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  #7621  
Vieux 20/06/2018, 11h42
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FrancoisG est une petite crotte de super héros pourri
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Et puis le girls ne sont justement pas des cannons de beauté selon les standards (de qui d'ailleurs ?).
Oui et non
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- Oh, là mon pote je t'arrête, tu déconnes. Être complétiste et aimer les variantes, ça fait deux.
- Qui a dit le contraire ! Je te dis que c'est du même ordre !
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  #7622  
Vieux 13/07/2018, 20h04
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Fin de la 2ème saison de The Handmaid's Tale : le personnage de June est complètement con (pas possible elle aime ça en fait??) ou les auteurs ne savent pas quoi en faire niveau évolution du personnage?
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  #7623  
Vieux 23/07/2018, 21h55
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J'ai découvert la sublime Christina Ochoa dans la série Blood Drive que je viens d'avaler en quelques jours.
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  #7624  
Vieux 24/07/2018, 15h41
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J'ai découvert la sublime Christina Ochoa dans la série Blood Drive que je viens d'avaler en quelques jours.
ça y est, Scarlet verse dans l'anthropophagie : il vient d'avaler Christina Ochoa !
(Remarque, elle est, effectivement, appétissante...)
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  #7625  
Vieux 29/07/2018, 16h06
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Diffusée de 2014 à 2017, The Leftovers a d'abord été un phénomène de la télé américaine avant de finir sa carrière, au bout de trois saisons et vingt-huit épisodes, dans l'indifférence quasi-générale. C'est pourtant une production envoûtante, adaptée du best-seller de Tom Perrotta par Damon Lindelof (un des scénaristes-créateurs de Lost), mais qui exige de son public une disponibilité totale. En effet, ce mélodrame aux accents religieux et fantastiques est aussi une série parfois austère mais passionnante pour qui s'y abandonne.


Nora Durst et Kevin Garvey (Carrie Coon et Justin Theroux

Tout le "problème" de The Leftovers durant sa première saison de dix épisodes est de savoir quoi en penser, déterminer de quoi ça parle. Il est a priori question de deuil après une catastrophe inexpliquée (inexplicable) et de la manière dont un groupe de personnages composent avec les conséquences de cet événement. Mais, telle un mille-feuilles, la série interpelle le téléspectateur à d'autres niveaux à mesure qu'elle se déroule.

En adaptant le roman de Tom Perrotta avec l'auteur, Damon Lindelof, le showrunner, s'est tout de même approprié le texte et ses motifs pour y injecter ses propres thèmes, dont certains qu'il avait déjà abordés dans Lost. Il le fait d'une façon à la fois plus frontale, directe, et allusive. Et c'est cette approche qui intrigue, déroute, captive (ou égare, pour ceux qui n'entreront pas dans l'histoire).

De religion, de foi, de croyance, il est abondamment question, mais, malgré son générique sur fond de peinture représentant une ascension vers l'au-delà sous le regard de proches éplorés, le show n'est pas bondieusard et évite toute explication toute faite à base d'interprétations de textes sacrés. Si la question des cultes est posée, elle l'est sous bien des aspects, depuis la figure du Révérend Matt Jamison, qui se sert de son église pour dénoncer les turpitudes de certains citoyens, jusqu'aux Guilty Remnant, cette secte étrange dont les membres grillent cigarette sur cigarette sans dire un mot, se déplaçant tels des fantômes habillés en blanc ou stationnant devant les maisons de Mapleton pour éprouver leur attractivité auprès de gens en détresse, en passant par le personnage de "Wayne", pseudo-messie abusant de jeunes asiatiques tout en étant capable de soulager autrui de sa souffrance.

Petit à petit, sur un rythme lent et avec une narration volontiers elliptique (comme lors des "absences" de Kevin), les énigmes de l'intrigue se résolvent de telle sorte que les auteurs laissent le téléspectateur opérer lui-même des déductions. Les masques tombent, les failles apparaissent, les connections entre les personnages s'établissent : tel un puzzle qui s'assemblerait par la seule force de l'évidence, le sens de la série se révèle.

Ainsi faut-il en revenir à son titre même : "the leftovers", soit "ceux qui restent". Car, dans ce récit sur les disparus, il s'agit surtout de sonder ceux qui ne se sont pas volatilisés le 14 Octobre il y a trois ans comme 2% de la population mondiale. Tous les protagonistes n'ont pas perdu quelqu'un le "Jour du Grand Départ", mais tous ont été touchés par cet événement surnaturel, qui les a ébranlés sur le sens de la vie. Kevin a vu sa famille se décomposer, Nora travaille depuis pour indemniser les familles des disparus, Matt tente de conserver ses ouailles, les GR veulent à tout prix que les gens n'oublient pas ceux qui sont partis.

Mais, comme nous l'apprend le neuvième épisode, en forme de grand flash-back sur le "Jour-J", tout n'était pas parfait à Mapleton avant le "Grand Départ" : les Garvey traversaient une crise conjugale, le mari de Nora la trompait avec l'institutrice de leurs enfants, Patti souffrait de dépression après avoir été chassé de chez elle, Tommy ne comprenait pas que son père biologique le rejette, Kevin souffrait de l'aura de son père qui, lui-même, entretenait une liaison encore secrète avec Lucy Warbuton... De là à interpréter les disparitions comme une sorte de punition divine, il n'y a qu'un pas, même pour ceux qui ne croient pas ou plus ou entre autre chose.

Le casting porte cette histoire complexe et singulière, très suggestive et violente en même temps, avec brio. Justin Theroux, découvert dans Mulholland Drive (David Lynch, 2001) et fiancé éphémère de Jennifer Aniston, est la grande révélation du show, par son jeu fébrile et habité. Ceux qui (comme moi) ont adoré la saison 3 de Fargo retrouveront avec plaisir la formidable Carrie Coon dans le rôle de Nora. Christopher Eccleston a troqué le costume du Dr. Who pour celui du Révérend Matt, fiévreux à souhait. Ann Dowd (vue depuis dans Good Behavior) est glaçante dans le rôle de Patti tandis qu'Amy Brenneman ne pipe pratiquement pas un mot de toute la saison tout en faisant passer tout le trouble de son personnage. Enfin, mention spéciale pour la jeune Margaret Qualley (The Nice Guys, Shane Back, 2016), parfaite en ado paumée (la fille d'Andie McDowell est l'autre révélation de la série).

Variation subtile et fascinante sur le trauma américain post-11-Septembre (sans les maladresses des 4400 avec ses emprunts à X-Files), The Leftovers conclut sa première saison sur une note lumineuse après bien des tumultes. Avant de se réinventer pour sa saison 2...
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  #7626  
Vieux 31/07/2018, 11h23
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Peut être déjà évoqué ici mais pour ceux qui ont aimé les Kassos et d'une manière générale qui aime l'humour trash, l'équipe avec d'autres ont monté 3 projets d'animations dont le premier, Vermin est matable ici : https://www.blackpills.com/

C'est violent, irrévérencieux, dégueulasse.. bref c'est conseillé.. en attendant le reste des projets qui semblent tout aussi wtf !!
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Ne cliquez pas, c'est une pub!
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  #7627  
Vieux 31/07/2018, 11h56
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Fin de la 2ème saison de The Handmaid's Tale : le personnage de June est complètement con (pas possible elle aime ça en fait??) ou les auteurs ne savent pas quoi en faire niveau évolution du personnage?
Une deuxième saison clairement décevante avec en point d'orgue un dernier épisode catastrophique en terme de narration et de rythme, qui arrive en 1h à condenser l'équivalent de presque toute une saison. Les personnages vont à l'encontre de leur conviction, les nouveaux apparaissent comme des messies et font deus ex machina (au passage on se sera débarrassé dans le non moins mauvais épisode 12 des personnages dérangeants dont on ne savait pas quoi faire et cela après une transition 11-12 minable). Et comme l'affaire Weinstein est passée par là et que The Handmaid's Tale en est le fer de lance (à juste titre) le S2E13 est un condensé de #metoo à en étouffer.

En fait le pourquoi de cette déception et d'après moi la différence entre une saison, la première, adaptation d'un roman magnifique, saison qui a su (bien que trop longue) transposer les codes de l'écriture à l'écran. Par contre point de suite au roman et donc une deuxième saison qui innove, qui invente mais qui drague surtout le spectateur avide d'images et se prosternant devant le nouveau sein du saint : la série télé. Bref lisez ou relisez le roman de Margaret Atwood (qui a pourtant participé au développement de cette saison 2).
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  #7628  
Vieux 03/08/2018, 15h37
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La première saison de The Leftovers fonctionnait comme une entité suffisante, avec son début, son milieu et sa fin. Pourquoi continuer, lui écrire une suite ? Et comment ? A la première question, Damon Lindelof et Tom Perrotta avaient, semble-t-il, encore des choses à dire. A la seconde, ils le font en bouleversant tout, en entraînant leur saga dans une nouvelle direction - même s'il faut avoir vu les dix premiers épisodes pour le comprendre. Mais au final, ce deuxième acte est aussi passionnant que le premier.


Sertie d'un nouveau (et plus beau) générique accompagné d'une rengaine country entraînante, cette saison 2 s'ouvre par une incroyable séquence préhistorique dont le sens ne tarde pas à se révéler : le destin tragique de cette femme caverne et de son bébé résume la relation des parents et de leurs enfants au coeur de l'histoire développée dans les dix épisodes suivants.

En se délocalisant, The Leftovers se réinvente tout en continuant à creuser ses thèmes initiaux. Le "Jour du Grand Départ" hante aussi Miracle, ce parc naturel où a été bâtie la ville de Jarden, épargné par les disparitions du 14 Octobre trois auparavant. En apparence seulement, l'endroit est tranquille, préservé, mais derrière cette façade, on fait vite connaissance avec les Murphy, dont chacun des quatre membres souffrent de maux particuliers - un père rongé par une sourde colère (qui ne croit pas aux miracles), une mère sourde, une fille épileptique, un fils tiraillé entre la religion et les tours de son grand-père. Il y a quelque chose de pourri au royaume de Miracle, pour paraphraser Shakespeare...


Ce malaise est vite perçu par les Garvey, famille recomposée quand ils arrivent à Jarden. Eux-mêmes ont fui Mapleton, dans l'espoir de laisser derrière eux leurs fantômes et leurs démons, mais c'est une course en avant, une fausse solution dont ils prennent conscience progressivement. Kevin est sujet à des crises de somnambulisme, puis en proie à des hallucinations : épisode psychotique (comme le diagnostiquera Laurie) ? Ou possession mystique ? Nora, pour s'installer ici, a vendu sa maison de Mapleton à des scientifiques qui voulaient l'analyser comme théâtre de disparitions, et plus tard elle entend qu'on l'accuse d'être peut-être responsable de la perte de sa famille sur la base d'une théorie absurde.

Damon Lindelof et Tom Perrotta entretiennent le doute sur ce dernier point car, à peine les Garvey domiciliés à Jarden, des séismes ont lieu. Il y en a eu avant eux, mais le dernier coïncide avec la disparition de trois adolescentes : un nouveau "Grand Départ" aurait-il lieu ? On apprendra, lors d'un extraordinaire coup de théâtre dans l'avant-dernier épisode, que la vérité est littéralement ailleurs, et l'événement prend un tour sidérant que personne n'a vu venir - une prouesse scénaristique.

Les auteurs ont eu à coeur de surprendre, quitte à le perdre (comme en attestera l'audience en chute libre), le public en osant renouveler la narration d'ensemble. Dans la première saison, la série alternait épisodes "story's driven" et "Character's driven" (soit, en bon français, des épisodes où primaient tour à tour l'intrigue ou un personnage en particulier). Cette fois, chaque chapitre se focalise sur un protagoniste, osant des retours en arrière parfois conséquent, ou des déplacements dans des espaces inattendus (on visite même l'au-delà dans deux volets à l'humour noir déroutant à souhait). Cette construction est parfois frustrante car elle diffère des explications, mais aussi stimulante en donnant plusieurs points de vue à une même séquence (comme la première nuit à Jarden des Garvey et le séisme qui assèche le lac et correspond à la disparition des trois filles).

Revenons au générique : on s'étonne longtemps du crédit accordé à des acteurs comme Amy Brenneman, Chris Zylka et Liv Tyler alors qu'ils ne sont les vedettes que d'un épisode ou figurent dans quelques autres. Mais la qualité de leurs prestations et l'importance de leur rôle dans la machination au centre de l'affaire de la disparition ou dans la recomposition de la famille Garvey se justifient finalement, procédant de la structure du récit (où tout se met en place lentement mais sûrement).

Le reste du casting est dominé par, d'un côté, le couple Justin Theroux (plus fébrile que jamais)-Carrie Coon (superbe de détermination, lumineuse dans le tumulte) et, de l'autre, Kevin Carroll (bouillonnant)-Regina King (altière). On retrouve Ann Dowd dans une partition fantomatique irrésistible et Christopher Eccleston (littéralement illuminé). Plus en retrait, Margaret Qualley souffre davantage de l'expansion de la distribution.

Malgré le désordre dans lequel se trouve Jarden (résumé éloquent d'un Paradis envahi par des aspirants au miracle ou au chaos) et des rebondissements excentriques (preuve de la liberté totale des narrateurs, détachés de la contrainte de plaire au public), c'est encore sur une note d'espoir que se ferme cette saison 2. The Leftovers aura droit à une saison supplémentaire pour conclure définitivement, mais en seulement huit épisodes - ce qui ne saurait être un handicap pour une série qui puise sa force dans sa capacité à exploser les limites. Pour "ceux qui restent", en effet, le déluge est moins important que l'arche, ce qu'il reste à raconter est moins difficile que le temps imparti pour le faire.
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  #7629  
Vieux 07/08/2018, 15h27
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Arrachée à HBO, cette ultime saison de The Leftovers ne compte que huit épisodes mais Damon Lindelof les a conçus à la fois comme une conclusion digne des deux précédentes et sans doute comme une revanche sur la fin de Lost qui avait tant divisé les fans. Avec Tom Perrotta (et, en majorité, la réalisatrice Mimi Leder), le show a droit à un terme effectivement magnifique qui risque bien de vous tirer des larmes.


Jean Cocteau disait du cinéma, que c'était "la mort au travail", et cette sentence a diversement interprétée, pour n'en retenir le plus souvent que l'affirmation la plus funeste, à savoir qu'il s'agissait d'un enregistrement de la mort à l'oeuvre, de l'impression sur la pellicule du temps passé par les acteurs à vivre la vie de personnages fictifs au lieu de la leur.

Pourtant, cette "mort au travail" garantit à ceux qui s'y abandonnaient une vie éternelle car la pellicule immortalisait les acteurs. Grâce aux histoires captées par la caméra et les personnages qu'ils ont incarnés, les acteurs survivent après leur décès. On garde leur image en mouvement comme s'ils étaient encore de ce monde.

Avec la production des séries télé, cela amplifie ce statut car les acteurs filmés non seulement sont immortalisés sur la pellicule mais on peut les voir littéralement vieillir avec leurs rôles au fil des saisons durant lesquelles ils interprètent leurs personnages. Certains jouent même dans des feuilletons sur plusieurs décennies, et leur jeunesse, leur maturité et leur vieillesse sont enregistrées par la caméra. Parfois même certains meurent carrément avant le terme de la série dans laquelle ils jouent - et le show continue sans eux, tel "un train filant dans la nuit" pour citer François Truffaut cette fois.


Si j'ouvre cette critique par ce crochet, c'est parce que c'est précisément ce que donne à voir, à ressentir, cette troisième et dernière saison de The Leftovers : ce passage enregistré du temps, sa réflexion narrative, son esthétique cruelle et poignante.

Trois saisons, vingt-huit épisodes, on a vu plus long en termes d'investissement, d'engagement pour des acteurs, des showrunners, et l'aventure d'une poignée de personnages. Mais la densité du récit, soulignée par la compression de cette ultime année de production, renforce le sentiment de voir "la mort au travail" ou, plus positivement, la vie imprimée.

Damon Lindelof et Tom Perrotta savaient en rédigeant ces chapitres qu'ils seraient les derniers et qu'ils devraient aboutir à une conclusion digne. Lindelof supportait qui plus est la pression de ne pas répéter ce qu'il avait osé avec Lost, dont le terme avait divisé le public (et continue d'alimenter les débats de fans). On assistera donc à une sorte de tournée d'adieux en bonne et due forme, mais pas forcément à une collection de réponses définitives aux énigmes du show. Il y a des explications, nettes, formulées, exprimées, mais comme The Leftovers est une série bâtie sur la croyance, la foi (ou non) en ce qui est prononcé, le téléspectateur garde la liberté d'adhérer ou non aux explications fournies. Et les auteurs s'amusent jusqu'au bout à brouiller les pistes pour laisser toutes les interprétations possibles.

Le cas le plus frappant concerne le personnage de Laurie (à qui Amy Brenneman donne une sorte de fatalisme tranquille sidérant) : le sixième épisode lui est consacrée, elle en est la vedette. On apprend enfin dans quelles circonstances elle intégra les Guilty Remnant, puis comment elle permet à Nora de pister des scientifiques prétendant qu'ils peuvent réunir les survivants et les disparus du "Grand Départ", et enfin elle fait ses adieux à Kevin sur le point d'exaucer un souhait dangereux émis par des proches. L'épisode se conclut par ce qui ressemble à un suicide (inspirée par une idée de Nora d'ailleurs).

C'est bien entendu saisissant et triste. Jusqu'à ce qu'on découvre dans le huitième épisode, dont l'action se situe vingt ans plus tard, que Nora est restée en contact avec Laurie depuis tout ce temps, poursuivant une longue et étonnante psychothérapie par téléphone entre les Etats-Unis et l'Australie... Laurie n'a donc pas mis fin à ses jours, elle s'occupe désormais de l'enfant de sa fille Jill.

Toute la saison joue ainsi avec ce que le téléspectateur considère comme acquis... Et que Lindelof et Perrotta démentent rarement - la seule exception est la mort de Matt Jamison qui n'a donc pas réussi à vaincre la récidive tardive de son cancer et a eu droit à des funérailles impressionnantes à Jarden, comme le racontera Kevin à Nora bien des années après.

Mais sinon, tout est faux-semblants, illusions, sujets au doute. La chanson censée empêcher le déluge ? Elle n'existe pas. Evie survivante et cachée à Melbourne ? Une hallucination. L'Homme le plus puissant du monde (et son jumeau identique), selon le titre du septième épisode ? Une dernière visite dans un au-delà délirant et absurde, le purgatoire de Kevin.

A l'image du prologue du premier épisode de cette saison (au moins aussi improbable et pourtant synthétique que celui dans la Préhistoire au début de la saison 2), c'est comme si la série déjouait les fins du monde qu'elle annonce ensuite au même titre qu'en 1844 cette femme dévote, croyant à un événement céleste, renonce à l'attendre, lâchée par ses amies, son mari, moquée par les autres habitants, découragée par un pasteur pugnace.

Avant d'en venir à la fin proprement dite, il faut que je répare un oubli des précédentes critiques consacrées à la série en évoquant la musique de The Leftovers. Max Richter a composé un splendide thème au piano qui traverse les trois saisons (accompagnant même, dans une version orchestrée, le générique de la première année). Puis il y a eu la rengaine country à la fois entraînante et mélancolique de la saison 2, mais la bande-son faisait déjà la part belle à des chansons en relation directe avec l'histoire (le Where is my mind ? des Pixies devenant la traduction littérale des tourments de Kevin, et une reprise karaoké de Homeward bound de Simon & Garfunkel résumant son lien avec Nora). La saison 3, où l'équipe créative s'est complètement lâchée puisque de toute façon il n'y avait plus rien à perdre (les gens devant leur poste avaient zappé depuis longtemps, HBO avait annoncé l'annulation du show), attribue une chanson différente au générique de chaque épisode et multiplie les titres musicaux dans chaque chapitre (du rap en passant par du lounge et même Charles Aznavour à deux reprises dans l'épisode 5 !). Cette série ne fait rien comme les autres, mais elle ne le fait jamais gratuitement.

Et nous voilà arrivés au Livre de Nora, titre du dernier épisode de la saison 3. Bien finir donc, voilà le grand challenge imposé à Damon Lindelof. Et quel superbe dénouement. Le monologue, long et renversant, de Carrie Coon/Nora est un morceau de bravoure et un geste de mise en scène insensé : au lieu de nous montrer la terre parallèle où les 2% de la population mondiale ont disparu vingt-sept ans auparavant, tout passe par les mots de l'héroïne. Son récit est fabuleux et improbable, mais, même vieillie par un maquillage à la fois marqué et épatant, l'actrice nous saisit pendant de longues minutes, la caméra ne quittant pas son visage, enregistrant les intonations subtiles de sa voix, ses expressions les plus délicates. Rien que pour ce moment-là, fou, intense, beau, lumineux, poignant, fantastique, Carrie Coon aurait mérité un Emmy.

Face à elle, Justin Theroux traverse la saison de manière tout aussi incroyable, désemparé, implacable, dévasté, amoureux fou, bouleversé. Quel couple il aura formé avec sa partenaire (au moins aussi mémorable - et tout aussi injustement boudé par les récompenses - que le duo Keri Russell-Mathew Rhys dans The Americans).

Il faudrait aussi saluer les prestations extraordinaires de Scott Glenn et Christopher Eccleston. The Leftovers aura réuni une troupe de comédiens de premier ordre, totalement investis.

On mesure aussi la qualité d'une série au fait que ses héros vont nous manquer. En vérité, on peut même affirmer que c'est ce qui compte le plus, s'être attachés comme à de "vrais gens" à des créatures imaginaires dans ses histoires farfelues. C'est dire si cette série est spéciale et qu'elle ne sera pas remplacée.
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Vieux 09/08/2018, 10h28
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Juste dire que je partage ton point de vue en tout point sur cette incroyable série
Une émotion incroyable quand on la termine...
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Vieux 09/08/2018, 15h58
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Merci pour ton retour.
Je ne savais pas trop qui avait pu la suivre (alors qu'il me semble qu'un buzzuki m'avait demandé ce que j'en pensais, mais je ne me rappelle plus qui).
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  #7632  
Vieux 09/08/2018, 17h16
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Zen, Zenita et moi même avions déjà échangé sur la série lors de sa sortie
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Vieux 09/08/2018, 22h11
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Zen, Zenita et moi même avions déjà échangé sur la série lors de sa sortie
Ouais.
Vu les deux premières saisons et pas trouvé ça renversant.
S'il n'y avait pas Carrie Coon, je n'aurais d'ailleurs sans doute pas regardé la deuxième saison.
Et même avec elle, je ne suis pas parvenu à m'infliger la troisième.
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Vieux 10/08/2018, 15h30
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Posté par arrowsmith
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Zen, Zenita et moi même avions déjà échangé sur la série lors de sa sortie
Je l'ignorai puisque je n'ai découvert la série que récemment, alors qu'elle est achevée depuis presque un an.

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Posté par Zen arcade
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Ouais.
Vu les deux premières saisons et pas trouvé ça renversant.
S'il n'y avait pas Carrie Coon, je n'aurais d'ailleurs sans doute pas regardé la deuxième saison.
Et même avec elle, je ne suis pas parvenu à m'infliger la troisième.
Je reconnais que c'est spécial et que ça peut ne pas plaire.
Moi-même, j'avais regardé le premier épisode au début de l'année sans être conquis. J'y suis retourné par curiosité, pour vérifier mon ressenti. Et là, j'ai vraiment adhéré, en enchaînant les trois saisons.
C'est une expérience.
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  #7635  
Vieux 10/08/2018, 17h59
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zenita est un teen titanszenita est un teen titanszenita est un teen titanszenita est un teen titanszenita est un teen titanszenita est un teen titanszenita est un teen titanszenita est un teen titanszenita est un teen titanszenita est un teen titanszenita est un teen titans
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Posté par wildcard
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Merci pour ton retour.
Je ne savais pas trop qui avait pu la suivre (alors qu'il me semble qu'un buzzuki m'avait demandé ce que j'en pensais, mais je ne me rappelle plus qui).
C’etait Moi 😉
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