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Vieux 22/01/2016, 10h43
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petit retour sur l'expérience

tout d'abord après une nécessaire pause ( fêtes de fin d'année, re-motivation, ...) j'ai enfin réussit à finir mon histoire. En l'état elle se compose de 50737 mots.
En maintenant??
Et bien je vais relire, corriger, affiner et très certainement réécrire des passages. Le rythme imposé par l'exercice ne permet pas de peaufiner son texte, il s'agit avant tout de produire une masse de mots.
Oui, mais après...
Et bien si le texte est bon ( enfin disons pas trop mal) j'envisage de le proposer à des professionnel. pas forcement dans le but d'être éditer ( encore que.. ^^), mais surtout pour avoir des retours hors cercle familiale. A suivre donc.

En bilan je dirai que j'ai ADORE ce moi de Novembre. C'était intense, stressant, décourageant ( une fois ou deux), et que je retenterai surement l'aventure cette année.

Merci pour vos soutient, et rendez-vous en novembre pour un NaNoWriMo-Buzzcomics
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Vieux 22/01/2016, 11h04
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Tiens-nous informés des suites.
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Vieux 13/09/2016, 08h56
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Pas de NaNoWriMo pour moi cette année pour cause de Bébé

Je reste toutefois entièrement à la disposition de tout Buzzuki qui voudrait se lancer dans cette super aventure
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Vieux 13/06/2019, 10h20
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Nanowrimo 3ans plus tard


Alors depuis 3 ans je n'ai pas écrit 1 ligne. Trop occupé par l'arrivé de ma fille et un manque certain de motivation.
Il est vrai que depuis la fin de l’épreuve Nanowrimo, j'ai eût l'impression d'avoir passé ma pauvre cervelle dans un presse-purée et qu'il n'en restait rien a sortir.
Mais, comme la dent cariée que l'on ne peux s'empêcher de trifouillé avec sa langue, l’envie d'écrire et de 'faire quelque chose' de ce 'Roman' s'est imposé petit a petit.



Alors, j'ai pris mon bâton de pèlerin et tenté d'envoyer mon texte a divers maison d'édition. J’espérai pas tant d'être édité que d'avoir des retours de pro.


J'ai eût effectivement 2 retours:
le premier s'est avéré être une maison d'édition a compte d'auteur qui voulait que JE le paie pour éditer mon texte (pas de mises en page, pas de correcteur, peu de visibilité). J'ai gentiment refusé.


Le second fut... plus positif. Mon texte a été refusé a l’édition 'en l'état'. voici un extrait de leurs commentaires

Citation:
Malgré un synopsis qui nous avait laissées dubitatives quant à la place de l’imaginaire dans votre manuscrit, nous avons pris le temps de lire les 6 premiers chapitres. Les personnages sont fidèles, bien définis et dynamiques. Votre plume est plutôt fluide, entraînante avec le juste équilibre entre narrations et dialogues. Votre intrigue est ficelée, bien rythmée. Vous instaurez les éléments petit à petit et laissez des soupçons de surnaturel, de mystère. Tout cela nous a plu.
Mais alors, qu’est-ce qui ne va pas?
Les fautes. C’est un point sur lequel nous sommes plutôt tolérantes, car une correction est prévue sur tous les manuscrits avec lesquels il y a contrat. Cependant, dans votre cas, les fautes sont trop nombreuses, tant et si bien qu’il nous était pénible de poursuivre la lecture qui n’était pas aussi immersive qu’elle aurait dû l’être.
Du coup je suis vexè comme un poux et je vais de ce pas faire les corrections orthographiques nécessaires.


Et comme j'ai envie d'être lut et que je vous bassine avec mon texte , voici les 2 premier chapitre en 'exclusivité mondiale'
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Vieux 13/06/2019, 10h21
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R.I.F.T: Le médaillon chapitre I

Citation:

Septembre 1938: RITA et EUGENE
Le soleil couchant dessinait d'immenses ombres improbables dans les rangs de vignes. Les vendangeurs s'interpelaient joyeusement, heureux de finir leur journée de travail. Justin, le cheval, sentant déjà l'écurie et le repos bien mérité, se joignait au chant des hommes. La parcelle qu'ils avaient vendangée ce jour était particulièrement difficile, toute en pentes et couverte de cailloux vicieux. Nombreux étaient ceux, les années précédentes qui s’y étaient foulés une cheville ou avaient renversés leurs paniers.
Au sommet de la colline, l’ombre d’un grand chêne cachait les amoureux. Un peu plus tôt, Eugène s'était éclipsé pour attendre Rita sous le vénérable feuillu. Sa baste abandonnée contre le tronc, il avait posé son veston au sol afin de protéger les jupons colorés de sa belle. Arrivant derrière lui, elle l’avait surpris en l'enlaçant et en lui volant un baiser. Il s’était retourné et entrepris de répondre fougueusement à ses avances. Elle l'avait arrêté d'un geste en soufflant un laconique " Nos pères peuvent nous voir, tu sais." Alors ils s'étaient sagement installés l'un à côté de l'autre et regardaient le soleil finir sa course diurne. Eugène ne pouvait s'empêcher de regarder sa promise. Bien qu'ils se connaissent depuis toujours, il était toujours autant fasciné par sa longue chevelure noire qu'elle peinait à maintenir en ordre à l'aide de son fichu rouge. Plus d'une fois il s'était retrouvé bredouillant et rougissant devant ses yeux noisette et sa petite bouche carmin. Aujourd'hui encore il ne savait comment aborder avec elle ses projets d'avenir.
La veille au soir, son propre père et celui de Rita étaient venus le voir au chai. Sentant venir LA discussion, son oncle Francis avait interpellé les autres ouvriers qui tournaient autour du pressoir. « Les gars, venez boire un coup ». Ils s’étaient donc joyeusement éclipsés dans une autre pièce.
Les deux hommes avaient la mine grave et Eugène avait senti son ventre se nouer. Jean et Joseph, deux hommes bourrus que tout aurai dû opposer et qui pourtant étaient amis de toujours. Jean était propriétaire de dix hectares de vignes, de deux vaches et d’un corps de bâtiment que d’aucun pouvait appeler grosse ferme.
Joseph était l’homme de la route, avec pour toute possession une roulotte et la liberté. Jean tournait et retournait son béret sur sa tête ce qui était signe d’une certaine agitation ce qui ne manqua pas d’inquiéter Eugène.
_ Viens par là Fils, il faut que nous parlions.
Ils s'installèrent autour d'un tonneau servant de table et Jean sortit trois verres. Il tira du mou de la presse et, tout en regardant son fils, gouta le vin futur.
Deux simples lampes à pétrole éclairaient sommairement les trois hommes et Eugène frissonna, prit par un sombre pressentiment.
_ Nous avons parlés Joseph et moi, dit-il en désignant le père de Rita. Nous connaissons vos sentiments l'un envers l'autre et nous ne nous opposons pas à ce que vous vous voyez.
Joseph marqua d'un hochement de tête son approbation. Il n'était pas du genre bavard. Avec son épaisse moustache à la gauloise et ses traits burinés il était un homme monolithique qui parlait peu, de celui qui effraie les enfants. Eugène sentit un lourd fardeau quitter ses épaules, et un sourire béat commença à pointer sur ses lèvres. Jean doucha l'enthousiasme du jeune homme en sortant de son gilet une lettre frappée d'un tampon du ministère des armées. Nul besoin d'ouvrir le courrier pour en connaitre le contenu, Eugène était appelé sous les drapeaux.
_ Quand ? Demanda-t-il simplement.
_ Fin novembre. Tu te rendras à Limoges pour y faire tes classes. Comprends-tu ce que nous attendons de toi désormais ? Tu connais les coutumes du clan de Joseph, sois fort, patient et ne t'engage pas auprès de Rita avant ton retour.
Joseph parla alors pour la première fois.
_ Tu es un gentil garçon. Je te connais depuis toujours, mais si tu touches à Rita, je te tuerai de mes propres mains !

Ainsi en était-il dans le clan tsigane de Rita, pensait le jeune homme alors qu'il ne savait comment lui dire ce qu'il avait sur le cœur. Elle du lire dans ses pensées ou peut-être déchiffra son malaise car elle le devança.
_ Tu es bien sombre. Parlera tu ou restera tu bouche close jusqu'à ce que je devine la cause de ton trouble ?
_ Bon sang, je déteste quand tu parles comme ça.
Elle tourna vers lui un regard fixe, vaguement inquiétant.
_ Je sais que tu vas partir. J'ai rêvé cette nuit que nos malheurs commençaient ce jour. L'aigle vert a plongé sur moi, et m'a transpercé le cœur avant de repartir.
_ Allons tu sais bien que je ne crois pas à ces histoires de prémonitions...
_ Tu as tort, mais je ne veux pas me disputer avec toi, alors, tu vas prendre ce médaillon et répéter après moi : "Quand la chaine brisera, Artémis la mort chassera"
Eugène s’exécuta de bonne grâce et tendit même le cou pour recevoir le médaillon. Il prit un instant pour observer le bijou.
Lourd, en argent, patiné par le temps, le médaillon semblait surgir du fond des âges. Des entrelacs fins encerclaient l’ovale du boitier. En y regardant de plus prés, il crut y déceler de fines gravures. Ne lui laissant pas le temps d’en voir plus, Rita appuya sur le mécanisme et l’ouvrit.
L’intérieur du boitier était tapissé des mêmes entrelacs mais cette fois les gravures y étaient parfaitement visibles. Eugène reconnu des caractères Grecs mais ne put en déchiffrer le sens. Deux portraits peints se faisaient faces. Dans la partie de gauche, un jeune homme l’air sérieux, la moustache bien taillée, aux yeux partiellement caché par de petites lunettes rondes, semblait regarder le portrait de droite. Le jeune homme ne put retenir une exclamation en se reconnaissant. L’autre portrait représentait Rita elle-même, de face tels qu’il la voyait en ce jour. Les visages peints avaient étés réalisés avec beaucoup de finesse. Eugène fit jouer le médaillon dans le creux de sa main dans le quasi-espoir que le mouvement inciterait les effigies à s’animer.
_ Je ne te savais si douée en peinture.
_ Il y a beaucoup de choses que tu ignores de moi, mon cher.
_ C’est un cadeau de bien trop de valeur, de plus je suppose qu’il est dans ta famille depuis longtemps. Je ne peux l’accepter.
_ Tu as raison, nous possédons ce médaillon depuis toujours. Nos racines plongent loin dans le passé et ce bijou nous a été offert par la reine de Patara elle-même. Mais je te le donne de bon cœur s’il peut de porter autant de chance qu’a mon clan. Et puis a ton retour tu feras un peu parti du clan alors disons que c’est une avance sur ma dot.

N’y tenant plus, Eugène se pencha vers la belle gitane et l’embrassa
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Vieux 13/06/2019, 10h22
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R.I.F.T: le médaillon chapitre II

Citation:
Mars 2016: Cléophène de Vieilleville
« Le train en provenance de Paris N° 8855 va entrer en gare quai numéro 3 » chanta la voix désincarnée. Le silence régnait dans la gare quasi déserte, et le vent emporta l’annonce au loin.
Dans son siège en plastique Thierry bailla copieusement. Les trois nuits passées sans dormir pesaient lourd sur ses paupières. De plus la faim qui le tenaillait n’arrangeait pas vraiment son humeur. Il espéra de toutes ses forces que son fils fasse bientôt ses nuits. Il s’extirpa difficilement de l’assise tout en massant son dos. Il glissa son journal sous le bras et se dirigea vers le quai annoncé. Au passage entre le hall et les quais, deux militaires de l’action Vigipirate Renforcé lui bloquèrent le chemin.
« Puis-je voir votre billet s’il vous plait, monsieur ? » Déclara le plus gradé, c'est-à-dire un môme de vingt ans à peine dont l’acné juvénile peinait à disparaitre de son visage. Thierry ne s’offusqua pas et sortit négligemment sa carte de police de la poche arrière de son jeans.
Les soldats s’écartèrent tout en lançant un regard appuyé vers le harnais d’épaule qui dépassait du blouson cuir de l’officier de police. En ces temps de risque d'attentat et au vu des événements survenus sur la plage, leurs nervosités était bien légitime.
Le quai était tout aussi peu animé que le hall. Sans doute que l’heure tardive et le vent glacial avaient découragés les hypothétiques touristes de printemps. Non pas que Le Havre ait jamais attiré beaucoup de monde, mais là pensa Thierry c’était quand même extrêmement désert. Afin de se protéger du vent, il s’appuya contre un panneau publicitaire vantant les mérites d’un yaourt aux fruits et, tout en tendant l’oreille, ferma les yeux. Cette somnolence ne dura guère qu’une minute ou deux, mais lorsque le crissement des freins du TGV retentirent il se sentit un peu mieux. L’éclair de métal argent et bleu agonisa le long du trottoir noir et les portes s’ouvrirent dans un chuintement pneumatique. L’éclairage au sodium, le silence soudain, le vent qui était retombé, le temps semblait suspendu pour Thierry. Cet instant lui laissa tout le loisir d’imaginer le Grand Lieutenant de Police de Paris qui venait secourir les petits flics provinciaux dépassés par le massacre de la plage. Son esprit inventa un homme hautain, la cinquantaine bien tassée, buveur de café impénitent qui assénerait ses vérités comme autant de sermons. Aussi lorsque la jeune femme descendit seule du train il se crut en train de rêver.
Élancée, souriante, la peau café au lait, un tailleur-pantalon couleur crème, il avait devant lui Halle Berry personnifiée, ou tout du moins sa sœur jumelle. Son cœur de geek manqua un ou deux battements avant qu’il ne vit les différences entre elle et l’actrice. Plus grande, plus jeune, ses cheveux quoique qu’aussi courts que ceux de la comédienne étaient juste coiffés à la garçonne en une coupe pratique et sans fioriture. Et surtout les yeux de la voyageuse étaient bleus, et non pas noirs.
_ Vous comptez me saluer ou vous allez rester ici à bayer aux corneilles ?
L’officier se ressaisit et serra chaleureusement la main tendue.
_ Excusez-moi. Lieutenant Thierry Naud. Bienvenue au Havre mademoiselle…
_ De Vieilleville, Cléophène De Vieilleville. Mais je t’en pris appelle-moi Chloé, ce sera plus simple.
Un peu surpris par le tutoiement, Thierry bredouilla un « oui », et, hébété, secoua encore la main pendant quelques secondes avant d’inviter la jeune femme à le suivre.

Le parvis de la gare éclairé par une pleine lune finissante et les éclairages publics, baignait dans une atmosphère lugubre. Il n’existait plus que des couleurs jaune orangée, surréalistes. Seules les bottines à talons de Chloé brisaient le silence et leurs claquements résonnaient contre les façades de béton blanchis des immeubles.
Un taxi blanc attendait les voyageurs. La chouette du logo cherchait de son regard doré d’hypothétiques clients, mais les noctambules Havrais semblaient absents. Une femme vêtue d'une simple salopette blanche fumait appuyée contre l'aile de la berline. Lorsqu'elle aperçut les deux inspecteurs, elle jeta son mégot dans un égout proche et s'installa derrière l'imposant volant. Galamment, Thierry ouvrit la portière arrière à sa confrère, déposa dans le coffre la petite valise et s'assit à son tour sur la banquette.
La chauffeuse, se tourna vers lui et d'une voix pleine de chaleur et de malice lui demanda à quel hôtel elle devait les conduire.
_ Ne commence pas ton numéro Dominique, et conduis-nous plutôt au Britania.
_ Au lieu de râler Jeune Homme tu ferais mieux de faire les présentations. Sans laisser le temps à l'interpellé de s'exécuter, la taxi-girl se tourna vers Chloé.
_ Dominique Blanchard pour vous servir Belle Demoiselle, mon modeste taxi des Oiseaux de Nuit est fait pour vous conduire où vous le désirez. Chloé sourit devant cette diatribe lancée sans reprendre son souffle. Elle accepta la main tendue par-dessus l’épaule et se présenta à son tour. La course ne dura qu'une quinzaine de minutes, mais Dominique charma tant ses passagers d'anecdotes sur les divers bâtiments croisés qu'ils eurent l'impression de voyager au bout de la nuit avec le meilleur des guides. L'hôtel, coincé entre une pharmacie et une agence immobilière, ne payait pas de mine. Mais, assura Thierry, était tout à fait convenable sinon confortable.
Alors qu'elle se trouvait devant la porte vitrée de l'établissement, Chloé se retourna vers le taxi et fit un signe de la main pour que Dominique baissât sa vitre.
_ Dites, vous ne connaitriez pas un fast-food ou une sandwicherie d'ouverte à cette heure, je meure de faim.
_ Quoi ? Mais je croyais que vous… enfin que tu avais diné dans le train, s'alarma Thierry. Hors de question de te laisser manger une de ces cochonneries. Tu manges chez moi ce soir.
_ C'est gentil, mais vraiment je ne veux pas te déranger, ni même m'imposer à ta femme. L'inspecteur fut surpris, il n'avait pas parlé de lui à sa collègue. C'était-elle renseignée avant de venir ?
_ Ne sois pas surpris, tu as une tache de lait sur ton T-shirt. Vu ton âge je pense que tu as un enfant en bas âge, et pour ce que j'en ai vu tu n’es pas du genre à être un papa célibataire.
_ Ok, tu m'as eut. Mais la proposition tiens toujours. Estelle sera ravie de te faire son fameux gratin de pâtes.
_ Comment résister. Donnes-moi un quart d'heure, que je récupère les clefs de ma chambre.

Le petit appartement perdu dans la banlieue du Havre vibrait de joie de vivre et de plaisir adulescent. Cléophène découvrit que son hôte aimait les comics, les jeux vidéo, sa femme et son bébé, dans le désordre. Estelle était aussi grande que Thierry était petit, tout deux était roux et leur enfant semblait bien parti pour avoir la même teinte de cheveux.
Les deux femmes sympathisèrent tout de suite. Et Chloé se retrouva bien vite avec Alexandre dans les bras pendant que ses parents se répartissaient les tâches Ô combien compliquées de faire bouillir de l'eau et d'y jeter un nombre conséquent de nouilles.
_ Je suis désolé, mais je n'ai rien de plus fort que du Coca à t'offrir Chloé, annonça Thierry en jetant quelques herbes aromatiques dans l'eau encore froide.
Le couple se chamailla gentiment, l'un voulait rajouter des pâtes et l'autre qui se plaignait de son tour de taille croissant souhaitait l’exact contraire.
Une fois passé à table Estelle n'eut de cesse de vouloir tout connaitre de son invité. Au grand dam de Thierry, aucune question indiscrète ne fut épargnée. Cléophène s'exécuta de bonne grâce tant la curiosité joyeuse de la jeune maman tranchait avec sa propre réserve naturelle. Elle glissa sur les sujets les plus douloureux pour elle et relançait la conversation en questionnant à son tour le couple. Les heures défilèrent rapidement. La fatigue gagnant du terrain sur la volonté de Thierry, celui-ci baillait plus souvent qu’à son tour bientôt imitée par Chloé elle-même. Un rapide coup d'œil à sa montre lui révélant l'approche d’une heure du matin, la jeune femme annonça qu'il allait être l'heure pour elle de les quitter.
_ Dommage déclara Thierry, j'étais sur le point de sortir mon Monopoly.
_ C'est mieux comme ça, nous avons une lourde enquête qui nous attend demain. Une ombre passa sur le visage des convives, si la soirée était charmante, le but de la visite du lieutenant De Vieilleville était juste horrible. Toute la ville du Havre et des alentours était sous le choc : seize jeunes lycéens avait été sauvagement tués sur une plage.

Estelle lança un regard courroucé vers son mari : l'une des règles de la maison voulait qu'on laisse le travail de Thierry dehors. Pas question de laisser les meurtres, les vols, les histoires sordides ou les enquêtes empiéter sur ce bout de territoire sauvegardé. Sans doute que le silence un peu gêné qui s'installa dérangea le bébé, car il se mit à grogner dans les bras de sa mère.
_ Il est l'heure de le mettre au lit, tu m'aides ?
Profitant d'être seule un instant, Chloé scruta plus attentivement la décoration des deux tourtereaux qu'elle appréciait. Elle aimait s'imprégner de l'environnement des victimes sur lequel elle enquêtait, et cette manie s'étendait désormais à toute personne rencontrée. Une déformation professionnelle sans trop de gravité estimait-elle un peu mal à l'aise quand elle s'y adonnait.
Le mobilier était composé de moitié par des meubles neufs issus de magasin d'ameublement classique et pour moitié de meubles de meilleure facture, plus ancien. Le couple s'était installé depuis quelque temps déjà et la famille de l'un ou de l'autre avait fourni une base d’ameublement cossu. Chloé paria intérieurement sur la famille d'Estelle. L'appartement avait été repeint, sans doute juste avant l'arrivée d'Alexandre. Les tons étaient chaleureux, pas tape à l'œil ni même particulièrement à la mode. L’essentiel de la décoration était assuré par les passions de Thierry : bibliothèques remplies de bandes dessinées, maquettes de vaisseaux étranges, consoles vidéo amoureusement exposées comme des œuvres d'art. La jeune femme ne douta pas un instant que tous ces beaux objets de collection allaient bientôt disparaitre au fur et à mesure que l'enfant allait grandir.
Thierry la rejoignit : "Sa Majesté dort...
_ Alors je pense qu'il est temps pour moi de l'imiter, j'ai eût une bonne journée de travail aujourd'hui et demain une plus importante encore nous attend.
_ Tu as raison, j'appelle Dominique, elle te ramènera à ton hôtel. Ne t’inquiète pas pour la course, nous avons un accord avec elle au commissariat, mais demande une fiche pour les administratifs.
_ Tu es une vraie Mère Poule pour moi, railla-t-elle gentiment.
_ C'est mon côté féminin qui ressort. On se retrouve au commissariat ?
_ Non directement à la plage, je veux voir les lieux le plus rapidement possible.
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j'ai le même problème/retour avec mes amis quand je fais lire mes essaies de roman sur le fait que les fautes empêche la lecture. Mais moi quand je me corrige je fait pire
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