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FrancoisG 13/02/2018 17h36

Pour Mindhunter, je n'avais pas spécialement envie de savoir la suite mais c'était un très grand plaisir de retrouver les personnages et l'ambiance. Curieusement, c'est Master of sex qui m'est rapidement venu à l'esprit... Et ce n'est pas fini.

Unabomber est selon mon ressenti plus marquant et poignant, il y a un réel affrontement et on a hâte de savoir "comment".

JB 13/02/2018 17h51

Je dois avouer que j'ai laché l'affaire dès le premier épisode, notamment à cause de (ce que je perçois être) l'absence de charisme de Worthington ainsi que des scènes proche des Manhunter/Le Sixième Sens qui, au jeu des comparaisons, mettaient en défaveur ce Manhunt - notamment la scène où l'ancien coéquipier vient tenter de convaincre le profiler de reprendre du service. L'alternance entre les deux époques ne m'a pas convaincu non plus

FrancoisG 13/02/2018 18h29

Il ne m'a pas convaincu plus que ça non plus, contrairement à l'autre acteur !
Pour les similitudes, c'est fort possible mais je n'ai pas fait le rapprochement, faut dire que ça reste classique à ce niveau.

Par contre, j'ai été déçu dès le début par l’alternance entre les deux époques, alors que ça prend tout son sens ensuite...
Maintenant que j'y repense, je n'ai pas été complétement addict tout de suite, je dois le reconnaitre.

wildcard 14/02/2018 17h03

Sam Worthington est un acteur curieux : c'est vrai qu'il n'a pas un charisme, une présence sidérants à l'écran. Mais pour ce rôle, je trouve que c'est bizarrement un choix judicieux parce que Fitz est présenté comme un agent obsessionnel, quasi-autiste, une sorte de fonctionnaire terne qui est absorbé par cette affaire. Faire le malin en jouant ça ou trop en imposer aurait desservi le personnage : c'est son manque d'envergure qui le rend finalement héroïque car personne ne croit en lui, même le téléspectateur doute que ce soit lui qui confonde Unabomber.

Paul Bettany a un jeu plus fin mais aussi un rôle plus payant : il vole les scènes et physiquement, il est étonnant avec ce look hirsute d'homme des bois puis d'intello possédé. Il a quelque chose de reptilien alors que Worthington est marmoréen : ça créé un contraste intéressant, je trouve.

J'aime bien ce style "underplay", même si c'est un parti-pris qui peut frustrer car j'aime bien aussi qu'un acteur sache être flamboyant.

En revanche, la construction ne m'a pas gêné : les allers-retours entre 95 et 97, l'étau qui se resserre, les échecs, les fausses pistes, c'est bien fichu. C'est aussi un contre-pied aux interrogatoires de "Mindhunter". Comme je l'ai écrit, les deux séries se complètent bien, elles se répondent même.

En ce moment, je me rattrape en découvrant "The Night Of", qui avait été prévu pour James Gandolfini. J'en suis pile à la moitié (quatre épisodes sur huit) et c'est glaçant, parfois aussi drôle (John Turturo qui a remplacé Gandolfini est magistral). Chaudement conseillé !

zenita 16/02/2018 23h25

Je viens de me refaire true detective saison 1. J’avais un très bon souvenir mais c’est encore meilleur la deuxième fois.
C’est un sans faute du début à la fin... quelle série !!!!

Les acteurs sont époustouflants, la mise en scène sobre et belle, la bande son discrète mais terriblement touchante.

J’en suis encore tout retourné

wildcard 17/02/2018 16h24


L'année est encore longue mais gageons que The Marvelous Mrs. Maisel figurera dans les premières places des meilleurs séries télé à la fin 2018 car le show créé par Amy Sherman-Palladino et produit-diffusé par Amazon Studios s'affirme comme un "instant classic", un chef d'oeuvre qui s'impose avec la force de l'évidence. Fastueux, drôle, intelligent, tonique, la série s'inscrit qui plus est dans le registre délicat de la comédie rétro et se permet de ressusciter un genre qu'on croyait disparu. Vraiment merveilleux !

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Miriam "Midge Maisel (Rachel Brosnahan)

Il y a dans cette série une grâce étourdissante et une modernité confondante qui impressionnent d'entrée puisque la toute première scène du premier épisode montre, lors du mariage de Midge et Joel, la jeune femme prononçant un discours désopilant à une assemblée médusée et hilare mais dont la chute choque le rabbin au point de le faire fuir (et de refuser de fréquenter les familles pendant quatre ans !).

Le mensuel "Première" interroge dans son dernier numéro (de Février) si un pareil show avait besoin d'une critique pour l'analyser et d'une défense pour attirer des téléspectateurs car sa virtuosité souffle ceux qui le découvrent et emballera ceux qui le suivront. On ne va quand même pas se priver de dire du bien de The Marvelous Mrs. Marvel qui porte si bien son adjectif.

D'abord, il y a le plaisir, simple, immédiat, du faste de la production pour nous entraîner dans la fin des années 50 avec un luxe vertigineux dans les décors, les costumes, toute l'esthétique follement élégante, l'ambiance électrique de l'époque. Cela renvoie aux classiques du cinéma qu'on adore tous pour leurs couleurs flamboyantes, leur bonne humeur euphorisante, ces remèdes imparables à la morosité dans notre quotidien grisâtre. Visuellement, c'est splendide.

Mais jamais étouffant ou écoeurant car la série évite brillamment d'en faire trop dans la nostalgie et rappelle au passage quelques vérités sur la condition féminine, la cellule familiale et l'atmosphère encore oppressante dictée par la censure : en 1958, des flics surgissaient dans des cabarets pour passer les menottes à des humoristes au verbe trop cru, les mariages étaient arrangés, la femme cantonnée au foyer (pour y élever les enfants, préparer le repas, accomplir les tâches domestiques quand la bonne ne s'en occupait pas).

C'est qu'en vérité, sous atours vintage ensorceleurs, The Marvelous Mrs. Maisel est une création féminine et surtout féministe, mais qui se révèle dans un discours moins attendu qu'on pourrait le croire. Evidemment le parcours de Midge pour s'émanciper, s'affirmer et s'imposer ne manque pas de piquant et s'inscrit dans un cadre intriguant - la scène du stand-up comedy - mais résonne d'un éclat singulier dans le contexte récent.

Nul n'ignore plus que désormais, depuis "l'affaire Wenstein" et les hashtags #Balancetonporc et #Metoo, à Hollywood et ailleurs, la parole, selon la formule répandue, s'est libérée. Et c'est très bien car il est nécessaire que les victimes n'en soient plus et que les harceleurs, agresseurs, soient jugés. Mais encore faut-il qu'ils le soient... Car victoire il n'y aura vraiment, progrès effectif sera réalisé si ces affaires crapoteuses sont portées devant la justice des tribunaux et jetées en pâture sur les réseaux sociaux, cour de justice aussi expéditive qu'inappropriée et non qualifiée. Enfin, cette révolution ne se fera pas sans les hommes qui ne sont pas tous des prédateurs sexuels (comme le sous-entendent certaines féministes aux propos plus revanchards que légalistes) mais aussi des soutiens pour les victimes effectives ou potentielles : bref, il faudra opérer en étant unis et non opposés à cause de paroles aigries, discriminantes, partiales, partielles.

De ce point de vue, Amy Sherman-Palladino (dont le titre de gloire remontait à la série Gilmore Girls, sympathique mais plus inoffensive) détone par sa modération mais aussi son acuité. L'auteur préfère à la diatribe, au pamphlet, au doigt pointé, la finesse et le rire pour à la fois montrer ce qui ne va pas (et ce, depuis longtemps donc) mais aussi comment ça pourrait aller mieux. Dénoncer sans oublier de fournir des solutions, c'est mieux.

Et la "libération de la parole", Midge l'éprouve littéralement et son histoire la développe admirablement. Mariée à un séducteur pourtant falot mais suffisant, qui vole le sketch d'un humoriste connu pour briller sur scène (en prétendant que c'est la coutume dans le métier), c'est elle qui possède l'essentiel : l'esprit, la présence, le talent. Elle s'appuie d'abord sur son sens de l'improvisation, vraiment hallucinant, mais ne s'en contente pas (elle ne s'en contentait pas pour son époux en prenant pour lui des notes sur les blagues qui fonctionnaient le mieux auprès du public) : son ardent désir de pratiquer en se produisant régulièrement, en recourant (inutilement) à un gagman dépassé, à jouer un temps avec un partenaire, à écouter et retenir les conseils avisés (jusqu'au cynisme) de Lenny Bruce (formidablement incarné par Luke Kirby - alors qu'il passe quand même après la composition inoubliable du comique par Dustin Hoffman), à refuser toutes concessions (quitte à se "suicider" artistiquement en descendant une vedette, dont l'hypocrisie est pourtant justement révélée), tout chez cette héroïne relève de la libération de la parole.

Midge ne veut/ne peut se contenter d'être une housewife docile, une bonne fille de bonne famille, une honnête artiste. Pour cela, l'expression est son salut, sa méthode, son aboutissement. Elle cherche moins la célébrité (comme en témoigne son tempérament incontrôlable) que la reconnaissance, et paradoxalement elle fait son chemin en doutant constamment (elle cherche l'approbation de Susie - extraordinaire Alex Borstein - , l'avis de Herb Smith - malicieux Wallace Shawn). Il y a Miriam, l'élève studieuse, la vendeuse professionnelle, la mère attentionnée, l'amie fidèle. Et il y a Midge, "Mrs Maisel", qui se cache longtemps derrière un pseudonyme idiot, sur le point de se résigner à ne plus qu'amuser la galerie dans des fêtes mondaines, puis dénonce la mascarade de Sophie Lennon, triomphe grâce à son seul mérite.

La réussite de Midge ne s'accomplit pas sans casse (Joel en sort humilié mais admettant la supériorité de sa femme, ses parents manquent de sombrer dans la tornade, son lien avec Susie évite de peu la cassure, sans compter deux arrestations qui manquent de compromettre la promotion de son père). Mais on est avec elle, malgré tout, envers et contre tous, car elle nous fait rire, nous charme, nous épate, sans une once de méchanceté, de rancoeur, d'esprit de revanche/vengeance. Avec dignité, pugnacité, et génie.

Pour supporter pareil personnage et assumer pareille partition, Amy Sherman-Palladino a été bien inspirée de faire confiance à une inconnue (bien qu'elle ait participé à quelques séries mais au second ou troisième rang) : l'extraordinaire Rachel Brosnahan. A la dernière cérémonie des Golden Globes, la série a fait sensation en raflant les récompenses dans la catégorie "comédie" mais surtout en valant à la comédienne le prix de la meilleure interprétation dans ce genre : surprise totale mais totalement justifiée. Avec sa voix flûtée, son débit de mitraillette, sa beauté d'un autre temps, son élégance naturelle, c'est une révélation comme a rarement l'occasion d'en profiter. Le rôle pourrait être écrasant, mais je veux bien miser que Rachel Brosnahan n'en restera pas là comme son personnage et qu'une yellow brick road s'ouvre devant elle.

Tout est à sa (dé)mesure : réalisation admirable, production design irréel, swing diabolique, on a presque envie de mettre en garde les curieux en les prévenant que ce show va leur donner le tournis. Mais être grisée avec une telle maestria est ce qui distingue un divertissement ponctuel d'un spectacle inoubliable. Alors, abandonnez-vous, vous ne le regretterez pas !

ArnaudXIII 19/02/2018 17h08

J'ai regardé le pilote hier soir et j'ai adoré. Très hâte de voir la suite.

Pour Rachel Brosnahan, je ne me fais pas de souci. Son rôle dans House of Cards n'avait rien à voir avec celui de Maisel et elle était déjà très bien.

Fuck Penny Pann ! :D

wildcard 11/03/2018 16h31

Je vous avais dit tout le bien que m'avait inspiré la première saison de Good Behavior, mais ce n'est pas sans une certaine appréhension que j'ai suivi ces dix nouveaux épisodes. Les showrunners Blake Crouch et Chad Hodge allaient faire aussi bien, voire mieux ? Réponse sans tarder dans ce qui suit.


Ce qui fait le charme de Good Behaviour, c'est son imprévisibilité et son glamour que menace constamment la dérive de son héroïne. Si on s'en tient à ces bases, alors cette deuxième saison est aussi enthousiasmante que la première, parvenant à conserver ses acquis sans tomber dans la routine et en faisant évoluer ses personnages principaux.


Cependant, on remarquera facilement que les dix épisodes sont en fait divisés en deux actes : dans un premier temps, le trio Letty-Javier-Jacob, qui a pris la poudre d'escampette après que la première ait tiré des griffes du FBI le second, cherche à refaire leur vie ailleurs. En vérité, il s'agit d'une fuite en avant, dont ils sont conscients : ils sont des fugitifs recherchés sur lesquels l'agent Lashever a promis de mettre le grappin. Et ça ne manque pas : au bout de trois épisodes, voilà le tueur et la voleuse, menottes aux poignets, en route pour la prison, victimes à la fois de leur manque de prudence mais aussi d'une trahison de la part de Estelle, la mère de Letty, qui refuse que celle-ci partage la vie d'un assassin, quitte à la perdre à nouveau.

Un twist très loufoque conduit les prévenus à renverser la vapeur en convaincant Lashever de mystifier le FBI qui l'a trop longtemps humilié. Un casse très drôle et totalement invraisemblable est commis dans un club de drag-queens, avec un suspense efficace à la clé. Puis une visite chez la grand-mère de Letty, elle-même ancienne aventurière malhonnête, convertit l'intrigue grâce à un deus ex machina un peu facile mais à l'impact ravageur.

Le second acte sépare le couple-vedette, tandis que Jacob est remis à Estelle pour le préserver. Les scénaristes n'épargnent pas au téléspectateur la déchéance de Letty et, dans une moindre mesure, de Javier. La voleuse se soûle et se shoote au point de se réveiller la nuit dans une forêt, sans se souvenir comment elle a atterri là, appelant au secours son ancien agent de probation (désormais amant de Lashever) pour la sauver. Javier reprend ses activités de bourreau tout en enquêtant sur la présence perturbante d'un ami d'enfance qui n'est visiblement pas là que pour consoler sa soeur Ava.

Le final est un modèle du genre, entre les retrouvailles des amants, un contrat déroutant et cruel rempli, la révélation du mobile de Teo, et l'issue terminale. Letty et Javier partent à Los Angeles avec un paquet important de drogue dont la vente va leur permettre de vivre tranquillement. Mais une voleuse et un tueur à gages à L.A. peuvent-ils vraiment raisonnablement échapper aux vices d'une telle mégalopole ? La fin est ouverte et alléchante (et comme la série a été renouvelée pour une troisième saison, on devrait se régaler).

Le show connaît donc une progression appréciable même si sa narration subit quelques chutes de rythme notables, une certaine tendance à tirer sur la corde (notamment dans la première partie de la saison où il est évident que les héros ne profiteront pas longtemps de leur cavale et ne sont pas dupes de leur vie de famille "normale"). Le casse dans le night-club tient un peu du grand n'importe quoi, tirant le récit vers la parodie de son genre, et l'apparition d'Alice est une facilité scénaristique bien pratique.

En revanche, quand les auteurs se focalisent sur les démons des deux héros - l'alcoolisme et la toxicomanie de Letty, son incapacité à assumer son rôle de mère, la violence intérieure irrépressible de Javier, sa méfiance paranoïaque, son envie de normalité impossible - , alors, là, la série atteint une singularité plus trouble, plus troublante, qui rend le couple à la fois si atypique et attachant. On se rend alors compte que leur entourage est presque accessoire, ne servant qu'à souligner ce qui est évident ( ce sont des marginaux, les vilains petits canards de leur milieu, qui ne s'intégreront jamais aux standards de la société à cause de leur vocation et de leur caractère, et c'est en l'acceptant qu'ils sont vraiment heureux).

D'une certaine manière, Letty n'est pas plus sympathique que Javier (elle abandonne son enfant pour mieux sombrer dans la boisson et la dope et lui se remet à tuer même si cela répugne sa soeur et met en danger celle qu'il aime), mais en osant se regarder en face, en s'entraidant même (au point de se contaminer : Letty finit par tuer un assassin et un innocent, Javier vole de la drogue), ils avancent, malgré tout.

Pour rendre fréquentables de tels individus, Michelle Dockery et Juan Diego Botto n'ont même pas l'air de forcer : il faut admettre qu'ils ont du charme à revendre, une élégance folle naturelle, qui ont raison de la résistance du téléspectateur. Il y a une alchimie redoutable entre les deux acteurs sur laquelle l'intrigue et le réalisation s'appuient beaucoup -presque trop, et il faudra sans doute penser à leur opposer un adversaire véritable dans les prochains épisodes, quelqu'un de plus coriace, plus retors que Lashever ou Teo, pour pimenter leurs aventures au-delà de leurs névroses.

Malgré quelques réserves donc, Good Behavior franchit le cap délicat de la deuxième haie avec brio : la production de la chaîne TNT a de beaux jours devant elle.

wildcard 18/03/2018 16h13

Pour résumer au mieux cette remarquable série (qui a, d'ores et déjà, été renouvelée pour une deuxième saison par Netflix) à la construction audacieuse, il faut que je redispose mon propre texte car l'intrigue le nécessite. En effet, l'adaptation en dix épisodes de son film éponyme par Justin Simien reprend la structure à la Rashomon (Akira Kurosawa, 1950) où un même événement est détaillé selon plusieurs points de vue. Ici, pour ne rien simplifier au critique, ce sont deux actes qui sont ainsi détaillés. Mais, loin de créer la confusion, ce procédé aboutit à un résultat puissant.


La première des qualités de Dear White People est de s'inspirer du long métrage de Justin Simien datant de 2014 sans vraiment l'adapter. L'auteur a bien saisi à quel point la différence de format qu'offre la télé et le découpage en épisodes (10 X 30 minutes) permet de développer plus subtilement et puissamment son sujet. Dans le long métrage, il était surtout question de l'élection de Sam à la tête de la résidence des étudiants noirs, au détriment de Troy, et des responsabilités que cela entraînait pour celle qui voulait d'abord jouer à la "black panther" au micro de sa décapante émission de radio et suivre ses cours de cinéma (sans trouver de sujet qui l'inspire). Sur un ton plus léger mais avec un rythme enlevé, le film raillait plutôt gentiment l'ère Obama et l'illusion que la réélection d'un président noir allait régler tous les problèmes raciaux de l'Amérique symbolisée par un campus.

La série est plus ambitieuse mais aussi plus fine, plus saillante, plus percutante. La fac imaginaire de Justin Simien ressemble toujours à la société américaine avec son communautarisme comme couverture aux tensions raciales. Chaque résidence du campus représente une population, mais en vérité chacun reste dans son coin, avec les siens. On a le sentiment d'observer un village avec ses quartiers monochromes.


Même si le récit est choral, la vedette du show est Samantha qui passe de la militante protestante à la langue bien pendue mais encore relativement sage à la pasionaria de la cause noire, comme en témoigne son changement de look (au début plutôt casual, elle s'affiche ensuite avec une veste de treillis militaire, ce qui montre sa radicalisation). Le personnage, formidablement incarnée par la magnifique Logan Browning, résume à lui seule tout le problème de la situation : sa cause est juste, son discours acéré, ses arguments justes, mais sa méthode condamne tout progrès et l'enferme dans la même provocation que les ennemis qu'elle combat. A force de se replier sur ses "frères" et "soeurs" noirs, elle exclut tous ceux qui n'en font pas partie ou cherche une voie pacificatrice - à l'instar de Gabe (John Patrick Amedori), qui appellera les vigiles pour éviter qu'une dispute ne dégénère violemment sans savoir que cela provoquera justement un incident encore plus retentissant que la soirée "blackface".

Tous les personnages sont impeccablement campés, depuis Troy (Brandon P. Bell - qui reprend le rôle qu'il tenait dans le film), dont le père veut faire un politicien prêt à toutes les compromissions surtout pour éviter d'en faire une cible pour les blancs, à Coco (Antoinette Robertson), dont la situation de "potiche" cache un arrivisme carnassier et un refus de prendre parti (tour à tour considéré comme de la lâcheté et de la sagesse). Lionel (DeRon Horton) apparaît comme la voix de la raison mais aussi notre guide, un personnage-témoin, auquel on peut s'identifier, en même temps que le meilleur exemple d'émancipation de la série (puisqu'il assume son homosexualité, sa liberté d'expression, son courage journalistique). Enfin, Reggie (Marque Richardson - lui aussi de retour dans son rôle du film) incarne à la fois la victime et l'étincelle prêtes à mettre le feu aux poudres : son militantisme tranquille devient expiatoire après le traumatisme qui le frappe lors d'une séquence saisissante (et renvoyant évidemment aux morts de nombreux jeunes afro-américains par des policiers impunis).

Pourtant, gare à ne pas faire de Simien un néo-Spike Lee, prônant un cinéma/une télé pour les noirs par des noirs au motif que seuls les intéressés peuvent témoigner justement du racisme dont ils sont victimes. Le cinéaste est à la fois plus nuancé et plus sévère que son aîné et son tableau n'épargne personne, ni les blancs convaincus d'être eux-mêmes victimes de discrimination parce qu'on accorde un droit d'entrée aux noirs dans les universités qui les refusaient auparavant, ni les noirs qui se revendiquent de Malcom X et se sentent pousser des ailes de révolutionnaires sans bien mesurer que leur attitude est contre-productive ou que leur doyen, afro-américain lui aussi, joue le jeu des dominants surtout pour conserver les privilèges accordés aux minorités visibles.

Parce qu'il n'y a pas de bons ou de méchants faciles à désigner dans cette histoire, que les petits écarts (infidélités amoureuses, préférences données au militantisme plutôt qu'au dialogue, désir inextinguible d'en découdre, ambitions personnelles passant avant tout) ont des répercussions aussi profondes que les luttes civiques, cet examen social et sociétal qu'exprime Dear White People invite tout le monde à réfléchir sur la justesse de sa conduite et à essayer de comprendre pourquoi l'Amérique (comme d'autres nations) s'est laissé séduire par le populisme (de Trump et d'autres) en abandonnant aux extrémistes tout discours sur le multiculturalisme.

Slobo 19/03/2018 23h57

Hier vu les 2 nouveau épisode de la saison 2 de Designated Survivor.

Ce 2 épisode de la mini-série Collateral avec 3 acteurs de Dr Who (Billie Piper en mère dépassé qui commande des pizza avec un supplément récréatif. John Simm qui travail comme député ex de Billie et ex de la Prêtre anglicane aussi. Carey Mulligan, inspectrice en charge du dossier). Très sombre je sais pas si je ferais les 2 derniers épisodes.

ArnaudXIII 21/03/2018 18h04

J'ai enfin attaqué Mozart in the Jungle et après 3 épisodes, je suis conquis.

wildcard 22/03/2018 16h53

Citation:

Envoyé par ArnaudXIII (Message 1746570)
J'ai enfin attaqué Mozart in the Jungle et après 3 épisodes, je suis conquis.

Cette série, c'est que du bonheur. Tu vas te régaler avec les épisodes suivants.
Et la prochaine saison arrive incessamment sous peu (Avril ou Mai, je crois).

Slobo 27/03/2018 18h41

J'ai fini collateral. C'était noir mais avec un bon perso. Franchement j'ignore comment elle a fait tout ses recoupements aussi rapidement. Bon ça se termine pas comme elle l'aurait aimé, mais c'est assez logique.

Hob 04/04/2018 22h41

Collateral, j'ai trouvé ça somme toute anecdotique.. ça voulait parlé de plein de choses , mettre pleins de personnages en scène pour au final resté succinct sur l'ensemble et effectivement, beaucoup de facilité sur l'enquête

J'ai tenté Requiem mais ça me semble être aussi chiant que Collatéral.
Par contre, je me suis éclaté sur la série coréenne Bad Guy, Vile City . ça fait pas dans la dentelle mais ça défoule bien (et les grosses bastos à coup de batte de base ball, ça fait toujours son effet :) )

Slobo 14/04/2018 00h49

J'ai tenté et détesté Lost In the Space nouvelle mouture. Ou on a une famille de 4 blanc et une noir (Pourtant même maman et papa. Pas d'adoption à priori. Maman à peut être fauté mais personne n'en parle ^^ ) ... J'ai préféré le film de 98 c'est dire !


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