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  #1  
Vieux 14/10/2009, 17h26
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Ben Wawe Ben Wawe est déconnecté
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Défi d'octobre 2009 : "Octobre, sors ta drogue" © HiPs!

Avec comme thème : "la drogue".

Je commence (je crois bien que ça doit être la première fois).

Pour elle.


« C’est pour elle, tu sais. »

Mais Frankie ne m’entend pas.
Il est déjà mort.

Son sang coule le long de mes doigts ; je l’ai égorgé avec mon petit canif, celui que ma mère m’avait acheté quand j’étais petit. Je devais avoir huit/dix ans, et j’ai été absolument horrible jusqu’à ce qu’elle cède. Je voulais ressembler à je-ne-sais-plus quel personnage de série télé, et dès que j’avais eu ce petit couteau, j’ai été le plus heureux des gosses. Mon père n’a pas vraiment apprécié qu’elle m’achète ça, il pensait que ça serait trop dangereux pour moi.
Encore une fois, il trouva en son attitude une excuse pour la frapper. C’est sur lui que je me servis pour la première fois de ce qu’il appelait « camelote » et qui représentait pour moi une sorte de Saint Graal. Ce fut bon.

Lentement, sans me presser, je récupère sur Frankie les quelques pilules que j’étais venu chercher ; il a refusé de me les vendre, refusant même d’entendre mes explications sur mon absence d’argent. Il ne m’a même pas laissé terminer ! C’était un homme rustre et malpoli, une sorte d’ancêtre n’ayant pas dépassé le Moyen-Âge. Pourtant, j’ai longtemps eu besoin de lui et je sais que je regretterai mon geste. Après tout, c’était mon dealer attitré.
Oui, je regretterai mon geste. Mais demain. Ce soir, j’ai les pilules…je les ai pour elle.

Il n’a pas voulu comprendre, et ne le peut sûrement pas, combien c’est important, combien ça peut compter d’avoir quelqu’un dans sa vie. De devoir prendre soin de quelqu’un. C’était un petit dealer de banlieue, le genre qui se croit le maître alors qu’il n’est qu’un faible maillon d’une chaîne qu’il ne comprend même pas ; il me refusait quelque chose dont j’ai absolument besoin et espérait s’en sortir. Quel imbécile, il mérite cette leçon.

Evidemment, je sais déjà que je vais avoir des…soucis avec ses associés. Je suis au milieu d’une cour d’immeubles, avec les fenêtres toutes sombres mais je sais que tous les yeux sont braqués sur moi ; ils savent qui je suis. Il est plus que probable que je me fasse harceler demain pour rendre des comptes à propos de Frankie. Et je ne m’en sortirai sûrement pas.
Mais ce n’est pas grave. J’ai les pilules, et c’est pour elle que j’ai fait ça. Pour la serrer encore une fois contre moi.

Je…je ne me suis jamais drogué, en fait. Je n’ai jamais fumé, je n’ai jamais bu, et je ne me suis jamais piqué. J’ai toujours voulu garder mon corps sain, mon esprit sain mais…ça a changé. Non pas que j’ai fait pénétrer une aiguille dans mon bras : jamais je ne m’abaisserai à ça. Non. C’est mon cœur qui a été pris, c’est mon esprit qui est maintenant embrumé par la drogue.

Ma drogue c’est elle. Au point de tuer pour elle.

Jamais je n’ai ressenti quelque chose d’aussi fort, jamais je n’ai vécu une attirance et une fougue aussi puissante en moi. Je ne viens pas d’un milieu aimant : je n’ai pas été désiré par mes parents, mon père battait ma mère, elle en est morte…ce sont des choses tristes. Mais qui arrivent, comme disent les « gens normaux » ; ils ne savent rien, ils n’ont jamais essayé de savoir qui j’étais, ce que je voulais. J’ai été taxé de fou, de monstre mais sans jamais aller plus loin. Ils jugent sans vouloir savoir.
Ils font de moi un être ignoble, et s’ils me condamnent avant de m’écouter, ils n’ont pas tout à fait tort. Tout ce que j’ai vécu ne pouvait que mener à un être froid, distant, socialement inapte et terriblement dangereux pour ses congénères ; je ne suis pas quelqu’un de « normal », mais « on » aurait quand même pu essayer de m’aider. Ça aurait pu sauver des vies, en fait : après tout, j’ai bien assassiné mon propre père et je viens de prendre la vie d’un dealer. Certes, ce n’étaient pas de « bonnes » personnes, mais il s’agissait d’êtres humains. Qui auraient pu être sauvés. Mais qui ont mérité leur sort.

J’ai pris la vie de deux hommes et je n’en éprouve aucun remords.
Car à chaque fois, c’était pour elle.

Bien sûr, ce n’est plus la même femme ni le même objectif. Si j’ai tué mon père, ou plutôt mon géniteur, c’est pour la venger…pour le faire souffrir comme moi j’ai souffert quand il me l’a prise. Je…je n’ai jamais été aimé, ma mère ne m’a pas « câliné » ou dit qu’elle m’aimait, mais…mais quand je la harcelai de trop, elle cédait. Et elle me souriait même, parfois.
Elle ne m’avait pas voulu mais ne me rejetait pas, et pour moi ça semblait la chose la plus merveilleuse au monde. Je me rends compte maintenant que je n’avais droit qu’à quelques miettes, mais pour moi, c’était quelque chose de tellement énorme et de tellement magnifique qu’il était insupportable que sa disparition soit impunie.
C’est pour ça qu’il n’est plus là aujourd’hui.

Mais si Frankie, lui, est décédé, c’est parce que j’étais mû par quelque chose d’autre – un sentiment plus fort.
L’Amour. L’Amour envers une femme…ma femme.
Sans elle, je ne suis rien. Sans elle, je ne vaux rien. Sans elle, je ne veux plus rien.

On a voulu me la prendre, une fois. Des jours durant, elle avait disparu et j’ai tenté de la retrouver – en vain. Un chauffard l’avait apparemment fauchée quelques jours à peine après notre rencontre et alors que notre idylle n’en était qu’à ses débuts ; elle ne savait pas encore que j’étais fait pour elle, mais moi j’en étais déjà persuadé.
Pendant des heures, j’ai marché dans la ville, passant de rues en allées pour savoir où elle se cachait, où elle gisait à moitié morte. Et je l’ai retrouvé, à peine vivante.

Oui, elle avait bien été renversée mais je l’ai découverte à temps. Je l’ai amené dans l’endroit vers lequel mes pas me mènent, dans un entrepôt désaffecté qui me tient lieu de maison. Ce n’est pas luxueux, c’est humide, froid et un peu sale mais…c’est chez-nous. C’est notre petit nid d’amour, là où je l’ai soigné, là où elle se repose. Elle est encore faible et blessée, mais heureusement tout va s’arranger. Je n’ose imaginer comment elle serait, sans moi.

Bien sûr, nous venons de deux mondes différents et elle ne sait rien de mes…incartades, mais ça n’est pas grave. Nous nous aimons, ça dépasse mes démons et ce que je suis capable de faire. Elle est belle, drôle, intelligente…elle est ce dont j’ai besoin. Elle est ma mère, ma meilleure amie, ma pire ennemie, la femme de ma vie.
Elle est mon Alpha et mon Omega. Elle est ce dont j’ai besoin et ce qui me torture. Elle est ce que je peux faire et ce qui m’est inaccessible.

Elle est ce pourquoi je veux être meilleur.
Elle est celle que j’aime.

Ça n’a pas toujours été facile entre nous, mais je sais que tout ira bien, maintenant. Elle me regardait un peu de haut au début mais a su découvrir mes qualités – et fermer les yeux sur mes défauts. Je suis chez nous, enfin. J’approche de notre lit, là où elle se repose après son accident. Ses proches doivent se demander où elle est, et nous irons les voir quand elle sera entièrement remise ; pour le moment, je veux encore profiter d’elle, de ces quelques moments où nous ne sommes que tous les deux.

Elle est là, je la vois. Elle est si belle.
Je ne pensais pas que j’aurais droit à tant de bonheur. Je ne pensais pas en mériter autant. Après tout, je suis un assassin, un tueur…je ne sais pas m’adapter à un monde qui m’a toujours rejeté. On m’a pris la première personne à m’avoir traité un tant soit peu avec dignité, et je suis conscient que je ne vivrais jamais vraiment dans un appartement avec un travail stable.

Mais elle est quand même là. Avec moi.

Lentement, je m’approche ; il n’y a plus qu’elle ici, je ne vois même plus les murs sombres et sales. Seule elle emplit l’espace, comble mes yeux. Je peux presque la toucher, sentir son haleine, tenir ses mains. Elle est là…elle est à moi. Rien ne peut plus nous séparer, maintenant. Ni chauffard, ni rang social. Nous ne sommes qu’elle et moi, unis à jamais dans cet entrepôt répugnant mais qui est mon paradis.

Il n’y a que nous deux.
Et le monde et ses « gens normaux » qui n’ont jamais voulu me comprendre est bien loin dehors. Bien loin de nous. Bien loin de moi.



« Merde…c’est qui ?
- C’est Gabe, un clodo dangereux. Il avait été placé étant gosse après avoir tué son père et sa mère mais ne s’est jamais arrangé.
- Il s’est fait les deux ?
- Ouais, même s’il a toujours nié pour elle. Il n’a jamais supporté qu’on l’accuse d’avoir tué sa mère, mais les preuves étaient contre lui. Il a toujours traîné dans pas mal d’affaires bizarres, est considéré comme dangereux par pas mal de services sociaux mais n’a jamais été vraiment arrêté, autant par manque de preuves que de moyens. Ça aurait dû changer : j’ai instruit une plainte contre lui dernièrement.
- Ah ouais ?
- Ouais. Il suivait une femme dans la rue, il la harcelait même. Un mandat avait été déposé contre lui.
- Pour harcèlement ?
- Nan. Homicide involontaire : elle a été renversée alors qu’il tentait de lui parler. Elle s’enfuyait et n’a pas vu la voiture. Le conducteur est en dépression, depuis. C’était un chic type, des enfants, un boulot stable ; tout est foutu, maintenant.
- Merde…en tout cas, maintenant ton affaire est réglée. Tu pourras le dire aux familles.
- Ouais…mais ça change rien. La gamine est morte et lui s’en est tiré tout seul, avec en plus un p’tit trip’ sur la fin.
- Et en douceur, apparemment. T’as vu son sourire ? On dirait qu’il est au paradis.
- Le paradis des drogués, ouais. Son overdose l’a fait échapper à la justice…et ça contentera personne. Une gamine est morte par sa faute et lui s’est défoncé. On comprendra jamais ce qu’il s’est passé.
- C’est si important ?
- J’sais pas. Pour qu’il harcèle à mort une pauvre femme et qu’il se drogue autant, c’est qu’il devait bien vouloir quelque chose. Mais après, savoir quoi…personne ne le comprendra jamais. Personne de normal, en tout cas. »
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  #2  
Vieux 14/10/2009, 18h43
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Je dis simplement : bravo !

C'est à la fois poignant et efficace. Une ambiance de série noire (ou plutôt de "série blême" comme disait William Irish, auquel ce texte fait penser - et c'est un compliment car, avec David Goodis, c'est probablement mon auteur de polars préféré).

Dur de passer après un premier texte pareil... Tu mets la barre très haut, Ben !
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  #3  
Vieux 15/10/2009, 17h35
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Merci beaucoup. Je l'ai fait à la fois pour le Défi, à la fois pour faire plaisir à mon amie et à la fois pour passer une heure et demi loin des cours et de la pression. Ca fait du bien, mais encore une fois ça finit par du glauque & du désespéré.
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  #4  
Vieux 15/10/2009, 17h40
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"Les chants d'amour sont les plus désespérés"...
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  #5  
Vieux 15/10/2009, 18h10
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Très joli récit Ben. Juste un léger bémol sur le dialogue final que je trouve trop écrit, pas assez langage parlé même si on sent que tu as essayé de le délier.
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  #6  
Vieux 15/10/2009, 18h21
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Il m'a posé beaucoup de souci : j'avais envie qu'il soit assez "réaliste" mais je ne voulais pas tomber dans de la vulgarité ou quelque chose de "trop" parlé. J'ai mis bien quinze minutes à accoucher de ça, mais je n'en suis pas très content.
J'ai du mal avec mes dialogues en ce moment.
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  #7  
Vieux 16/10/2009, 14h25
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J'étais d'abord parti sur un mode allégorique mais finalement j'ai préféré y aller frontal...


Citation:
l’aiguille cherche son chemin sous la peau fouille un peu trouve une veine perce la veine j’appuie sur la pompe une goutte de sang se mélange à la solution à 13% le niveau baisse lentement dans la seringue l’essence vitale qui me nourrit et me protège du monde s’insinue dans mon corps tout entier mes poils se hérissent je desserre le sandow autour de mon bras et mon corps tout entier épouse le skai dégueulasse du canapé de marie demain je fais le ménage

On dit beaucoup de conneries sur les junkies et leurs sales habitudes. Notamment qu’on se retrouve accro dès sa première pompe. N’importe quoi. Il m’a bien fallu six mois pour totalement plonger.
Plonger dans le sens réaliser pleinement qu’il me serait désormais impossible de remonter à la surface.
Avant ça, tous les soirs que Dieu faisait, je rentrais du boulot et j’enfilais ma tenue d’homme grenouille pour rejoindre mon monde du silence, le seul en lequel j’avais confiance. Sans me rendre compte que je m'enfonçais chaque soir un peu plus profondément dans les abysses.
J’ai vu un reportage une fois sur les abysses et c’est dingue les bestioles qu’on y trouve. A trois mille mètres, des poissons luminescents de toutes les couleurs et transparents, moches comme pas permis, dotés d’une rangée de dents aiguisées comme des scalpels si impressionnante et si large qu’on se demande comment tous ces crocs peuvent bien tenir dans cette gueule improbable qu’ils ont tous. Certains sont munis d’un leurre luminescent en forme de petit crustacé. Un lumignon qui pendouille au dessus de leur tête comme la ligne d’un pêcheur et qui leur sert à attirer les proies. D’autres ont des estomacs élastiques et des corps si mous qu’ils peuvent se permettent d’engloutir des poissons plus gros qu’eux. De ces poissons là, vous n’en verrez jamais dans les aquariums. Ils crèvent quand on essaye de les ramener à la surface.
Vous voyez où je veux en venir avec mon analogie?

l’heure du deuxième fix je change de veine j’ai encore le choix je n’en suis pas à me piquer entre les doigts de pieds ou dans le coin de l’oeil le mélange bout dans la cuillère grimpe dans ma seringue l’aiguille fouille la peau trouve une veine perce la veine le mélange redescend dans ma canalisation je relâche le sandow je deviens une flaque luminescente qui brille de tous ses pores et de tous ses trous d’aiguille je me vois dans la vitre avec ma rangée de dents jaunes je me souris

Mon premier shoot, je l’ai fait par amour. Vous pouvez trouver ça con mais on est nombreux dans ce cas là si j’en crois les confidences de quelques compagnons de défonce. Ca vous rend indestructible l’amour. Ca ridiculise vos peurs les plus féroces. Ca transforme le pauvre rat de laboratoire que vous êtes, misérable et chétive créature prisonnière de son labyrinthe social sans issue, en un dragon magnifique et fier, libéré de toutes ses entraves.
Moi, j’ai toujours eu une trouille bleue des piqûres. Jamais aimé ça. Sûrement un traumatisme d’enfance, une vaccination qui se serait mal passée avec un vieux médecin de famille qui avait la tremblote éthylique ou un truc dans le genre.
Pour ça que mon premier shoot j’y ai pensé deux jours avant, la peur au ventre. Mais, je voulais faire ça bien, que la femme que j’aime soit fière de moi. Pas question que ce soit elle qui m’injecte. Je voulais le faire tout seul, comme un grand, tandis qu’elle me regarderait m’administrer mon amour pour elle. Pour être fin prêt pour le jour J et l’heure Héroïne, j’allais me cacher dans les toilettes de mon entreprise et je me suis entraîné avec une seringue remplie d’eau.
J’ai du répéter une bonne douzaine de fois en quarante-huit heures.
Et même aujourd’hui, quand j’y repense, je ne me trouve pas ridicule. Je trouve ça toujours aussi beau. Peut-être la plus belle preuve d’amour que j’ai jamais su donner. Elle ne s’appelait pas Marie, elle. Mais elle aussi, elle m’a quitté.

Pas possible d’être raisonnable avec la dope pas envie non plus le sucre brun chaud monte dans l’aiguille qui se trémousse et s’agite elle veut sa veine la coquine elle la cherche trifouille sous ma peau s’insinue cherche la veine trouve la veine perce la veine mon araignée du désespoir file le sucre brun chaud à l’intérieur de mon aine je frissonne je crois que je bande mais je n’en suis pas sûr je repars pour ma contrée familière je suis très loin désormais mais ce n’est pas encore le clou du spectacle j’ai encore de la marge je le sais il me tarde d’y être quelquefois tout me sera plus facile la vie de certains ne tient qu’à un fil la mienne qu’à une aiguille hahaha rideau
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  #8  
Vieux 16/10/2009, 15h16
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Vous écrivez vraiment bien, mais c'est d'une tristesse!

Alors que, quand même, la drogue, c'est fun! Mieux que le sexe et le rock'n'roll!
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  #9  
Vieux 16/10/2009, 15h21
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Vous écrivez vraiment bien, mais c'est d'une tristesse!

Alors que, quand même, la drogue, c'est fun! Mieux que le sexe et le rock'n'roll!
Quand on a arrêté d'en prendre, on se rend souvent compte qu'en fait c'est triste
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  #10  
Vieux 16/10/2009, 15h33
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Posté par Steuf !
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Quand on a arrêté d'en prendre, on se rend souvent compte qu'en fait c'est triste
"Trainspotting" en faisait un bel éloge, d'ailleurs!

De mon côté, sauf à trouver une idée de secours, je crains de n'avoir rien à écrire.
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  #11  
Vieux 16/10/2009, 15h39
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Posté par Halnawulf
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c'est d'une tristesse!
Ah bah c'est l'automne hein, les feuilles mortes, la pelle, tout ça...

Mais oui j'ai eu une envie subite d'un truc très noir.
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  #12  
Vieux 17/10/2009, 14h22
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Très bon texte, HiPs!. J'ai beaucoup aimé les changements de style et de ponctuation, très bien pensé.
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  #13  
Vieux 23/10/2009, 09h36
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LES FEUILLES MORTES

Bon sang ! Qu’est ce que je fous là. Je serai mieux, bien au chaud dans mon petit appartement du XIIIe, tout, plutôt que d’être dehors par ce temps de chien. Une pluie glaciale, un petit vent vicieux qui empêche toute tentative de se protéger, et bien entendu une lumière blafarde issue de réverbères noires de crasses et de pollution. Voilà des heures que j’erre dans ces rues putrides, un dimanche ; j’en maudis une fois de plus ma sœur. Cette conne, incapable de garder un homme plus de trois mois, pas plus qu’un boulot stable d’ailleurs ! Ma très chère sœur cadette qui m’appelle à sept heures du matin pour pleurnicher dans le combiné. J’ai bien mis quinze minutes à comprendre ce qu’elle me voulait. Sa fille, l’étudiante, avait disparue. L’inquiétude de Roxane étant légitime, je mis de coté ma mauvaise humeur et put recueillir à peu prés sereinement ses confidences. En bref, une mère et sa fille qui ne se parlent plus, une dispute, une porte qui claque, le quotidien d’êtres humains en déperditions. Honorine avait donc fuguée pour rejoindre sa bande à une soirée. Pas de quoi fouetter un chat, sauf qu’Isabelle, la petite voisine de palier et amie de toujours de ma nièce, était rentrée seule de la soirée. Sauf que, Roxane ayant cuisiné la petite a sut que la soirée avait ‘un peu’ dérapé et que l’alcool et la drogue s’étaient invités. Et surtout, Honorine était partie avec un type, Abel Quelque Chose, qu’Isabelle elle même définissait comme louche.
Ne sachant pas quoi faire, n’osant surtout pas quitter son appart dés fois que sa fille reviendrait, ma sœur a donc pensé a son grand frère adoré pour effectuer des recherches. Me voilà donc, grelottant de froid, trempé jusqu’aux os à la recherche du lieu de la fête. Au vu de la description qu’en a fait la petite Isabelle, je ne suis pas sortie de l’auberge. C’est « Pas loin du pont Martrenfort ; c’est un hangar avec un sigle Peace & Love à l’envers peint sur la porte….. »
Je lui flanquerai bien une paire de claque pour retrouver la mémoire.

Des heures plus tard, j’ai trouvé ! Bon sang, j’ai eu un sacré coup de chance. J’allais partir, abandonner mes recherches et faire quelque chose d’intelligent comme d’appeler les flics lorsque j’ai vu un petit graffiti bombé sur la porte d’une ancienne superette. J’ai poussé la porte, autant pour chercher un refuge contre la pluie que pour vérifier si j’étais bien au bon endroit.
Un mélange d’odeurs m’accueilli, m’annonçant du même coup que j’étais bien au bon endroit. Les effluves qui chatouillent mes narines me parlent de corps transpirant sur des rythmes endiablés, de choses régurgitées dans les coins les plus éloignés, masquant les odeurs plus anciennes de poussière et d’abandon du magasin. Je reste sur le pas de la porte le temps de m’habituer à la pénombre. Peu à peu la scène se dévoile. Un carrelage autrefois blanc, noir de crasse sauf au endroit où se trouvaient les gondoles. Elles ont été poussées au fond de la pièce, enchevêtrement d’où émergent les restes des caisses enregistreuses. Bouteilles cassées, mégot de cigarettes plus ou moins artisanales, capotes usagées, maculent le sol qui n’en demandait pas tant. Les murs sont couvert de graffitis, et de tags, certains obscènes, d’autres énigmatiques (Le Krass ne mourra pas ??).
J’avance, respirant à petits coups l’air vicié, des tas de chiffons sur les bords de la pièce semble bouger. Une fille dort là. Elle porte une robe qui devait être une robe de soirée dans une autre vie et qui ne ressemble plus qu’à un bout de tissu blanchâtre désormais. Elle me regarde de ses yeux vides. Une mousse rouge, écarlate, coule de sa bouche. Elle respire encore. Je devrais prendre mon portable, appeler les secours. Je n’en fais rien. Nous nous fascinons mutuellement. C’est la première fois que je vois quelqu’un sous l’emprise du PlaTane. Un nom marrant qui cache une des pires saloperies qui existe. Elle est peu chère, les clients en deviennent accros très vite, elle fait planer pendant des heures. La drogue parfaite. Sauf que ses effets secondaires sont franchement visibles. Une pigmentation de la peau altérée, un réseau sanguin dilaté font que les drogués ressemblent à des feuilles d’automne. Le PlaTane ne s’adresse donc qu’au plus démunis qui ne soucis plus d’être discret.
Je la secoue doucement.
« Hé, ça va ??
Elle grogne une réponse inintelligible. Puis se retourne pour continuer son vol intérieur.
_ Ho ! Réveille toi ! Tu connais un gars qui s’appelle Abel ?
Ses yeux vitreux se tournent vers moi. M’entend t’elle seulement ? Elle articule des mots sans produire le moindre son. Elle fronce le sourcil et refait une tentative.
_Vooouuiii.
_ Il est où ?
_Looouuuiinnnnn.
Je me retiens pour ne pas l’attraper par le col et de la secouer. Elle reprend de façon un peu plus normal
_ Il est partiiiiii. Elle prend un air boudeur avant d’ajouter, Il n’a paaaaaas voulu que je vienne. J’aurai biennnn continuée la fêêêêête avec lui.
Je rêve, elle se met à pleurer. S’en est trop, je lui colle une claque dans sa gueule de défoncée. Je lui martèle un « Ou est t’il ? » d’une voix plus que menaçante. La droguée prend pleinement mesure de la menace que je représente, elle me donne rapidement une adresse avant de retomber dans son délire chimique. Je sors. Malgré la pluie, je trouve l’air infiniment plus respirable que l’intérieur de ce dépotoir.


L’immeuble est pouilleux. Comment peut-on seulement imaginer vivre dans ce taudis. Quatre étages, des fenêtres aveugles, un escalier extérieur où la rouille domine, des tags partout. De la musique bruyante provient de l’intérieur. Enfin quand je dis musique, il serai plus juste de parler de bruit. L’intérieur de l’immeuble confirme l’impression que donne l’extérieur, c’est un squatte. Toutes les portes ont étés arrachés. Quelques ampoules éparses éclairent un couloir lugubre. Je me dirige vers la source des bruits, bien résolu à ne pas regarder par terre et à jeter mes Armani dès mon retour chez moi.
Deuxième étage, un groupe de jeunes, couchés à même le sol, des feuilles mortes, monte la garde devant un appartement. Ils ne bougent pas quand je les enjambe. J’y jette à peine plus d’un coup d’œil, histoire d’être sur de ne pas y voir ma nièce. Le logement est dévasté. Tout ce qui pouvait se démonté l’a été afin de créer une sorte de boîte de nuit. Une platine hurle ses décibels dans un coin, elle tourne seule sans que personne ne s’en soucis. Trois ou quatre zombis se trémoussent en rythme. Un couple fornique dans un coin. Toujours pas d’Honorine. Un type sort des toilettes, costard bas de gamme, lunette de soleil surdimensionnée, crâne rasé avec des motifs, sourire extra blanc, je pense avoir trouver Abel. Il n’a pas le temps de me voir venir qu’il se retrouve collé contre un mur, ses pieds loin du sol. Dans un coin encore serein de mon cerveau je me félicite de tous ces matchs de squashs disputés avec mes collègues de bureaux.
Ses yeux exorbités transpirent de peur. Dieu que j’aime ça. Il tente de parler mais mes poings lui bloquent à la fois le menton et sa respiration.
_Abel ?
Il répondit « oui » d’une petite voix de fillette.
_Où est Honorine ?
J’ai la sensation pendant une seconde de n’être jamais partis de l’ancienne superette, mais l’haleine rance de mon vis-à-vis chasse vite cette impression.
_La pétasse ? je le lève un peu plus haut. Elle est là haut, mec, j’lui est rien fait… il ne finit pas sa phrase. Sans doute est t’il trop occupé à tenter de savoir comment voler avant d’atterrir à l’autre bout de la pièce.
Je vois rouge, ma chère nièce va comprendre de quel bois je me chauffe. Si sa débile de mère n’est pas foutue de se faire obéir, ce n’est pas mon cas. Je montre à l’étage tel un taureau qui charge. Les portes défilent. Rien. Personne. Encore un étage, le dernier, mon coeur cogne trop fort. J’ai mal derrière les yeux, je respire comme à travers un linge humide. Rien non plus. Abel aurait menti ?? Ais-je mal regardé ?? Non ! Il me reste le toit. Vérifié ne coûte rien. Je pousse la porte métallique si violement qu’elle en sort de son huisserie. Le vent me gifle en grand coup d’eau de pluie. Je vois une forme humaine, recroquevillée contre le rebord. La tempête qui s’est levée me masque les détails. Pas le choix, j’avance. Mon imper claque dans mon dos. C’est une femme. Les bourrasques de vent cherchent à me faire tomber. Ses cheveux volent dans tout les sens masquant ses traits. Nouvelle rafale de vent gorgé d’eau, j’ai l’impression d’en prendre un plein seau sur la tête. C’est elle. Elle lève son visage vers moi. Les marbrures et la coloration brune m’en disent plus qu’un long discours. Une terreur sans nom se lit sur son visage de femme-enfant. Je lui parle, mais le vent emporte mes paroles. Je suis obligé de hurler. Je lui fais peur. Elle se dresse brusquement. Elle tente de m’échapper, elle titube. L’attraper, vite, je dois de la ceinturer. Je glisse. Nous basculons par-dessus le parapet.

Nous tourbillonnons dans l’air. Pas le temps de crier, c’est trop tard pour ça. Nous laissons faire. Notre danse ne sera pas longue. Nous ne sommes plus rien, juste deux feuilles mortes emportées par le vent.
Bonne lecture a tous
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Vieux 23/10/2009, 09h45
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@ Ben: Très bon texte, Bien rythmé, tu livre tes info par touche successive est cela fonctionne bien.
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  #15  
Vieux 25/10/2009, 15h38
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Je vous propose un texte qui a deux particularités :

- la 1ère est qu'il ne s'agit pas d'un texte "sur" la drogue, mais plutôt d'un texte "drogué", dont l'argument est surréaliste, qui aurait pu être écrit par quelqu'un de bien "chargé". On peut le prendre ainsi ou comme texte à tonalité fantastico-absurde - je vous laisse juge.

- La 2ème est que c'est un texte dont j'ai eu l'idée il y a au moins vingt ans, mais je n'ai pas rédigé ce que vous allez lire tout seul mais avec mon meilleur ami (que je choisis de nommer ici par son pseudo de l'époque, Andrej Watansky). A cette époque, il était aussi le co-scénariste des Bd que je dessinai, et d'ailleurs, initialement, ce texte devait être illustré (avec d'autres, tous aussi bizarres, dans un recueil que nous avions intitulé SHORT STORIES). Ce projet n'a jamais vu le jour (pour moults raisons...).

J'ajoute qu'il s'agit de la transcription brute du texte qui tient plus du séquencier (en 12 volets) que d'un texte vraiment littéraire, avec une vraie mise en forme.

LA RADIO DEGLINGUEE

1 :

Une matinée d'été. Il est environ 9 h du mat'. Il fait très beau, le soleil entre à flot dans un appart qui n'a rien de spécial. Tout semble profondèment banal. Un type qui vient juste de sortir de son lit. Il fait chaud, il n'est vêtu ue d'un caleçon. Le type mesure dans les 1m 75, il est plutôt longiligne. Pas très balèze. Donnons-lui dans les 25-35 ans. Il a l'air jeune en tout cas (pas tout à fait comme Michael J. Fox quand même, n'exagérons pas !). Cheveux châtains clairs ébouriffés, en bataille. Il a de la barbe sur le visage. Il est seul sur le seuil de sa chambre, prêt à traverser l'appart pour se rendre à la cuisine. De la main droite, il tient le mur de sa chambre tandis que de la main gauche il se gratte la nuque. Il bâille.

2 :

Gros plan sur le visage du "héros". Il ne bâille plus. Il n'est ni beau ni laid. Il a une bonne tête, à la Bruce Willis (un Bruce Willis pas rasé, mais je crois que ça existe !). Il a cependant le visage un peu moins rond. Il a encore les yeux collés après une bonne nuit de sommeil. Il est encore un peu dans le coltard. On est toujours complètement abruti après une bonne nuit de sommeil (parfois on est abruti toute sa vie !). Toujours est-il que Mr X. promène sa main droite dans sa barbe d'une nuit.

3 :

Gros plan sur une casserole de café noir qui chauffe sur un gaz. La cuisinière est standard (d'ailleurs on n'en voit que les brûleurs). La casserole est petite. Il ne chauffe du café que pour une personne, qui n'en boira qu'une tasse. (En parlant de café, as-tu "Un thé au Sahara" ?)

4 :

Plan moyen. Notre héros se verse du café dans une tasse. 3-4 toasts fument dans une sorte de présentoir à toasts. Sur la table, une radio de modèle tout à fait ordinaire, même un peu démodé. Une radio normale quoi. Notre héros anonyme (héros sans emploi, comme dirait Gaston Lagaffe) tourne le bouton de sa radio. Inutile de représenter ce qui en sort, une parole du personnage suffit :

- Merde, Elton John !

Notre personnage change de fréquence :

- "Rubrique horoscope présentée par Judy Shorter - 'ctoire des Mets sur les Giants par 3 à 1 - de notre programme jazz avec "Mood Indigo" de Duke Ellington"

Super ! Mr X. mange ses toasts, engloutit son café, le poste de radio face à lui, "Mood indigo" en fond sonore.

5 :

Tout à coup : "KZCHH !" dans la radio. Notre héros se rue sur son récepteur radio qui reste coi. Assez furax, il s'exclame :

- Hé ho ! En plein Duke Ellington !

Il examine le poste, qu'il tient dans ses mains, sous toutes les coutures. Il tourne le bouton de modulation de fréquence : silence radio. Il donne des coups : rien. Tout d'un coup, une voix sort du poste :

- "Prenez votre voiture et roulez jusqu'à ce vous n'ayez plus d'essence. Je répéte : prenez votre voiture. Roulez jusqu'à ce que vous n'ayez plus d'essence."

Mr X. se lève, regarde sa montre : 9h 37. Air dubitatif. Haussement d'épaules, air du type qui n'a rien d'autre à faire. Il dit :

- 'près tout, pourquoi pas ?

6 :

Notre type qui sort en trombe d'un immeuble. Il a le poste de radio à la main. La journée est belle, ensoleillée : il fait chaud, il fera chaud. Chaude journée, donc habillement léger et frais pour le héros : dans les tons gris, un ensemble chemise-futal plutôt chicos. pour le style, un croisement de David Lynch et de Paul le saxophoniste (Lynch pour le côté classe, Paul pour le côté négligé - le col boutonné de Lynch me paraît trop personnel et formel).
La voiture de notre héros est garée à deux bagnoles de l'entrée de son immeuble. Sa voiture : une Dodge Omni America (la réplique US de la Talbot Horizon). Sa voiture est usagée, un peu déglinguée. Devant, derrière, partout.
Notre héros monte dans sa caisse, met la radio sur le siège passager à sa droite. Coup d'oeil à la jauge d'essence. Elle n'est pas pleine - tout au plus une centaine de bornes. C'est d'ailleurs la réflexion que se fait le héros :

- A vue d'nez, ça nous f'ra une centaine de bornes."

Clé de contact, démarrage. Commentaire du héros :

- Go west, young man !

7 :

Plan de profil du héros, dans sa voiture. Visage tendu, attentif.
Off :

- "Anticipant les croisements, la radio donne ses ordres : à gauche, tout droit, à gauche, à droite... L'itinéraire semble choisi au hasard, mais la voix de la radio est précise et impérieuse. Une fois sorti de la ville, la radio se tait. La route est droite et semble mener à l'horizon."

8 :

Le décor est simple : une route droite qui coupe le désert en deux. Le désert : des cailloux, du sable, de rares cactus. Pas de grands massifs montagneux, rocheux, rongés par l'érosion pour attirer l'oeil. Sur la route, une seule voiture : celle de notre héros.

9 :

L'intérieur de la voiture. Coup d'oeil sur la jauge d'essence : c'est vide, la réserve de sécurité est bien entamée. Le héros :

- Ah, ça tousse ! C'est la fin du voyage !

Il chante :

- "This is the end / My only friend / The end..."

10 :

La Dodge, arrêtée sur le bas-côté d'une route en plein désert. Le mec est dehors, adossé à la portière conducteur de la bagnole. Pose à la Lee Marvin (une sacrée dégaine !). Il grille une clope. Simple trait de plume pour symboliser la fumée. Le mec de profil. On le voit en entier.

Un blanc.

11 :

Deux bonhommes dans une vieille camionnette US : notre héros anonyme avec sa radio et une sorte de vieux plouc dans les 65-75 balais, la gueule burinée, le poil raide. Il doit se ravager à la mauvaise gnôle. Visiblement, il l'a pris en stop.
Le vieux :

- Heureusement qu'j'passai par là sinon... T'aurais fait un beau steak pour les vautours ! Au fait, qu'est-ce que tu foutais là, planté en plein désert ?

Le mec :

- J'sais pas... J'crois que j'ai entendu des voix...

Le vieux :

- Et pourquoi qu't'as amené ta radio ?

12 :

Gros plan sur une radio déglinguée, éventrée, qui a laissé partir ses piles. Elle gît lamentablement sur la route qui traverse le désert. Quelqu'un l'a probablement jetée d'une voiture...
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