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Vieux 11/10/2013, 15h29
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Plume Le défi d'octobre 2013 : flashback et polémiques!

VERONICA ZEMANOVA ET MOI

1.

Ce matin.
Je connais sa fiche par coeur. C'est celle que Cache-Misère m'avait rédigée et imprimée il y a quatre ans, puis tellement updatée au marqueur rouge qu'elle est devenue presque illisible. Il faudrait que je lui dise d'en sortir une nouvelle, mais je n'en ai pas le coeur. Cela serait avouer implicitement que l'on va encore et encore recevoir le vieil acteur jusqu'à ce que mort s'ensuive et qu'enfin sa fiche ne devienne nécrologie, pour un dernier hommage à l'antenne.

Non seulement j'ai reçu le vieil acteur deux à trois fois par an depuis mes débuts à la radio, mais je l'ai même déjà reçu CETTE semaine dans mon émission de télé pour la même actu. Je regarde mes compères radiophoniques s'installés autour de la table et sait que mon salut ne viendra pas d'eux. Deux au moins l'ont également interviewé cette semaine dans d'autres émissions radio ou télé et mon sniper de vanne l'a allumé samedi dernier d'un trait d'esprit plutôt bon qui a été rediffusé toute la semaine au zapping.

Cache-Misère m'apporte une bouteille de Badoit et tente un sourire de réconfort. Elle aussi n'en peut plus de ce cirque. Nous sommes comme un vieux couple à la dérive, nous laissant bercer par un roulis qui bientôt deviendra tellement insupportable que nous vomirons ensemble.

Je me lèvre pour accueillir le vieil acteur et l'embrasse comme on embrasse un vieil oncle, avec une chaleur feinte et l'envie d'abréger. Nous échangeons quelques nouvelles sur untel dont le film est mauvais et sur unetelle dont l'émission est loin de l'audimat escompté. Nous nous forçons à rire puis, après s'être assis en s'assurant d'avoir bien évité du regard mon sniper de vanne, le vieil acteur lâche la phrase que j'entends pratiquement avant chaque émission depuis quelques mois :

- Alors ? De quoi va-t-on bien pouvoir parler aujourd'hui ? Ha ha ha...

J'ai envie de mourir. Non sans avoir avant ça enfoncé le micro avec sa bonnette France-Inter dans la gorge du vieil acteur.

Je pense alors à ma célébrité. Au pouvoir qu'elle m'apporte. Et je pense aussi à Veronica Zemanova. Elle pourrait être virtuelle, elle n'en est pas moins connue dans le monde entier.

Et moi ?

Est-ce que moi aussi je suis virtuel ?

2.

Ce soir.
J'ai envie de pisser.

Voila. C'est fait. Je me suis aspergé le visage avec mon urine. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait un truc aussi ignoble. Mes cheveux sont mouillés. La maquilleuse coure vers moi pour me recoiffer. Au moment où elle approche le peigne de mon crâne, l'odeur assaille ses narines et elle ne peut réprimer un geste de recul. Immédiatement son regard terrorisé me supplie de ne pas la renvoyer pour ce réflexe pourtant bien compréhensible. Je pourrais puer la merde qu'ils seraient encore tous à mes pieds prétendant que mon odeur est de miel.

Le pouvoir.

Je lui prends le peigne des mains et me recoiffe seul en me rendant sur le plateau. On chuchote autour de moi. Ils se rendent bien compte que quelque chose cloche, mais qui osera venir m'en parler ? Ma productrice parle avec le nouveau régisseur, le menaçant sans doute de le virer comme le précédent. Je vais vers elle et lui tend le peigne pour m'en débarrasser. J'adore l'humilier en public. En fait, je crois qu'elle adore ça. Les relations amour/haine, "ça la motive" avait-elle avoué un jour dans une entrevue pour CB News. Connasse. Où a-t-elle vu qu'il y avait de l'amour ?

Elle aussi sent que ça ne va pas. Mais elle fait mine que... "The show must go on" qu'elle doit penser tout bas, en cherchant qui pourrait bien me remplacer. Je sais qu'elle a déjà eu quelques entretiens "secrets" avec de jeunes animateurs et aussi certains vieux. Je m'en fous. Elle ne peut rien contre moi tant que la chaîne me soutient. Et la chaîne me soutiendra tant que je ferais du chiffre. Et je vais t'en faire du chiffre. Dés ce soir.

Je vais te les scotcher, moi, les ménagères de moins cinquante ans. Je vais t'en chier, de la part de marché.

J'ai cinquante kilos de C4 autour de la taille et un Magnum modifié qui pourrait trouer un mur en ciment de trente centimètres d'épaisseur.

Cache-misère m'apporte mes fiches et me fait signe que l'antenne va bientôt être à moi.

À Moi.

Showtime....

3.

Générique.

Les chroniqueurs s'installent. La pétasse de la mode, le grand con gadgetophile et la bombe rebeu qu'est conne comme une huître, mais ça attire de la minorité, alors...

Bonsoir et merci de nous rejoindre pour votre rendez-vous quotidien gnagnagna... Je dis mon texte comme un robot et la pétasse voit tout de suite que ça cloche. Mais comme elle ne sait que sniffer de la coke et sourire, et que bon elle ne peut pas sniffer en direct, alors elle se contente de sourire et la bombe fait des signes au public et joue les divas glamour et le grand con relit ses fiches, professionnel jusqu'au bout de son IUT de marketing, et je présente les invités qui nous rejoignent chacun à leur tour et la « star du rap français » a le droit à une standing-ovation et c'est notre jeu entre chroniqueurs de deviner qui aura droit à une standing-ovation et je vois aux sourires échangés entre la pétasse et le grand con qu'ils avaient parié sur lui et je les déteste encore plus parce qu'ils savent et qu'ils ne font rien et que même ils en profitent et ils méritent de mourir et nous méritons tous de mourir et ce ne sera que justice.

"Alors Docteur Kriss, cela fait quoi d'être célèbre grâce à des chansons misogynes, racistes et qui prônent l'argent roi contre toute idée de morale ?"

Je souris béatement et attends la réponse avec intérêt. Le rappeur n'a pas vraiment compris ce que je lui ai demandé et il continue de saluer le public. Cache-Misère me fait de grands signes et la productrice crie dans mon oreillette et veut savoir ce qu’il m'arrive. Dans un rire, le rappeur lâche qu'il kiffe bien la thune et que ça fait du bien de niquer les bourgeois et de se taper des putes blanches. Le public applaudit et Cache-misère fait signe à la pétasse d'enchaîner. Mais je reprends la parole et demande à l'ancien ministre de la culture s'il kiffe bien lui aussi la thune et sauter des pétasses blanches. Je re-souris béatement et attends la réponse avec intérêt.

Le grand con, sur un signe de Cache-misère, prend la parole pour annoncer la pastille des "Gros cons", une bande de comiques venue du café-théâtre et qui improvise chaque soir une petite scénette sur l'actualité et le Ministre encore sous le choc me regarde avec un air perdu, ne sachant pas s'il doit entrer dans mon jeu pour faire cool ou si j'ai réellement dérapé. La productrice profite de l'interruption pour venir me voir et rassurer les invités. Avec un grand sourire elle me prend à part et me déclare que je viens de signer mon arrêt de mort. Si je ne redresse pas le cap, c'est tout simplement ma vie professionnelle qui disparaîtra ce soir. Je la rassure en lui faisant croire que j'ai pris de la mauvaise coke et que j'appréhende mal le réel, mais que ça va aller maintenant. Bizarrement, cela la rassure complètement. Cette fille n'appartient pas à notre monde, à présent j'en suis sûr.

Le sketch se termine sur une blague antisémite que le public applaudit à tout rompre et je reprends l'antenne. Je me tourne vers notre troisième invité et comme je n'ai pas lu mes fiches et que je n'ai jamais vu ce type, je ne connais que son nom, je lui demande :

"Alors Ludovic, tu es qui, toi ?"


4.
Attention, ça pue le flash-back. Que le lecteur de goût passe son chemin, il ne trouvera ici que clichés et auto-lamentations mollassonnes. Le voilà prévenu.

Parce qu'évidemment, débarquer sur un plateau de télé chargé au C4 avec une réelle volonté de tuer nécessite un parcours préalable. Une "histoire". Et la mienne commence avec Florence Bartiff, en CE1 (je t'avais prévenu). Cette pute refusait purement et simplement de me donner la main pour entrer en classe. Je "sentais mauvais", qu'elle disait à Madame Nourry et la vieille vache ne la contredisait jamais. Non. Elle se contentait de hocher la tête et de me faire aller en bout de queue, seul.

Ok ok, cela ne justifie sans doute pas un attentat, mais je voulais en parler. J'ai le droit, c'est moi qui ai les explosifs. Il se trouve que mon problème d'amour, je m'en bats un peu les couilles. Je ne suis pas le premier que sa mère ait mal aimé, je ne serai pas le dernier. Non. Ce qui m'a vraiment foutu en rogne, c'est le jour de la présentation de la nouvelle grille des programmes, à la rentrée, le jour où l'on pose tous derrière le président en levant la tête vers un photographe perché sur un escabeau et qu'est-ce qu’on a l’air con !

J'avais une sorte de costume Kenzo assez smart qui m'avait été prêté par je sais plus qui. Je toisais joliment mon monde en sirotant mon jus de mangue tout en crachant sur le buffet qui semblait bien chiche comparé aux bénéfices de la maison mère. Et là, alors que je me lançais dans une diatribe mélangeant des arguments ultra-libéraux mâtinés de référence alter-mondialistes, un grouillot à nœud-pap' m'interpelle, me fourre un plateau de mélange crevette dans la main et me demande de me bouger un peu le cul si je ne veux pas perdre mon boulot.

Je pourrais faire à peu près n'importe quoi si on me le demande avec autorité. Je suis lâche, habitué à chier là où on me dit de chier. Je n'y peux rien, c'est comme cela. Alors avant même que je ne me rende compte de ce que je faisais, j'ai commencé à proposer les mélanges crevette autour de moi, allant de groupe en groupe.

Bon.

Cela encore, j'aurais pu m'en remettre. Mais le pire, LE PIRE, c'est que personne n'a remarqué que c'était moi qui leur servais la bouffe. PERSONNE.

Certains se seraient dis "tant mieux". Moi, je me suis dis "putain !"

Je vais les buter…


5.

Et avant même que Ludovic ne me réponde, je me souviens que l'on m'a déjà parlé de lui : c'est le petit protégé de Robert Livain, le producteur du « Château », cette émission musicale qui fait la part belle aux SMS. Robert n'a de cesse de vanter les qualités fellatoires de Ludovic qui, paraît-il, déploie une sainte abnégation à sucer tout le staff de la production avant chaque prime. Avec un talent pareil, nul doute que le petit apprenti-chanteur va se hisser rapidement tout en haut des charts.

L'éphèbe langoureux commence à évoquer sa jeune carrière, insistant lourdement sur l'exemple de ses aînés qu'il doit suivre et les nombreux progrès qu'il doit encore faire avant d'atteindre toute la maturité nécessaire à son "art". Le petit con n'y croit pas une seconde et ses yeux ironiques racontent à peu près l'inverse de son discours écrit par l'assistante de Robert Livain. Je m'empresse de l'interroger sur sa manie plumitive et cherche à savoir si l’on peut, aussi, l'enculer ?

Cache-misère éclate de rire et agite les bras en face de ma productrice pour lui signifier sa résignation et, qu'après tout, elle préfère lâcher l'affaire. Elle s'assied dans le public en s'épongeant les yeux, décidant que maintenant elle ne ferait que profiter du spectacle.

Ludovic, dont le rouge écrevisse des joues jure avec le vert pomme du t-shirt Agnès B., se tourne vers Robert Livain qui, en coulisse, est en train d'engueuler ma productrice comme un chef d'internat engueulerait une écolière qui aurait couché. L'ex-ministre de la culture décide que décidemment quelque chose cloche et se lève pour quitter le plateau alors que la "star du rap" est debout et crie des insultes homophobes reprises en coeur par le public.

Il est temps d'agir.

Je sors mon flingue et hésite un instant entre le rappeur et le ministre, et décide que, si ce dernier aura plus de poids comme otage tout à l'heure, je ne peux malgré tout louper l'occasion de me farcir un représentant, même ex, de notre République. Je l'abats d'une balle dans le dos alors qu'il hésite entre son assistante qui lui tend un téléphone portable et une jeune fille BCBG du public qui lui tend un carnet d'autographe. L'ex-ministre s'écroule sur la jeune fille BCBG et le calme revient sur le plateau.

D'une voix claire et monocorde et avant que les premiers cris d'angoisse ne se libèrent, je déclare :

"PERSONNE NE QUITTE LE STUDIO TANT QUE JE N'AI PAS RENDU L'ANTENNE"

6.
"Alors on va jouer à un jeu en attendant que les Casques déboulent de partout et fracassent tout s'qui passe. La petite tantouze chantophile va remonter en haut des marches et refaire son entrée. On va commencer une interview comme si de rien n'était et on va aller jusqu'au bout. Le jeu est pour vous, joli public. Vous allez faire votre boulot de public, mais ATTENTION ! Au moindre applaudissement saugrenu, à la moindre démonstration d'émotion non justifiée, j'abats la petite tantouze ! Vous avez compris, les veaux ?"

Je vois bien à leurs regards de cochons terrifiés qu'ils n'ont rien compris du tout. Ce n'est pas grave. J'm'en vais te les éduquer, moi...

Je mets en joue la petite tantouze et lui montre l'escalier. Paniquée, elle regarde Livain qui pâlit en coulisse. Le producteur d'un signe de tête lui impose d'y aller et la marionnette obéissante s'exécute. Alors qu'elle arrive en haut de l'escalier, je me tourne vers la caméra et dans un grand sourire, j'annonce :

"Et maintenant, nous recevons Ludovic du Château !!!"

Hésitant un instant, la marionettouze commence à descendre lentement l'escalier. Le public est aux aguets, beaucoup me dévisagent, interdits. Je repointe mon flingue sur le chantoriette et relève le chien du chargeur. Aussitôt, dans un éclair de compréhension, le chauffeur de salle se lève, se tourne vers le public et commence à encourager les gens à applaudir. Ils finissent par comprendre.

Ludovic s'assied sous un tonnerre d'applaudissements.

"Alors Ludovic, heureux d'avoir gagné la finale du Château ?"

Un coup d'oeil à Livain, puis : "Heu... Oui... Oui, très heureux..."

"Et la tournée va bientôt commencer. Content de retrouver vos camarades de l’Académie à cette occasion ?"

"Oui, bien sûr. Je suis très excité par le challenge que représente de chanter dans les plus grandes salles françaises"

"Et de retrouver Elodie ?..."

Des rires incontrôlés jaillissent du public à l'évocation de celle que les médias ont appelée "la petite fiancée des français". Je les calme d'un regard noir.

Mais Ludovic, qui commence à se prendre au jeu, laisse échapper : "Ho oui, nous sommes très liés elle et moi"

"Une idylle peut-être ?"

"Je ne peux rien dire..."

Et là, à cause d'un malheureux réflexe professionnel du chauffeur de salle qui pousse le public à applaudir cette répartie sans aucun intérêt, le petit Ludovic perd la vie à l'orée d'une carrière certainement nulle à chier. Paix à son âme.

Et à nos oreilles...


7.
Veronica est virtuellement belle, je l'ai déjà dit. Cette fille n'existe que sur le réseau, elle n'est réelle que dans les fantasmes des ingénieurs informaticiens. Elle n'a d'humain que les regards que l'on pose sur elle. Veronica Zemanova n'est que poses.

Je ne suis en rien plus réel que Véronica. Je ne suis en rien plus humain. Je n'existe qu'en tant que média et je flippe de m'oublier, de me dissoudre. J'ai perdu toute matérialité, toute chair. Je ne suis que poses.

Alors puisque nous sommes entre symboles, nous allons un peu nous amuser.

J'invite d'un mouvement de mon arme Robert Livain à nous rejoindre sur le plateau. Un peu de vomi est resté collé à son menton après que la perte de son poulain lui ait vidé les entrailles. Son regard est vide et peut-être, juste un instant, j'imagine qu'il éprouvait de l'amour VERITABLE pour le môme. Ce sentiment passe vite. Il ne peut rien exister de véritable parmi nous, les professionnels de la profession.

"Toi, le roi du rap. Tu baisses ton froc... ALLEZ !"

Le machoman hésite un peu, je dois lui péter le nez à coup de crosse. Il défait son Tachinni en un geste et je crois vraiment qu'il va se mettre à chialer. Mais un regard vers le public l'en empêche. Un reste d'image à sauvegarder...

"OK, alors tu te mets à quatre pattes sur la table... Voilà... allez, tu tends le cul un peu..."

L'humiliation, c'est moche, je sais... Mais je fais ça pour lui, aussi. Il faudra bien un jour qu'il s'en sorte, qu'il retrouve la réalité.

"Alors on va élever un peu le débat et entrer dans le domaine des symboles. Robert, mon cher Robert Livain, tu grimpes sur la table, tu sors ta bite et tu vas enculer le produit culturel qui te tends son cul, là..."

Quand il entend ça, le rappeur fait mine de vouloir bouger, mais je suis vigilant et pointe mon arme sur son tatouage à la nuque qui représente, je crois, un scorpion. Un signe de tête à Livain pour l'encourager à grimper sur la table. Mais non, il flanche avant et s'écroule en larmes sur le sol.

Merde, ma petite mise en scène est fichue... Je soupire en regardant le public d'un air désolé. La peur est toujours présente dans leur regard, mais je vois aussi chez certains une pointe de déception...

On avance....

8.
"AH QUEL PLAISIR, D'AVOIR UNE BELLE BIROU-TEU
AH QUEL PLAISIR, DE SAVOIR S'EN SERVIR !!!"

J'encourage le public à chanter avec moi. Avec le roi du rap. Il est debout sur la table, la bite à la main et je l'oblige à battre la mesure avec elle pendant que tout le monde chante. C'est drôle au début, mais je me lasse rapidement.

Je dois avouer que les raisons qui guidaient mes actes jusqu'à y'a pas longtemps se sont complètement évanouies. Je ne sais absolument plus pourquoi je fais tout ça. Pourquoi j'humilie ce type à ce point, qu'est-ce que je cherche, à le mettre en scène comme ça ? J'essaye de lire en moi, mais ça sent trop la merde. D'un geste de mon arme, j'invite le rappeur à descendre et à remonter son froc. Il me regarde longuement, toujours sa bite à la main, puis descend doucement avant de récupérer son Tachinni. Je le trouve très digne alors et rougis de honte de l'avoir ridiculisé ainsi.

Il faut que je me reprenne. Ce mec n'est en rien la victime innocente d'un système pourri. Il en est l'acteur au même titre que ceux qui se servent de lui. Au même titre que moi...

Je pointe le flingue contre ma tempe. Mais les regards de fascination morbides que je vois dans le public m'empêchent de tirer. Ces gens n'attendent qu'une chose, que le sang jaillisse et éclabousse leur ennui.

Il faut TOUJOURS satisfaire le public, TOUJOURS répondre à ses attentes et même, si l'on peut, les ANTICIPER. Et moi, je suis un professionnel.

J'abats le rappeur d'une balle en pleine tête. Les cris d'effroi semblent aussi irréels, semblent aussi joués que les fausses indignations ou encouragements qui sont la marque des publics d'aujourd'hui. Je dois ranger mon arme pour soulever le corps du rappeur et l'amener au milieu des gradins. Personne ne cherche à m'arrêter ou à intervenir alors que je suis pour le moins vulnérable. Je le pose sur le deuxième rang, ressors mon arme et décharge le chargeur sur le cadavre. Le sang gicle et arrose les gens autour. C'est assez beau. Je recharge puis tends mon flingue à un gamin d'une dizaine d'années. Il ne veut pas s'en saisir alors je l'oblige. Apparemment ses parents ne doivent pas l'accompagner car à nouveau personne n'intervient. Je vise le cadavre, les mains de l'enfant et l'arme dans les miennes, et me remet à tirer sur le tas de chair rouge et rose.

Une fois le chargeur vide, je soulève le gamin recouvert de sang et en larmes et le pose sur la table, au centre du studio. Le gamin se met à pisser dans son froc et chiale de plus belle, mais personne ne le regarde, tout le monde regarde ses pieds.

Il n'y a plus un bruit dans le studio. C'est ce qu'on appelle, dans notre jargon, un "blanc-antenne".

9.

Les casques encerclent le studio et je sens déjà les viseurs des snippers sur ma nuque. C’est une métaphore. En fait je sens plutôt la sueur et le sang. Je suis fatigué et je n’ai plus aucune idée de ce qui m’a fait carnagé le monde comme cela. J’attends la balle qui me libérera, assis à la table d’interview en relisant mes fiches désormais inutiles. Je souris à une note de Cache-Misère soulignée en rouge et qui dit à propos du ministre : « pas de questions politiques !!! ». Où est-elle, d’ailleurs ? Je la cherche des yeux et la voit recroquevillée dans un coin du studio, en larmes.

Merde. J’ai déconné.

Je me lève et sans un regard alentour, me dirige vers la sortie du studio. C’est la première fois que je sors de cette salle sans entendre d’applaudissements. J’ai récupéré ma productrice et m’en sert comme otage pour atteindre l’escalier qui mène aux bureaux de la production. Les casques sont comme des oufs et me hurlent des instructions que je n’entends pas. Je ne peux qu’écouter les sanglots de la prod, qui me supplie d’épargner sa vie et me parle des ses enfants et moi, je croyais qu’elle était gouine et qu’elle détestait les hommes, mais peut-être que Cache-misère ne m’avait raconté cela que par jalousie.

Arrivé dans le bureau du big-boss, je me rends compte qu’ils l’ont évidemment évacué. Qu’est-ce que je croyais ? Qu’il allait rester là par solidarité avec ses équipes ou par sens des responsabilités vis-à-vis du public en danger ? La pièce est aussi vide qu’un cerveau qui aurait regardé la chaîne toute une soirée. Disponible pour recevoir n’importe quel message publicitaire. N’importe quel message en fait.

La fille se recroqueville dans un coin, alors que je ferme précautionneusement les rideaux. Je m’assoie dans le fauteuil en cuir aussi large qu’un canapé IKEA et attend de trouver enfin un message, MON message. Une épiphanie qui ouvrirait les yeux aux gens, une pensée lucide et inspiratrice qui changerait à jamais la marche du monde, me vaudrait un prix Nobel de la paix, mais qui tiendrait quand même dans 140 caractères.

Rien ne me vient.

Je ne pense qu’à une chose, quelle audience ai-je bien pu faire ce soir ?

La balle m’explose le crâne au moment même où ma page Facebook s’ouvre enfin sur mon smartphone.

FIN

Dernière modification par effixe ; 11/10/2013 à 18h11.
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  #2  
Vieux 11/10/2013, 19h42
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Je te l'ai déjà dit mais je suis assez fan de tes écritures.

Tu mets la barre haut. C'est méchant, cruellement lucide et jouissif.

(Juste, il faudrait que tu ouvres un nouveau sujet "le défi d'octobre 2013: la polémique blabla" comme il est d'usage et que tu y repostes ton texte.)
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  #3  
Vieux 11/10/2013, 20h19
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Cimer!! (pour le retour et l'ouvert du thread...)
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  #4  
Vieux 11/10/2013, 21h02
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Oui c'est tellement bien que j'étais à 2 doigts de me lancer enfin (dans un très court texte) car j'ai une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques jours mais je suis déjà refroidi.

En tout bravo effixe.

Je vais prendre mon temps.....
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  #5  
Vieux 11/10/2013, 21h34
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ha ben non, faut pas me laisser seul à l'eau, là... elle est bonne en plus...
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  #6  
Vieux 14/10/2013, 22h05
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Ben Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic Man
Bravo, bien joué. A relire bientôt.

Ca donne envie de jouer aussi.
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Warren Ellis.
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  #7  
Vieux 20/10/2013, 15h41
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grogramane change la caisse du Fauvegrogramane change la caisse du Fauvegrogramane change la caisse du Fauvegrogramane change la caisse du Fauve
il faut dire que je n'avais pas beaucoup d'inspiration et puis il y a eu CE message:
Citation:
Posté par effixe
Voir le message
ha ben non, faut pas me laisser seul à l'eau, là... elle est bonne en plus...
qui m'a donné la première phrase.

Puis d'autres posts qui m'ont incitée: "allez je vais mettre un peu de ça, pourquoi pas?":
une piscine
une polemique
un flash back
et meme 1 ou 2 animaux mythiques.

Finalement je suis arrivée au bout de mon petit délire.

Donc:

Allez,chiche, je me jette à l'eau moi aussi!
__________________
"l'homme qui a perdu la faculté de s'émerveiller et d'etre frappé de respect est comme s'il avait cessé de vivre" A.Einstein
"L'humour est presque toujours la colère maquillée." Stephen King

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  #8  
Vieux 20/10/2013, 15h42
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grogramane change la caisse du Fauvegrogramane change la caisse du Fauvegrogramane change la caisse du Fauvegrogramane change la caisse du Fauve
Citation:

Yyyyyyyyyyyhaaaaaaaaaaaaaaa!
Je suis folle.
Je viens de sauter du plongeoir de 10 mètres, en tête, avec ce que j'espère être un magnifique saut de l'ange.
Je dois certainement avoir perdu la raison parce qu'une petite voix dans ma tête me dit:

"Même pas peur"

...et c'est vrai, je n'ai pas peur.
J'ai déjà plusieurs fois essayé de sonder le fond de cette piscine mais je n'ai jamais réussi à l'atteindre. La Relativité Dimensionnelle Inter Spatiale a vraiment du bon. Si je m'éclate se sera à cause de ma mauvaise pénétration dans l'eau. Et curieusement, je m'en moque: je suis redevenue une gamine.
Un petit refrain me trotte dans la tête depuis quelques temps:

"J'ai dix ans
Je sais que c'est pas vrai mais j'ai dix ans
Laissez-moi rêver que j'ai dix ans
Ça fait bientôt trent' ans que j'ai dix ans
Ça parait bizarre mais
Si tu m'crois pas hé
T'a'ar ta gueule à la récré..".


Je me sens invincible: Peter Pan m'a emmenée avec lui. Je suis Wendy in Neverland et la Fée Clochette m'a saupoudrée de poussière de fée pour que je puisse voler.
Les cheveux au vent, je me cambre, je serre bien les jambes, pointes des pieds bien tendues, je bombe la poitrine et augmente le plus possible mon envergure.

"Quel ange magnifique je ferais! Une pensée positive et je pourrais m'envoler..."



C'était il y a... je ne sais plus...

Une semaine, deux?

Ou tout un mois peut être?

Quand je l'ai rencontré, il était aux environs de 20h30. Il déambulait d'un air préoccupé dans les trop longs couloirs de l'hôpital où je travaille avec un objet que je pris alors pour un stylo-lampe bleu qui faisait un bruit bizarre.

Je lui ai demandé s'il était perdu.

Perdu?

Oui, il devait l'être.

Mais seulement dans ses pensées.

Son regard soucieux se focalisa sur moi. Il me regarda intensément comme s'il voulait lire mon âme, braqua sa lumière bleue sur mon front. Le son était toujours aussi désagréable. Je m'écartais et avisais une grosse dame qui marchait vers nous dans le dos de cet homme. Le stylo-lampe émit un bruit différent, encore plus strident.

Il sourit tel un enfant malicieux:

"Savez-vous ce qu'est un Raxacoricofallapatorien?"

"Un Raxacoricoquoi?"

"Fallapatorien... intéressant! D’habitude la plus part des humains ne prononcent que Raxa ou Raxaco, mais vous n'êtes pas comme la plus part des humains, n'est ce pas? Vous devez être au moins un médecin."



Il avait débité ces paroles plus vite qu'une mitraillette. Cette conversation me semblait irréelle mais malgré moi je la continuais.

"Non, je suis technicienne de laboratoire...les humains?"

"Personne n'est parfait"

"Pardon?!?"

"Oh, ce n'est pas la peine de vous excuser..."



Le son du truc-lumière bleue monta encore d'un octave. L'homme repris comme si de rien n'était:

"Un Raxacoricofallapatorien est un être qui ressemble à ce qui s'approche de nous dans mon dos"



Je regardais à nouveau et ne voyais toujours que la femme.

"c'est juste une dame...en surpoids évident, je vous l'accorde. Mais elle m'a l'air tout à fait normale"



Son sourire s'agrandit il ressemblait à présent à un sale gosse qui s'apprêtait à faire une grosse bêtise et s'en réjouissait d'avance.

"Alors si elle vous semble normale, il n'y a pas de quoi s'inquiéter..."



Il se retourna brusquement, se mit à courir vers la grosse dame en tenant sa lumière, au bruit à présent infernal, comme une lance. La femme se figea puis fit demi-tour en prenant les jambes à son cou avec une telle vivacité que j'en fus un instant déconcertée.

Puis mon cerveau se remit en marche.



"Il est fou! Cours, retiens-le!! Il va la tuer!!!"



Je me mis à courir dans leur direction essayant de les suivre de tout mon possible. Mais le bonhomme était rapide et la grosse dame était encore plus véloce: d'une agilité surprenante, pour une personne avec un tel surpoids. Je les perdis un instant et guettais avec angoisse le moindre son dans les couloirs étonnamment silencieux des sous sols.

Puis il y eu un cri.

Des paroles prononcées dans une langue bizarre, par une voix étrange.

Je me guidais au son et m'approchais tout en me disant que j'étais folle, mais que cet homme était sûrement plus fou que moi et que cette pauvre femme devait avoir très peur et qu'a sa place j'aimerais que quelqu'un...

Et que...?

Au détour d'un croisement je vis la "pauvre femme" maintenir l'homme par le col. Elle le soulevait comme s'il n'avait pas été plus lourd qu'un chaton. De sa main droite elle lui serrait le cou et de la gauche elle écartait la main qui tenait la lumière bleue le plus loin possible d'elle .

Je criais de le lâcher mais elle n'obéît pas. Je courais plus vite encore que je ne m'en croyais capable, mais pas assez. Je voyais comme au ralenti les yeux de l'homme se révulser, ses lèvres bleuir...

J’arrivais enfin à leur hauteur.



"Quelle force! Ce pauvre bougre tout maigrichon n'a aucune chance".



Je pris tout à coup ma décision: j'avais accouru pour la sauver, mais c'était lui que je devais finalement secourir.

J'enlevais la pique qui servait à maintenir mes cheveux en place et la plantais dans l'épaule droite de la femme.

Elle hurla.

Un son inhumain et terrifiant sortit de sa gorge opulemment féminine. Sa peau se déchira et une lumière éclatante se déversa de sa blessure.

J’étais éblouie.

Quelque chose de dur me frappa à la tête.

Aveuglée et à demi sonnée je tombais à genoux. J'entendis le sifflement infernal de la lumière bleue puis un autre cri horrible et une petite explosion.

"Bouclier sonique!" sembla-t-il jubiler



Une main fourra quelque chose de pointu, métallique et poisseux dans la mienne.

Il me parla:

"C'est à vous, je crois..."



Je reconnus au toucher ma pique à cheveux et acquiesçais, abasourdie, incapable de parler.

"Vous pouvez vous lever?"



J'approuvais encore en émettant un son qui aurait voulu être un "oui"

"Fantastique! Alors debout... Pas le temps de vous recoiffer, nous devons courir!!"



Encore le sifflement, quelque chose explosa derrière nous. Il me portait à demi.



"Plutôt costaud pour un maigrichon..."



Il me soutint ainsi pendant quelques secondes qui me parurent les plus longues de ma vie. Puis mes jambes finirent par obéir correctement à mon cerveau. Alors il m'entrainât par la main dans le dédale des sous sols.

"On dirait qu'elle m'en veut" déclara mon fou-guide-d'aveugle en riant.



La chose nous poursuivait. Ma vision s'eclaississait au fur et à mesure que nous avancions mais je n'osais pas regarder en arrière de peur de perdre du temps. C'était lourd mais rapide.

"Elle a un correcteur temporel...Plus vite!"



Il accelera et je crus voler dans son sillage.

Un trait d'énergie explosa sur un mur tout près de nous

"...et un phaser-plasma" annonça-t-il



Il prit un virage inattendu.

Au détour du croisement des couloirs, un placard bleu semblait nous attendre.

Tout en courant il claqua des doigts, la porte s'ouvrit et nous plongeâmes à l'intérieur.


"Attention à la réception!"

La petite voix qui chantonnais tout à l'heure me ramène au présent et hurle que la surface se rapproche dangereusement.

Il faut que je réagisse.

Ma pénétration dans l'eau doit être parfaite. Pas pour le style, bien sûr, mais lors d’un plongeon de 10 mètres un plat peut faire excessivement mal...

"- Bravo! Molto bene! L'envol était brillant mais l'arrivée m'a un peu déçu, vous m'avez éclaboussée, là...je ne vous mettrais qu'un 9,5."


J'avais eu un public!
En sortant de l'eau je peux constater que le bas de la jambe droite de son pantalon est un peu mouillée.
Je bredouille une excuse. Je ne m'étais pas rendu compte que j'avais un spectateur.
"Allons, allons! Ne vous excusez pas, ce n'est qu'un peu d'eau ça va bien finir par sécher. Après tout l'erreur est humaine n'est ce pas?..."

Il rit de sa blague, je souris aussi: quel sacré bonhomme.

Il me tend un peignoir. Il est moelleux, doux. Je m'en drape...et je me retrouve presque instantanément sèche. Je sais que plus rien ne devrait me surprendre venant de lui mais pourtant je ne peux m'empêcher de le regarder d'un air étonné.
Il répond à mon œillade par un:
"Fibres hyper hydrophile. Ces peignoirs existent aussi en modèle très fin, mais je ne sais pas pourquoi, vous autres terriens préférez le modèle épais, que, personnellement je trouve si peu pratique...
Enfin, bref...
J'étais venu pour vous donner une dernière chance de continuer à m'accompagner...pour la...heu... ça doit bien faire 173 fois que je vous le demande ou bien est-ce 174 ? A moins que ce ne soit 175... j'ai perdu le compte, mais ce n'est pas important. Ce qui est important c'est: vous voulez bien rester encore un peu? Encore un seul petit voyage...
S'il vous plait ?"

Ce "s'il vous plait" avait été dit avec une petite moue: cette momerie à mi-chemin entre les bajoues tombantes du cocker battu, les pupilles dilatées du Chat Potté et le bec d'un Daffy déconfit.


Je souris en secouant la tête et prend une allure de maîtresse mécontente:

"Ce n'est pas en faisant cette grimace que vous me ferez changer d'avis. Cela vous dessert, même, cher ami!... Avec cette bouille, les cheveux tout en l'air vous ressemblez à mon fils quand il ne veut pas se lever pour aller à l'école... et renforce ma détermination à vouloir rentrer."

Ses épaules s'affaissent et son visage change. Cette fois-ci je peux y lire une réelle peine et une pointe de jalousie.
"Votre fils a vraiment de la chance d'avoir une maman aussi formidable"

Je pose ma main sur sa joue, ce visage si jeune aux yeux si vieux...
"Et vous vous êtes exceptionnel et je ne pourrais jamais assez vous remercier de m'avoir fait visiter tout ces mondes, toutes ces époques...Mais ma famille me manque..."


Une secousse nous fait momentanément perdre l'équilibre. La piscine déborde et finit de détremper le bas de son pantalon et ses baskets qui avaient dû, autrefois, être d'un blanc immaculé.
Reprenant malgré tout et du mieux que possible contenance il m'annonce:
"Nous somme arrivés, ou plutôt devrais-je dire: VOUS êtes arrivée...A peu de chose près à peu près au moment où nous somme partis. Avec une erreur probable de 5 minutes bien sûr.... Ce T.A.R.D.I.S. a toujours eu un petit problème de calibration temporelle.

Mais je vous promets que personne ne se sera aperçu de votre escapade..."


La petite voix dans ma tête me nargue alors :

"Dans les histoires de J. M. Barrie, Peter Pan est presque incapable de tenir parole quand il s'agit du temps...

Qu’en est-il du Docteur?"




Ah, oui au fait...
...c'est une fan-fic'

Dernière modification par grogramane ; 20/10/2013 à 15h51.
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  #9  
Vieux 20/10/2013, 21h10
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Docteur Wahou! Bravo!!
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  #10  
Vieux 25/10/2013, 22h39
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On vous attend
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  #11  
Vieux 25/10/2013, 22h41
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Ben Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic Man
Brillant. Très agréable et fidèle. Fun. Encore !

Merci pour le texte.
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  #12  
Vieux 28/10/2013, 23h07
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A mon tour.
Pas mon meilleur, mais l'idée m'est venue hier et a été couchée sur clavier le lendemain (c'est rare, et moins frustrant que d'habitude). Je l'ai incorporé à mon univers de SF, et j'en suis plutôt content même si ce n'est pas un texte majeur.

Bonne lecture !

La loi du marché

Les sons reviennent en premier.
Avant la vue, avant l'odorat, avant les sensations physiques, les sons l'accueillent à la sortie de son trop long sommeil. Des bruits de métaux qui s'entrechoquent, de pas lourds, des cris de surprise et des râles de douleur*; quelque chose se passe autour de lui, sa conscience s'éveille.

Des formes floues apparaissent devant ses yeux. Vaguement humanoïdes, massives, elles avancent lentement dans un caveau sombre et... malodorant. Des effluves de déchets, de pisse et de merde agressent son odorat*; une grimace se forme sur son visage, provoquant une douleur dont il n'avait plus l'habitude.

Il ne sent ni ses bras, ni ses jambes. Chaque seconde qui passe augmente la douleur qui martèle son crâne, et son esprit est envahi par des messages sensitifs contraires.
Il a mal – mais il sent soudain une pression sur ce qui doit être son épaule. Son ouïe encore balbutiante hésite, mais lui permet de comprendre les plus beaux mots de son existence.

«*Hum. Le niveau est bon. Tu es libre, Zax Zazz. Le marché te réclame.*»
La voix lourde et autoritaire couvre à peine un concert de bruits aigus, nerveux, électriques. Ses souvenirs brumeux lui font comprendre qu'il s'agit de lasers, qui atomisent des cibles qui n'ont même pas le temps de hurler – et il sourit, non pas du trépas de ses bourreaux, mais des souvenirs qui reviennent... et des cris de la foule qui ne tarderont pas.

***

Il n'arrive pas à communiquer – pour le moment. Si ses sens sont revenus, s'il peut maintenant mieux appréhender son environnement, différentes fonctions lui sont encore inaccessibles.
La parole, pour commencer, lui est pour le moment interdite. Il parvient à bouger la tête, à respirer, mais ses bras et ses jambes demeurent encore immobiles – ah, et sa nuque est trop douloureuse quand il la sollicite trop, ce qui limite ses mouvements.

Zax Zazz n'a aucune conscience du temps qui passe... depuis quand il a été libéré, depuis quand il était emprisonné. Il alterne entre un repos sauvage et quelques phases d'éveil, où tout n'est que brumes et conversations incompréhensibles.

«*Réveillé*? Rapide.*»
Des pas lourds s'approchent de lui. Une nouvelle pression s'exerce sur son épaule, et il force ses paupières pour mieux distinguer son libérateur.
«*Le niveau est toujours bon. Tu le mérites.*»
Un léger picotement dans la nuque, suivi d'une brutale douleur au crâne, et tout s'éclaire. Sa vision s'améliore, son ouïe capte mieux les bips et bruits habituels d'une console de pilotage*: il commence à comprendre où il est.
«*La voix reviendra bientôt. Prêt pour ton comeback, Zax Zazz*?*»

Il fixe son sauveur, un homme de taille moyenne, recouvert d'une armure bleue et grise qui double sa carcasse. Avec une lame rangée dans son bras gauche, une sorte de laser dans son bras droit, un réacteur brillant sur son torse et un jetpack dans le dos, il est clairement un guerrier – mais il ne fait pas partie de l'Armée du Consulat, il n'en porte pas les couleurs.
Pire, son visage trahit son appartenance à une caste utile mais mal vue dans son monde. Avec une queue de cheval brune, une boucle d'oreille en or et deux lames bleues tatouées sur son œil gauche, il représente dignement les Marchands.

Être récupéré par l'un des leurs n'est pas bon signe pour sa situation, mais Zax Zazz n'en a cure.
Il acquiesce, avec un grimace en forme de sourire. Il a déjà tout prévu pour son retour – et pour le retour du succès.

***

«*Je... faim...*»
Sa voix n'est qu'un souffle, mais la Marchande comprend. Avec son crâne rasé et une immense cicatrice au-dessus du front, qui barre tout son visage, la jeune femme n'affiche nulle émotion, nulle expression. Avec des gestes automatiques, mécaniques, elle le nourrit en lui offrant une sorte de purée informe et sans goût.
En un autre temps, il aurait hurlé son mécontentement et aurait tout fait pour qu'elle perde son emploi après lui avoir offert un tel traitement – mais ce temps n'est plus, et n'est pas encore revenu. Pour le moment, il doit se contenter de cela, et apprécier que son corps accepte une telle nourriture pour reprendre des forces.

Grâce aux injections régulières du Marchand principal, il découvre que la vie reprend peu à peu ses droits dans ses membres fatigués. Il sent que ses doigts et ses pieds bougent légèrement quand il se concentre, mais ses jambes et ses bras refusent encore ses ordres.
Ca viendra, il le sait. Sa voix, sa très chère voix, lui revient enfin, et c'est là le plus important.

«*Laisse-nous.*»
Le Marchand congédie sa collègue, et s'assoit en face de Zax Zazz. Il porte toujours son armure de combat, et son hôte parvient à deviner derrière lui une fenêtre sur l'espace que leur vaisseau traverse à très grande vitesse, certainement. S'il ne sait pas où il était retenu, il espère qu'ils ne sont plus trop loin du Consulat – l'attente devient longue avant de retrouver la foule.
«*Qui...*»
Chaque mot, chaque syllabe est une douleur, entendue et comprise par le Marchand. Celui-ci pose à nouveau sa main sur son épaule, et pose un regard rapide sur un écran de son avant-bras gauche.
«*Hum. Niveau en baisse, mais toujours bon. Tu mérites ta réponse, et tu as subi beaucoup. Je suis Byzance Constantin. Marchand. J'ai été engagé pour te ramener.*»
Sa voix est sèche, ses mots directs. Ce n'est pas dans sa nature de perdre son temps.
«*Mes employeurs considèrent que ton retour serait bien vu sur le marché. Et nous obéissons à sa loi.*Dors.*»

Il se relève, et laisse Zax Zazz s'enfoncer à nouveau dans l'inconscience. Une grimace, une esquisse de sourire passe sur son visage alors que les souvenirs d'une vie passée, et bientôt future, refont définitivement surface.

***

Zax Zazz, le plus grand chanteur du Consulat.
Zax Zazz, l'icône musicale au service des puissants, l'idole d'une jeunesse obsédée par le besoin de plaire à ses maîtres, à ses aînés.
Zax Zazz, l'artiste dont les excès modèlent les modes et les goûts de tout un peuple, et amusent ceux n'osent pas aller aussi loin que lui.
Zax Zazz, le dépravé qui est allé trop loin, qui a lassé et usé. Dépassé, moqué, transformé en plaisanterie puis en figure de pitié. Poussé jusqu'à l'extrême pour espérer revenir et briller à nouveau.


***

Gonfler sa poitrine lui fait mal – mais il ne peut s'en empêcher.

Quelques minutes plus tôt, le Marchand lui a annoncé qu'ils approchaient du Consulat. S'il ne sait pas encore ce que les employeurs de Byzance Constantin ont prévu pour son retour, il sait que ce sera grandiose... c'est ce qu'il avait prévu.

Maintenant que tous ses souvenirs sont revenus, Zax Zazz se rappelle ce qu'il a fait, ce qu'il a dû faire pour en arriver là. Organiser son enlèvement, sa torture, son abandon aux confins de la galaxie et aux mains d'une race ennemie était un pari risqué – mais le marché a suivi.

Un comeback gagnant était la seule chance qui lui restait pour revenir sur le devant de la scène. Et la foule, les fans ont besoin de plus qu'un simple oubli de leur idole, qu'une bête histoire de mœurs ou de drogue. Beaucoup d'autres ont tenté, et de moins en moins réussi, ce type de retour.

Lui, Zax Zazz, ne peut se contenter d'un comeback tiède, qui ne dure que quelques semaines.
Sa carrière, son impact sur le Consulat méritent un vrai retour, qui dure, qui marque. Et qui nécessite un sacrifice à la hauteur.

Il voit déjà les titres sur le système d'information des MoNETcles, si les lentilles implantées dans le crâne et reliées au Réseau sont toujours en circulation. Il entend déjà les pleurs de celles qui fantasmaient sur lui, en découvrant son corps certainement ravagé par les tortures. Il sent déjà le dégoût mâtiné de désir de ceux qui entendront son histoire.

Zax Zazz bouge à peine les bras et les jambes, mais ça viendra – ça reviendra. Les premiers jours seront compliqués, mais le Consulat débloquera à nouveau des fonds et la science lui ramènera ce qu'il a perdu.

«*Hum.*»
Il sent autant qu'il entend Byzance Constantin à ses côtés. Quand tout lui reviendra, il ne sera pas oublié.
«*Ah.*»
Zax Zazz sent à nouveau la pression de sa paume sur son épaule. Depuis le début du voyage, il a commencé à s'habituer à ces petits gestes simples mais justes, ces démonstrations de chaleur... quand il ne savait rien de son environnement, quand il ne connaissait plus rien de lui-même, ils lui ont permis de tenir et de s'apaiser. Il ne pensait pas qu'un Marchand soit capable d'autant d'humanité.

«*Niveau faible.*»
Zax Zazz essaye de tourner la tête, mais sa nuque est trop douloureuse. Le picotement se fait plus intense, alors que Byzance Constantin intensifie sa pression sur son épaule.
«*Qu... quoi...*»
Le picotement devient souffrance, et il sent son os crisser sous la main du Marchand.
«*Trop faible.*»

Byzance Constantin le lâche, et lui place juste devant les yeux l'écran de son avant-bras. Des schémas binaires montrent une évolution en chute libre d'un graphique de puissance... quelque chose a démarré très haut, et est désormais à un niveau quasi nul.

«*Mes employeurs assurent leurs arrières, ils ne font pas de pari. Le marché était en manque d'artiste, et les nouveautés ne donnaient pas satisfaction. Le comeback était accepté, selon les sondés, et tu as fait beaucoup pour espérer une chance. Ils te l'ont donné – mais le niveau est trop faible.*»
Le Marchand le lâche, et s'avance. Derrière lui, dans la fenêtre du vaisseau, on entraperçoit la Terre. Quelques minutes encore et elle sera complète.
«*Je lance le principe de ton inconscient sur les ondes depuis le début. Ca attire, ou ça repousse les sondés. Et les sondés ne te suivront pas, ils ne sont même pas intéressés par ton inconscient. Trop vieux, trop daté, trop ringard... trop extrême. Te faire oublier, OK. Te faire enlever, OK. Te faire torturer – non, et pas par cette race. Ils t'ont trop pris. Les cyborgs, ça marchait l'an dernier.*»
Il lève son bras droit, et sort son laser de son gant. Zax Zazz ne réagit pas*: son cœur est déjà froid. Il sait exactement ce qu'il va se passer, ce qu'il va dire.
«*Mes employeurs n'ont pas d'argent à perdre avec les échecs.*»

Au loin, un tiers de la Terre apparaît – il n'en verra rien de plus. Il l'a bien cherché*: il aurait dû se contenter d'une lente déchéance, de quelques apparitions dans des émissions de seconde puis troisième zone. Il s'est approché trop près de la Lumière, il a grillé.

«*Ca n'a rien de personnel.*»
Non, il le sait. Byzance Constantin est un Marchand. Il obéit aux ordres, et à l'argent. Son sort est logique – prévisible. Il est un produit daté, avarié. Son élimination est terrible, mais normale.
C'est la loi du marché.
«*C'est la loi du marché.*»

BZZZT.
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  #13  
Vieux 29/10/2013, 14h40
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ENORME ! j'adore !
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  #14  
Vieux 30/10/2013, 13h20
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  #15  
Vieux 30/10/2013, 18h44
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Ben Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic ManBen Wawe péte des culs comme Plastic Man
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