Précédent   Buzz Comics, le champion du monde des forums comics ** > > Moovies, Télé & Jeux vidéo > Moovies

Réponse
 
Outils de la discussion Modes d'affichage
  #18196  
Vieux 19/06/2018, 14h17
Avatar de Samo
Samo Samo est déconnecté
Casual Daddy
 
Date d'inscription: décembre 2004
Messages: 14 898
Samo mange des frites avec Moule BoySamo mange des frites avec Moule BoySamo mange des frites avec Moule BoySamo mange des frites avec Moule BoySamo mange des frites avec Moule BoySamo mange des frites avec Moule BoySamo mange des frites avec Moule BoySamo mange des frites avec Moule BoySamo mange des frites avec Moule BoySamo mange des frites avec Moule BoySamo mange des frites avec Moule Boy
Ouf !
Réponse avec citation
  #18197  
Vieux 23/06/2018, 07h28
Avatar de gillesC
gillesC gillesC est déconnecté
Kennedy outillé
 
Date d'inscription: octobre 2003
Localisation: Son Pellier.
Messages: 47 770
gillesC collectionne les photos dédicacées de FatalisgillesC collectionne les photos dédicacées de FatalisgillesC collectionne les photos dédicacées de FatalisgillesC collectionne les photos dédicacées de FatalisgillesC collectionne les photos dédicacées de FatalisgillesC collectionne les photos dédicacées de FatalisgillesC collectionne les photos dédicacées de FatalisgillesC collectionne les photos dédicacées de FatalisgillesC collectionne les photos dédicacées de FatalisgillesC collectionne les photos dédicacées de FatalisgillesC collectionne les photos dédicacées de Fatalis
Ok.

Dans le genre épouvante mini-minimaliste, Sans un bruit est donc assez proche d'un petit chef-d'oeuvre (mais sans l'atteindre).
Réponse avec citation
  #18198  
Vieux 30/06/2018, 17h48
Avatar de Soutch
Soutch Soutch est déconnecté
Troll zombie
 
Date d'inscription: février 2011
Localisation: Comté du Chaos
Messages: 821
Soutch joue à l'Homme-Taupe dans son jardinSoutch joue à l'Homme-Taupe dans son jardinSoutch joue à l'Homme-Taupe dans son jardinSoutch joue à l'Homme-Taupe dans son jardinSoutch joue à l'Homme-Taupe dans son jardinSoutch joue à l'Homme-Taupe dans son jardinSoutch joue à l'Homme-Taupe dans son jardinSoutch joue à l'Homme-Taupe dans son jardinSoutch joue à l'Homme-Taupe dans son jardinSoutch joue à l'Homme-Taupe dans son jardinSoutch joue à l'Homme-Taupe dans son jardin
Sortie en avance en Belgique des Indestructibles 2 avec encore Brad Bird aux commandes. C'est toujours aussi bon. Le film est riche en péripéties super-héroïques mais aussi dans la vie civile de la famille Parr. C'est moins sombre que le précédent film. Les graphisme ont été améliorés. Le garçon sur lequel craquait Violet est même devenu un beau gosse.

Les personnes sujettes à l'épilepsie devront malheureusement éviter de le voir car il y a une ou deux scènes qui peuvent faire mal aux yeux.

Le court-métrage Bao est sympa. Ce qui m'a un peu inquiété au début, c'est qu'il y avait des sous-titres. La plupart étaient des points de suspension. C'est un court-métrage muet...
Réponse avec citation
  #18199  
Vieux 02/07/2018, 09h51
Avatar de bukowski
bukowski bukowski est déconnecté
Up and Dawn !
 
Date d'inscription: juin 2009
Localisation: Ain
Messages: 3 566
bukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkman
Quelqu'un sait quand Arte va diffuser Coin Coin et les z'inhumains, la suite de P'tit Quinquin de Bruno Dumont ?
__________________
Venez chez Markus les lyonnais !

https://www.facebook.com/tempslivres/?ref=page_internal
Réponse avec citation
  #18200  
Vieux 10/07/2018, 15h30
Avatar de wildcard
wildcard wildcard est déconnecté
Hawkguy
 
Date d'inscription: février 2009
Localisation: Chez moi
Messages: 11 538
wildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Miller
Le Grand Jeu, sorti en salles l'an dernier, est un excellent aperçu de film où l'actrice que le cinéaste met en valeur étincelle tant qu'on ne voit qu'elle, qu'elle fait sien le long métrage : Aaron Sorkin laisse donc Jessica Chastain le déposséder de son oeuvre, mais de son plein gré tant il la filme avec amour et lui donne un rôle taillé pour qu'elle hypnotise le spectateur. Presque de quoi oublier qu'il s'agit de l'adaptation d'une histoire vraie...


Il y a, disons, vingt ans, Le Grand Jeu aurait été réalisé par Steven Soderbergh avec Julia Roberts dans le rôle de Molly Bloom. Un parfait véhicule pour la star d'Erin Brokovich. Aujourd'hui, la vraie Molly Bloom a vendu son histoire assez chère pour imposer Jessica Chastain comme celle qu'elle souhaitait la voir l'incarner sur grand écran.

Aaron Sorkin, le scénariste de séries comme A la Maison-Blanche et de films comme The Social Network (de David Fincher, sur la vie de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook), a d'abord été engagé pour rédiger le script avant de gagner le droit de le mettre en image. Un privilège somme toute logique tant le matériau ressemble à ce qu'il préfère : un destin hors du commun, un portrait avec ses étapes essentielles - l'ascension, la chute, la rédemption - , même si Molly Bloom n'a rien de commun avec le génie d'un Steve Jobs (qu'il a croqué pour le film éponyme de Danny Boyle) ou la noblesse du héros du Stratège (de Bennett Miller).

Mais c'est peut-être ce qui l'a intéressé chez cette femme vorace, revancharde, à la fois classe et vulgaire, sexy et très intelligente : sonder la personnalité d'une championne de ski dans une famille de prodiges, dirigée d'une main de fer par un père pourtant psychologue (mais mari infidèle), dont la carrière s'est stoppée nette après avoir frôlé la mort, et qui a du se réinventer en pénétrant un milieu vénéneux. Molly Bloom, c'est d'abord cela : une formidable machine, capable de s'adapter, de rebondir, arc-boutée sur une étonnante intégrité qui la motive pour refuser de dénoncer ses anciens clients, quitte à risquer la prison.

Le film a quelque chose de vibrionnant, d'enivrant : Sorkin nous bombarde d'infos à toute vitesse, dont on ne comprend pas le quart, mais qui rappelle le cinéma de Scorsese, avec une narration effrénée, qui vous submerge, ne vous laisse pas le temps de respirer. Il s'agit moins ici d'intégrer les subtilités du poker, des paris, du système judiciaire américain, que d'en ressentir l'intensité, la force en marche, et de voir comment Molly Bloom ne s'y noie pas. Contrairement à nous, elle en assimile les finesses, en détecte les failles, apprend à surmonter les obstacles, tombe pour se relever aussitôt, se refait en un éclair. Cette héroïne ambiguë manque de sombrer dans la dépression après son échec californien mais sa colère d'avoir été jouée prend le dessus et c'est ce qui la sauve.

Quand la justice la rattrape, elle s'appuie sur un avocat qui possède la même détermination, la même science du calcul, mais plus raisonnable qu'elle : leur relation est une autre partie qui s'engage, à qui persuadera l'autre de passer un tour ou de lâcher des infos. Le face-à-face imposait un acteur capable de faire le poids face à Jessica Chastain et Idris Elba en impose avec élégance. Les dialogues logorrhéiques de Sorkin sont dits à une vitesse folle, s'inspirant de la technique d'un Howard Hawks quand il dirigeait Cary Grant et Rosalind Russell dans La Dame du Vendredi avec comme seule indication de jeu : "Faster !" ("Plus vite !").

Parfois le scénariste-cinéaste se loupe un peu, comme lorsqu'il tente une scène acrobatique de réconciliation psychanalytique express entre Larry Bloom (joué excellemment par Kevin Costner) et sa fille, tentant d'expliquer les choix de la jeune femme. Mais le contraste entre le style posé, tranquille, naturellement charismatique de Costner, et la fébrilité de Chastain rattrape tout et offre une scène mémorable.


Mais qu'on ne s'y trompe pas, Jessica Chastain règne seule sur ce biopic tout en aller-retour entre passé et présent, côtes Ouest et Est, enfance et âge adulte, up et down. Elle irradie de sensualité (et Sorkin n'en perd pas une miette) puis semble au bord de se fissurer, elle est tantôt la "version Cinémax" de Molly Bloom, trop bling-bling, et une petite fille élevée dans le culte de la gagne qui se fracasse sur une piste de ski ou contre le FBI. Une partition pareille exige une actrice qui ne s'économise pas et on en a pour son argent. Elle a d'ailleurs reçu le Golden Globe de la meilleure actrice dramatique pour ce rôle.

A 41 ans, le règne n'est pas près de s'achever pour cette militante des droits des femmes, productrice, star, dans une tranche d'âge où elle n'a pas vraiment de concurrente. Pas de doute, elle peut sortir le grand jeu car elle a les bonnes cartes.
Réponse avec citation
  #18201  
Vieux 14/07/2018, 15h40
Avatar de wildcard
wildcard wildcard est déconnecté
Hawkguy
 
Date d'inscription: février 2009
Localisation: Chez moi
Messages: 11 538
wildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Miller
Sorti en Janvier dernier, Le Retour du Héros marquait les retrouvailles entre le réalisateur Laurent Tirard et son acteur d'Un Homme à la hauteur (2016), Jean Dujardin. Hélas ! Encore une fois, le public ne s'est pas déplacé en masse alors que la critique était plutôt clémente. Peut-être faut-il chercher du côté de la manière dont on a été promu le film les raisons de cet échec injuste...


Lorsque Jean Dujardin et Mélanie Laurent étaient invités sur les plateaux de télé en Janvier dernier pour la sortie du film, on sentait qu'ils marchaient sur des oeufs pour convaincre le public d'aller voir Le Retour du Héros, racontant les difficultés rencontrés pour financer le projet car les investisseurs ne croyaient pas à la rentabilité d'une comédie en costumes d'époque. Les deux acteurs s'efforçaient alors de situer cette production dans la lignée d'oeuvres prestigieuses à succès comme Cartouche ou Les Mariés de l'An II.

Ces références, écrasantes, étaient citées de façon maladroite, et d'ailleurs certains critiques l'ont souligné. En effet, si le film de Laurent Tirard a ses qualités, il diffère des divertissements de Philippe de Broca et Jean-Paul Rappeneau en cela qu'il ne s'inscrit pas dans le même genre (le film de cape et d'épée). On peut comprendre que les gens qui sont allés en salles en soient sortis décontenancés puisque le programme n'était pas celui qu'on leur avait vendu.

L'échec commercial du long métrage n'a donc pas atteint seulement ceux qui l'ont fait mais va certainement impacter d'autres films ambitionnant des histoires dans le même cadre. C'est très dommage, surtout dans le paysage déjà peu enthousiasmant du cinéma hexagonal qui se cantonne à de la comédie populaire bas de gamme, qui, elle-même, ne fait plus tellement recette.

Le scénario de Tirard et Grégoire Vigneron joue une autre partition mais qui ne manque pas d'attrait. Le Retour du Héros est finalement plus une réflexion savoureusement malicieuse sur l'art de la fiction et l'interprétation qu'un film d'aventures trépidant où Dujardin remplacerait Belmondo et Mélanie Laurent, Claudia Cardinale ou Marlène Jobert. Comme dans Un Homme à la hauteur, le réalisateur préfère risquer de déjouer les attentes en s'amusant des caprices de la création, entre l'auteur et sa muse.

Elisabeth Beaugrand agit avec les meilleures intentions du monde lorsqu'elle rédige les lettres destinées à sa soeur désespérée par l'oublieux capitaine à qui elle voue un amour inconditionnel. En en faisant une créature fantasmatique et surhumaine, elle s'amuse autant qu'elle guérit Pauline. Mais lorsqu'elle devine qu'elle est allée trop loin dans la fiction et estime que Neuville ne reviendra pas, elle le tue.

En le voyant resurgir et s'imposer, la jeune femme doit composer avec sa présence et, pendant un temps, elle et le capitaine font équipe car ils y trouvent chacun leur intérêt : elle est flattée de voir le héros qu'elle a imaginé divertir aussi bien l'auditoire, il jouit de la réputation extraordinaire qu'il a gagnée par la prose de son ex-belle soeur. Mais les choses déraillent bien entendu : Neuville en rajoute et irrite Elisabeth qui tient à l'intégrité de son oeuvre mais aussi à celle de sa soeur, sur le point de succomber à nouveau au charme de son premier amour.

Le partenariat explose et la guerre entre la créatrice et sa créature commence. Le film décolle vraiment et brille par ses dialogues ciselés, ses situations vraiment drôles, sa mise en scène alerte. Le charme canaille de Jean Dujardin et le tempérament enlevé de Mélanie Laurent font mouche, l'alchimie entre les deux acteurs est totale et leur plaisir de jouer ensemble, sur un rythme endiablé, est communicatif. On n'en attendait pas moins de Dujardin, qui s'est fait une spécialité des personnages aussi suffisants que veules et volontiers idiots, tandis que Mélanie Laurent étonne et épate dans ce registre comique inédit pour elle et qu'elle maîtrise pourtant totalement. Elle rayonne littéralement, sans en rajouter surtout, et vole la vedette à son partenaire.


Les seconds rôles sont assumés par des comédiens parfaitement choisis, comme Noémie Merlant (merveilleuse en amoureuse aveuglée), Christophe Montenez (fabuleux en faux nigaud), et le duo Evelyne Buyle-Christian Bujier (dans la peau des parents Beaugrand sous le charme du filou).

Certes, vers la toute fin, le film s'emballe un peu avec l'arrivée opportune des cosaques et verse dans un grand spectacle vite expédié pour prouver que le héros est capable d'être vraiment brave, mais la fin est exquise. Le couple de tendres ennemis s'aime enfin avant d'être séparé précocement puis que Neuville retombe dans ses travers.

Laurent Tirard emballe tout ça en 90 minutes et cette concision l'honore quand tant de films sont trop longs pour rien. C'est vraiment dommage que son entreprise n'ait pas fonctionné - pour son sens du casting, son art du récit (au propre comme au figuré) et le soin de la reconstitution (le film porte bien ses costumes). Espérons pour le réalisateur que cela ne sonne pas le glas de ses ambitions et que, s'il remet une troisième fois le couvert avec Jean Dujardin, le succès soit au rendez-vous. Mélanie Laurent, elle, a repris sa casquette de metteur en scène (pour son premier opus américain, Galveston, à sortir à l'Automne prochain).
Réponse avec citation
  #18202  
Vieux 14/07/2018, 18h45
Avatar de bukowski
bukowski bukowski est déconnecté
Up and Dawn !
 
Date d'inscription: juin 2009
Localisation: Ain
Messages: 3 566
bukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkmanbukowski fait l'amour comme Hawkman
Cool, Alexandre Astier remet le couvert ! Un nouvel Astérix sortira le 5 Décembre :
https://www.youtube.com/watch?v=UarJ0l27dGI
__________________
Venez chez Markus les lyonnais !

https://www.facebook.com/tempslivres/?ref=page_internal
Réponse avec citation
  #18203  
Vieux 16/07/2018, 15h28
Avatar de wildcard
wildcard wildcard est déconnecté
Hawkguy
 
Date d'inscription: février 2009
Localisation: Chez moi
Messages: 11 538
wildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Millerwildcard trinque avec Frank Miller
Après s'être fait remarqué en 2006 avec Le Dernier Roi d'Ecosse, Kevin MacDonald signait en 2013 ce petit film qu'est How I Live Now, adapté du roman éponyme de Meg Rosoff. Petit mais pas sans ambition puisqu'il aborde le thème d'une troisième guerre mondiale déclenchée par des terroristes vue par un groupe d'adolescents en Angleterre. Et ce traitement intimiste aboutit à une histoire aussi intense que poignante.


How I Live Now n'est pas un film qui se donne facilement, il faut le laisser vous conquérir et son émotion vous étreindre. Kevin MacDonald débute par une suite de scènes déconcertantes au centre desquelles on suit son héroïne, Daisy, par ailleurs peu aimable : outrageusement maquillée, sur la défensive, obsédée par son hygiène et dédaigneuse avec ses cousins de la campagne, heureusement qu'elle est incarnée par Saoirse Ronan sinon on redouterait de poursuivre ce récit en sa compagnie.

Quand elle débarque à l'aéroport d'Heathrow, l'armée quadrille la zone et les télés transmettent des images d'explosions terroristes inquiétantes qui contrastent avec le maniérisme de cette adolescente névrosée qui est là contre son gré. Pourtant, le réalisateur n'insiste pas sur cet arrière-plan dramatique et nous entraîne dans une aventure bucolique opposant caricaturalement des enfants vivant innocemment dans la nature avec cette jeune citadine boudeuse. Tout au plus la tante Penn rappelle-t-elle que la situation est tendue avec sur l'écran de son ordinateur d'inquiétants graphiques sur la mortalité et des coups de fil angoissants.

Mais quand elle s'absente (sans qu'on la revoit ensuite), la légèreté reprend ses droits, avec un zeste de romance entre l'ombrageux Eddie et Daisy, qui commence à s'adoucir, attirée manifestement par son mystérieux cousin, amusée par le facétieux Isaac et attendrie par la petite Piper.

Tout cela bascule lors d'une scène sublime et tragique où MacDonald fait beaucoup avec très peu : les enfants piquent-niquent lorsqu'une explosion retentit. Soudain de la neige tombe sur le pré où ils se trouvent. sauf que ce ne sont pas des flocons blancs mais gris. De la cendre. Plus tard, ils apprennent à la radio qu'une bombe atomique a détruit Londres... How I Live Now voit son titre soudain justifié : plus rien ne sera comme avant, le groupe de héros va devoir vivre après la fin d'un monde.


Dans un premier temps, le scénario imagine une existence encore insouciante dans une grange. Mais la réalité rattrape vite ces mini-Robinsons quand l'armée les déloge à l'aube et les sépare. Le film suit alors Daisy et Piper, d'abord confiées à un couple d'étrangers puis fuguant pour rejoindre leur refuge au cours d'un long et cauchemardesque voyage.

Tout cela est admirablement capté et on vibre avec les deux filles, dont l'une est encore une enfant qui ne comprend pas ce qui se passe et l'autre qui doit tour à tour la ménager, la préserver et l'endurcir. Le périple est ponctué de moments chocs (un viol collectif, la découverte d'une caserne où a eu lieu un carnage, la rencontre avec deux chasseurs visiblement mal intentionnés), qui sont amplifiés par le contexte. La violence est soulignée par la jeunesse des protagonistes qui doivent survivre dans une nature immense, en évitant les pièges (l'eau des rivières est-elle contaminée ?), en s'orientant difficilement, en parcourant des km jusqu'à l'épuisement. Les images sont saisissantes, parfois fulgurantes, mais MacDonald évite toute complaisance, qu'il s'agisse de la scène du viol ou de celle où Daisy et Piper traversent les débris d'un avion qui s'est crashé.

Il flotte dans How I Live Now une ambiance discrètement fantastique aussi qui permet de croire que ces deux petits chaperons rouges dans la lande anglaise retrouvent finalement leur maison grâce à l'aigle soigné par Eddie, puis Eddie lui-même grâce aux aboiements d'un chien. Le lien quasiment mystique qu'entretient ce dernier avec les animaux fait passer ces providences et offre au film un dénouement heureux même s'il n'occulte pas les traumatismes subis (la mort d'Isaac, les supplices endurés par Eddie).

Saoirse Ronan est époustouflante dans son rôle, aussi exécrable au début que vaillante par la suite : son teint de porcelaine, ses grands yeux bleus, sa silhouette fragile, son jeu d'une finesse épatante compose un personnage mémorable qui n'est plus le même à la fin. Elle est accompagnée par la toute jeune Harley Bird, bluffante en gamine ballottée par des événements qui la dépassent, à elle seule un résumé de l'histoire. Tom Holland (bien avant qu'il ne devienne le nouveau Spider-Man) n'a pas besoin de beaucoup de scènes pour s'imposer. Et George MacKay est bouleversant dans la peau d'Eddie, cet écorché vif abîmé par les hommes alors qu'il ne faisait pratiquement qu'un avec la nature et les bêtes.

La poésie que dégage le film l'emporte sur ses horreurs et l'émotion finale vous emporte très haut, sans violons. Magnifique.
Réponse avec citation
Réponse

Tags
cinéma

Outils de la discussion
Modes d'affichage

Règles de messages
Vous ne pouvez pas créer de nouvelles discussions
Vous ne pouvez pas envoyer des réponses
Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
Vous ne pouvez pas modifier vos messages

Les balises BB sont activées : oui
Les smileys sont activés : oui
La balise [IMG] est activée : oui
Le code HTML peut être employé : non

Navigation rapide

Discussions similaires
Discussion Auteur Forum Réponses Dernier message
News Ciné Diverses... Un thrace globalement global. Mast Moovies 1401 31/05/2018 18h08
Pin-Up Ciné, télé , bédé et autres wallyvega A vos crayons !! 100 14/02/2018 19h40
20th Century Boys (Naoki Urasawa): La Trilogy ciné DaredeFlo Moovies 11 22/01/2009 12h46
Dédicace à Fredmanson : Judge Dredd de retour au ciné !!! Rey Prichou Moovies 11 08/01/2009 21h01
Une recherche de film ciné pour changer... KING MOB Moovies 8 30/05/2008 21h42


Fuseau horaire GMT +2. Il est actuellement 19h04.


Powered by vBulletin® Version 3.8.3
Copyright ©2000 - 2018, Jelsoft Enterprises Ltd.
Version française #20 par l'association vBulletin francophone
Skin Design et Logos By Fredeur
Buzz Comics : le forum comics n°1 en France !