun, alors que pour l'instant, c'est assez désabusé...

On s'attache très vite à la galerie de personnages, et l'ambiance 80's est bien reconstituée.
Pis bon, Alison Brie, quoi :luv:

Ca m'a échappé au bout de 5 épisodes.
Je m'attendais aussi à une série plus fun, mais c'est même pas ça le problème. Je pense que je n'ai pas vraiment accroché à la galerie de personnages hormis le Alison Brie et le réalisateur et que les galères du groupe de nanas durant la préparation ne m'intéressait pas tant que ça. J'aurais préféré qu'elles aillent plus vite en représentation et qu'ils fassent plus d'ellipses sur la préparation. Au 105, je me suis dit que les trailers étaient merdiques car ils laissaient entendre qu'on allait les voir sur le ring, et donc que la démarche serait couronnée de succès. Donc du coup, même si elles galèrent pas mal, tu sais qu'à la fin ça va marcher, donc c'est moins attachant...

Rhodey 13/10/2017 15h15

Citation:

Envoyé par gambit (Message 1728003)
vu the gifted....

pas mal du tout, des références aux xmen, des persos connus comme proudstar, blink, polaris, les struckers......

j'adore toujours amy acker!!!

seul le gosse m'énerve un peu avec ses mimiques

C'est pas extraordinaire, mais c'est bien mieux que ce que je craignais. Et après la catastrophe Inhumans, ça a l'air presque génial.
Après deux épisodes, je dirais qu'on est dans les eaux de Heroes. Il y a du potentiel pour faire quelque chose de vraiment bien, ou alors ça peut stagner et devenir emmerdant en utilisant des grosses ficelles. Pour l'instant, c'est dur à dire, il y a des trucs qui ne marchent pas, d'autres mieux, ils sont passés à l'action très vite.

Slobo 14/10/2017 13h29

Pour ceux qui lise le comics :
Sabrina cheeling aventure va avoir un pilote :
https://www.hypnoseries.tv/www/news....rina-6194.html

FrancoisG 20/10/2017 10h17

Nous en sommes seulement au 3eme épisode de The Get Down.

Les délires clivants de Baz Luhrmann sont au rendez-vous mais je suis client.
C’est jouissif. C'est dense. Cette impression d'avoir regardé un film après chaque fin d'épisode :ouf:

Bon, forcément, avec ma chance, la deuxième moitié de la saison n'est pas dispo. Sans compter l'annulation de la série, mais je commence à être habitué avec ce que j'aime.

wildcard 20/10/2017 16h47

Citation:

Envoyé par FrancoisG (Message 1728631)
Grosse hype sur Mindhunter !!:woot:

Et c'est justifié !;)


Après avoir enchaîné le visionnage de plusieurs séries de grande qualité, dont j'ai fait le compte-rendu ici, j'ai éprouvé le besoin de faire une pause. Si l'offre est abondante, elle l'est aussi presque trop et on ne sait plus où donner de la tête actuellement. Puis de nouvelles productions inédites s'annonçaient, qui viendraient bien assez vite et m'accapareraient à nouveau.

Parmi ces nouveautés prometteuses, l'une m'attirait spécialement : Mindhunter, produite par le prestigieux duo formé par David Fincher (déjà à l'oeuvre sur le célèbre House of Cards) et Charlize Theron. Inutile de faire durer le suspense : c'est une réussite absolue. Un chef d'oeuvre même.

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Les agents spéciaux Bill Tench et Holden Ford (Holt McCallany et Jonathan Groff)

1977. Holden Ford est un agent spécial et instructeur du FBI, spécialisé dans la négociation lors de prise d'otages. Sa dernière mission s'est soldé par un échec - le preneur d'otages s'est suicidé - et ses élèves suivent ses cours sans passion. Frustré, il souhaiterait élargir son champ d'action en étudiant le comportement de tueurs violents afin de comprendre leurs motivations, leur fonctionnement et apprendre à anticiper de futurs crimes. Après en avoir parlé à son supérieur, le chef Shepard, il est associé au vétéran Bill Tench, responsable de l'Unité des sciences comportementales du Bureau.

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Le criminel Ed Kemper et l'agent spécial Holden Ford (Cameron Britton et Jonathan Groff)

Tench est réservé sur le projet de Ford, doutant qu'on puisse prévoir des crimes violents, mais Holden finit par le convaincre de participer à des entretiens qu'il commencés à réaliser avec Ed Kemper, auteur de meurtres particulièrement atroces, avec lequel il est certain d'avoir établi un dialogue fiable. Ils font cela sur le temps libre dont ils disposent entre deux déplacements en province où ils rencontrent des flics ordinaires avec lesquels ils partagent la méthodologie du FBI concernant les balbutiements du profilage. Mais quand leur hiérarchie l'apprend, leurs recherches provoquent des réactions négatives.


Holden grâce au soutien inattendu de Bill obtient quand même de poursuivre ses entretiens en prison et son collègue introduit dans leurs études une amie, psychologue réputée, le Dr. Wendy Carr. Elle élabore une stratégie plus aiguisée pour cerner le passé et ses conséquences sur leurs actes des criminels alors que jusque-là les deux agents improvisaient et tâtonnaient. Cette modification dans leur approche appliquée leur concours dans une affaire locale est un succès puisqu'elle permet à la police d'appréhender et de confondre le coupable d'un homicide violent.

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Debbie Mitford et son fiancé Holden Ford (Hannah Gross et Jonathan Groff)

En parallèle, on découvre l'intimité des trois collaborateurs : Holden a une liaison avec une ravissante étudiante, préparant son doctorat (donc capable de soutenir ses réflexions) ; Bill est en couple avec sa femme mais l'enfant qu'ils ont adopté se mure dans le silence sans qu'ils trouvent une psychothérapie concluante ; et Wendy a une relation avec une collègue qu'elle s'apprête à quitter après que le FBI lui offre un poste de consultante pour superviser Ford et Tench. Wendy réussit à lever des fonds privés pour financer leurs travaux, ce qui incite le Ministère de la Justice à mettre aussi la main à la poche.

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Holden Ford, Wendy Carr et Bill Tench

Le double emploi des agents les accapare de plus en plus : ils doivent s'acquitter de visites dans des postes de police en qualité de conseillers, et parfois aussi pour participer à des enquêtes (en l'occurrence le meurtre d'une jeune fille dont les suspects sont son petit ami, la soeur de celui-ci et le fiancée de cette dernière) ; mais ils poursuivent leur série d'entretiens avec des criminels violents, comme Monte Rissel, au profil différent de Kemper. Disposant de plus de recul, Wendy détermine, elle, les similitudes entre ces meurtriers, déjà détenus ou suspects, et, avec Ford et Tench, cherche un terme générique. La notion de "tueur en séquences" fait place à celle de "tueur en série".

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Bill Tench, Holden Ford et le criminel Monte Rissel
(Holt McCallany, Jonathan Groff et Sam Strike)

A ce stade de leurs avancées, sur le terrain mais aussi avec leurs interviews, Ford, Tench et Carr doivent recruter pour gérer les dossiers qui s'accumulent. Il faut transcrire les témoignages des tueurs et trouver d'autres interrogateurs. Mais la sélection est difficile car il faut composer avec les préjugés des tueurs et l'envie de leur hiérarchie de contrôler leurs recherches - ainsi le chef Shepard leur impose-t-il un assistant, ami d'un ami. Ford est le plus contrarié par l'évolution de leur structure, tout comme par l'insistance de Wendy et Bill à respecter un questionnaire alors que lui préfère improviser en fonction de son interlocuteur. Il compte prouver qu'il a raison avec son prochain candidat : le criminel Jerome Burdos.

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Holden Ford et le criminel Jerome Burdos (Jonathan Groff et Happy Anderson)

Après le très loquace Kemper et le nerveux Rissel, Burdos s'avère un redoutable manipulateur, très narcissique. Pour le percer à jour, Holden le laisse parler de lui à la troisième personne puis, contre l'avis de Bill, lui offre une paire d'escarpins à talons aiguilles qui satisfait son fétichisme et le motive pour s'épancher. Dans le privé, Wendy s'habitue à sa vie solitaire même si elle cherche à attirer un chat errant, dont elle entend les miaulements dans la buanderie de son immeuble ; Bill avoue à sa femme son découragement vis-à-vis de leur fils alors qu'elle songe à le confier à une musicothérapeute ; et Holden découvre que Hannah le trompe avec un camarade à l'université, ce qui cause leur rupture malgré une brève réconciliation.

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Bill Tench, Wendy Carr et Holden Ford

Les rapports professionnels entre Holden, d'un côté, et Bill et Wendy, de l'autre, se tendent de plus en plus à cause des improvisations provocatrices du premier lors des interviews. Néanmoins, les deux agents, sur le terrain pour une nouvelle affaire de meurtre, oublient leur contentieux et, suivant successivement l'intuition de Ford, confondent un élagueur forestier itinérant pour le viol et la mort d'une majorette en recourant à une mise en scène dérangeante. Autour d'un verre avec les policiers, Holden se vante ensuite de ses ruses. Conséquence : les journaux évoquent l'affaire résolue et les méthodes employées, ce qui met Wendy en colère car désormais les détenus interrogés vont se méfier d'eux, persuadés qu'au lieu de les faire parler d'eux ils voudront les accabler aux yeux de la justice ou les manipuler pour que le FBI s'en glorifie ensuite.


Pourtant, la crise qui couve va réellement éclater avec le prochain tueur en série rencontré par Ford et Tench : Richard Speck se montre peu coopératif, agressif, et porte plainte contre eux après leur visite car il a subi des violences de la part d'autres prisonniers. En outre, durant l'interrogatoire, Holden a employé un vocabulaire vulgaire pour pousser Speck à se confier sur un viol, mais censure ensuite ce passage lors de sa transcription. Wendy le découvre puis le rédacteur envoie, anonymement, l'enregistrement complet à la police des polices.

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Le criminel Richard Speck (Jack Erdie)

L'équipe est à son tour passé sur le grill par les affaires internes. Holden ne peut supporter qu'on remette en cause l'efficacité de son travail, quand bien même sa méthode est discutable. Bill le lâche, comme Wendy. Le délateur pense, lui, avoir accompli son devoir en dénonçant ces pratiques. Apprenant, dans l'intervalle, que Kemper a tenté de se suicider et l'a désigné comme responsable pour le traitement médical à suivre, Holden se rend à son chevet. Leur face-à-face fait craquer l'agent spécial qui s'effondre ensuite dans le couloir de l'hôpital, victime d'un malaise respiratoire...


Fascinant objet narratif que ce Mindhunter en vérité.

En surface, il s'agit d'une série policière sur les origines du profilage et la frontière ténue entre ceux qui traquent le mal (ses origines chez les tueurs déjà arrêtés, mais aussi en voulant appréhender des criminels dans la nature) et ceux qui le commettent. Pourtant vous ne verrez pas de courses-poursuites spectaculaires, de tirs avec ou sans sommation contre des suspects, de procès avec témoignages à charge des agents de police ou du FBI. La série fuit l'action pour revenir aux bases : le questionnement, les doutes, les tâtonnements, l'impact que la fréquentation avec l'horreur a sur la vie quotidienne (privée, professionnelle, amicale, amoureuse), l'élaboration laborieuse d'une méthodologie, le débat entre les vertus d'une stratégie stricte, claire et nette et les mérites de l'improvisation pour provoquer les confidences des monstres. Et, enfin, le résultat de tout cela, s'il en vaut la peine, entre les pressions d'une hiérarchie bureaucratique, les tensions entre collègues, l'approche académique d'une universitaire et celle plus pragmatique des agents...

En vérité, Mindhunter, créé par Joe Penhall d'après le livre de John E. Douglas (l'agent qui a servi de modèle au personnage de Holden Ford) et Mark Olshaker, raconte plus sûrement, selon moi, ce qu'est une histoire, la raconter, l'écouter, la comprendre, la relater, l'exploiter.

Car la série se résume, puissamment, mais de manière étonnamment minimaliste en fait, à cela : deux hommes dans une cellule de prison qui en écoute un troisième débiter les horreurs qu'il a commises et tenter d'en tirer ensuite un traité sur la manière à la fois de saisir les motivations, le fonctionnement de tueurs, et d'anticiper de futurs crimes violents, d'établir les fondations d'une justice préventive et pro-active.

Lorsque Holden Ford et Bill Tench enregistrent les confessions, confidences, d'Ed Kemper, Monte Rissel, Jerome Brudos, Richard Speck, qu'ont-ils face à eux sinon des ogres sortis de contes ? Et les contes ne sont-ils pas étonnamment macabres, atroces, violents, traumatisants, métaphoriques ? Il était une fois une jeune fille attirée par un loup qui finit par la dévorer après lui avoir fait subir les derniers outrages. Des récits affreux, inspirés à leurs auteurs par des motifs récurrents, sommairement ciblés par la psychanalyse freudienne, comme le père absent et/ou une mère écrasante, une sexualité frustrée, des humiliations qui, un jour, éclatent et provoquent le passage à l'acte, le basculement dans les ténèbres.

Le sens de tout cela se révèle, à la manière d'une photo qu'on développe dans une chambre noire, par le personnage de Wendy Carr, inspirée par le docteur Ann Wolbert Burgess, qui est une sorte d'intermédiaire entre Ford, Tench et le milieu universitaire et la hiérarchie du FBI en sa qualité de consultante et superviseur. Mais c'est aussi cette femme entre ces deux hommes qui sert de filtre avec le spectateur, lui permettant de prendre du recul, de n' "héroïser" ni les deux agents ni les tueurs (à la faconde parfois aussi fascinante que leurs crimes sont abominables). Anna Torv l'interprète fabuleusement, avec une froideur hautaine.

En creux des interviews de ces serial killers, des enquêtes sur le terrain, se joue une autre partie, plus intime et bouleversante. Malgré leurs états de service, leur professionnalisme, leur expérience, leur faculté à encaisser, à quel point Ford et Tench restent-ils imperméables à ce qu'ils entendent et traversent ? Pire : à quel point ce qu'ils enregistrent et résolvent impacte-t-il leur vie privée ?

Tench est d'abord montré comme le plus humain, le plus sensible, malgré son allure de vieux loup : son couple est en souffrance depuis l'adoption de leur fils, qui leur impose un inquiétant et persistant silence. L'impuissance de Bill se traduit par sa fréquentation assidue de terrains de golf où il préfère se détendre plutôt, au début du moins, que de participer aux interviews de criminels, puis par ses absences répétées et de plus en plus longues de son foyer à mesure que les enquêtes et les interrogatoires l'accaparent. Holt McCallany est imposant dans le rôle de ce colosse aux chevilles d'argile.

Ford semble, lui, comme le dit son collègue, "immunisé" à l'horreur. On pourrait même facilement supposer qu'il est fasciné, obsédé par le Mal, que son envie de comprendre le fonctionnement des tueurs dépasse la simple curiosité professionnelle, la simple motivation de créer un dispositif prévenant les crimes violents en détectant les individus à risque. Bien que sa liaison avec Debbie (superbe, dans tous les sens du terme, Hannah Gross) soit volontiers torride et que leur relation soit riche intellectuellement, c'est un animal à sang froid, imperturbable, de plus en plus absorbé par sa mission, convaincu de la justesse de sa méthode jusqu'à la suffisance. Ce faisant, il se coupe de son collègue et allié, se met à dos Wendy, s'attire les menaces de sa hiérarchie, pour finir, après un face-à-face vertigineux, malsain à souhait, avec un de ses interlocuteurs criminels, par littéralement craquer, s'effondrer. Sa chute, au propre comme au figuré, illustre parfaitement la pensée de Nietzche : "si tu regardes l'abîme, l'abîme aussi te regarde." Jonathan Gross n'est pas qu'un beau jeune premier, il livre une composition habitée, impressionnante.

La production est somptueuse, David Fincher réalise lui-même quatre épisodes sur les dix que compte la saison (les deux premiers et derniers) et prouve que ce format lui convient idéalement (alors qu'au cinéma, il s'est montré plus inégal et semble même, depuis un moment, en errance, sans projet fixe et/ou alléchant).

Et si Mindhunter, comme ce mystérieux personnage à Park City, Kansas, qu'on voit brièvement dans les prologues de plusieurs épisodes (préparant visiblement un crime), était, comme série, le tueur parfait, celui qu'on ne voit pas venir et qui, plus sûrement que vous exécuter, vous laisse, pantelant, haletant, conscient que les ténèbres qui nous entourent ne seront percées par aucune lumière ? En achevant cette saison sur une séquence calée sur la chanson In the light de Led Zeppelin, on reconnaissait le terrifiant et ironique motif derrière la quête de ses héros : et si, donc, les tueurs gagnaient toujours en se succédant ? Vertigineuses dynastie et destinée.

JB 20/10/2017 16h56

Je me demande au vu de ta synthèse si, au niveau du choix du titre, il n'y aurait pas un renvoi voulu vers Manhunter

arrowsmith 20/10/2017 18h02

Citation:

Envoyé par JB (Message 1729328)
Je me demande au vu de ta synthèse si, au niveau du choix du titre, il n'y aurait pas un renvoi voulu vers Manhunter

je pense que c'est évident vu le sujet.

Nous allons commencer cette série ce week end.

Slobo 21/10/2017 00h09

Juste pour dire que j'ai vu et fortement apprécier Westworld. Un petit bijou intelligent et bien mené, de belle image, de bon personnages. J'ai bien fait d'essayer avant la fin de mon abonnement OCS. J'attendrais la saison 2 impatiemment.
Et pour ceux qui se demande. Non je trouve pas ça noir. Pas plus qu'Orhan Black en tout cas.
Non je le dit car j'ai surpris un ami en disant avoir aimé ^^ .


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