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Vieux 28/10/2008, 00h02
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Durton change la caisse du Fauve
DC Les comics Superman entre 2000 et 2003: une chronique du Superman Cartoon

Salut les aminches, voici un petit dossier sur une période de Superman que j’ai particulièrement apprécié en son temps. C’était pour moi le début de la lecture régulière de comics en version originale, en même temps que les New XMen de Morrison. C’était la belle époque…
Enfin bref. Certains pourraient peut être s’en souvenir, je l’avais publié par épisodes dans le Guild Mag, un webzine créé par des gens du forum d’en face à l’époque, et qui perdure désormais sur forumverse.info. Je l’ai relu dernièrement et j’ai pensé vous en faire profiter. Je l’ai actualisé vu qu’il a été publié courant 2004. Enjoy !




Il y a huit ans déjà, les séries Superman ont fait parler d’elles à l’occasion d’un remaniement éditorial audacieux. En effet, fin 1999, le big boss de DC, voyant que les séries Superman ne se vendent plus vraiment, décide de ne plus conserver l’équipe en place. Joey Cavalieri, l’éditeur d’alors est débarqué et est remplacé par un petit nouveau qui monte, Eddie Berganza. Les auteurs qui étaient en place depuis une dizaine d’années (depuis la fameuse ‘mort’ de Superman), Dan Jurgens et Louise Simonson, sont aussitôt remplacés par des scénaristes plus dans l’air du temps, Jeph Loeb tout frais sorti de Superman For All Seasons avec Tim Sale qui raconte les premières aventures de notre héros sous un point de vue différent, et, plus étonnant, le scribe Joe Kelly, connu pour avoir été un poulain de l’écurie Marvel, avec des séries comme Deadpool et X-Men.
Ce remaniement scénaristique est aussitôt suivi d’une petite révolution artistique, c’est l’occasion de voir des nouvelles têtes, des dessinateurs auxquels on n’aurait jamais pensé pour dessiner la courgette bleue. Ainsi, Ed Mc Guinness, dessinateur au style cartoon rejoint Jeph Loeb sur Superman, et German (prononcer Herman) Garcia prend les rênes artistiques d’Action Comics avec Joe Kelly. C’est aussi l’occasion de voir une amélioration dans les couleurs, Wildstorm FX s’occupant désormais de tous les titres.
Entre fin 1999 et début 2004, on peut compter quatre grandes phases dans l’évolution des titres estampillés Superman. Tout d’abord, entre octobre 1999 et décembre 2000, une phase d’essai, où tous les auteurs font joujou avec leur nouveau jouet, voient ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas faire, il y aura quelques ratés. Ensuite entre janvier 2001 et août 2001, on peut remarquer qu’ayant pris leurs marques, les auteurs remanient de fond en comble les origines de notre héros et remettent en cause le statut quo notamment avec l’évènement de 2001,‘Our Worlds At War’. Entre septembre 2001 et décembre 2002, on peut remarquer que les auteurs commencent à développer des arcs indépendants des autres séries, on y voit Superman vivre les conséquences d’OWAW. Enfin, entre début 2003 et début 2004, on sent vraiment que les auteurs en place sont sur le départ, c’est l’occasion pour eux de s’amuser avec Big Blue tant qu’il est encore temps, les séries sont complètement indépendantes les unes des autres et préparent le terrain pour l’arc For Tomorrow de Jim Lee et Brian Azzarello…
Ce dossier sera logiquement divisé en quatre parties, et je m’attacherai non pas à faire un résumé épisode par épisode (il y a plus de 200 comics estampillés Superman sortis pendant la période donnée, ça fait un petit peu beaucoup), mais plutôt à voir les grandes évolutions, les évènements marquants, les épisodes intéressants. C’est également l’occasion de dresser un petit bilan après quatre ans de lecture avant que les ramifications d’Infinite Crisis me fasse complètement abandonner ces titres.

Superman en 2000 : un passage dans le ‘nouveau millénaire’ fort en rebondissements

Les nouvelles équipes créatives de Berganza prennent leurs marques deux mois avant le fatidique passage à l’an 2000. C’est l’occasion de préparer un grand coup dans l’univers de Superman.
Superman dispose de quatre séries régulières pour pouvoir s’exprimer : Superman, Adventures of Superman, Superman Man of Steel et Superman in Action Comics. Chaque série a son ‘ton’.

Superman est la série où tout se passe, c’est ici que Jeph Loeb (Batman) et Ed Mc Guinness (Deadpool, Hulk) officient. Des tonnes de guests, des situations ‘larger than life’. C’est vraiment un titre d’appel, qui donne envie de lire les autres titres de la gamme. Ici Jeph Loeb utilise le même procédé narratif que dans Superman For All Seasons, c'est-à-dire, des captions racontant une histoire vu du point de vue d’un des personnages, tandis que l’histoire continue en elle-même.Mis à part les fill-ins, Jeph Loeb et Ed Mc Guinness resteront sur Superman jusqu’en juin 2002.

Adventures of Superman est le titre qui a le plus subi de changements d’auteurs en 2000. Tout d’abord, c’est Stuart Immonen (Action Comics, Nextwave) au scénario et Mark Millar (Authority, Ultimates) aux dialogues qui s’en chargent. Puis peu après, re-changement, c’est tout compte fait J.M De Matteis (Justice League, Spectacular Spiderman) qui reprend les rênes. Il laissera sa place en 2001 à Joe Casey (Wildcats, Uncanny XMen). Pour ce qui est des dessinateurs, c’est encore plus la foire. C’est une succession de fill-ins jusqu’à l’arrivée de Mike Miller pour six numéros. Adventures of Superman s’attache plus à ce qui se passe dans Metropolis, notamment dans l’arc Soul of the City sorti fin 2000. Personnellement, je trouve que la force de cette série réside dans ses dialogues, Millar et De Matteis étant bons pour ça...

Superman Man Of Steel, écrite par Mark Schultz (Cadillac and Dinosaurs) et Doug Mahnke (Major Bummer, JLA, Batman) est la série la plus ‘technologique’, celle qui deale le plus avec l’héritage kryptonien. Bien, malgré tout, cette série bien que sympa est à mon goût la plus impersonnelle. Au fil des épisodes, on ne sent pas la pâte de Schultz. Donc on se contentera des magnifiques planches de Mahnke, et c’est déjà ça…

Enfin, last but not least, LE titre historique, Action Comics, avec au scénario Joe Kelly (Deadpool, XMen) et aux dessins German Garcia (XMen). C’est un titre vraiment sympa, Joe Kelly tout frais sorti de chez Marvel apporte sa verve et un nouveau souffle sur Action. C’est funny, rythmé. C’est un concentré d’action quoi. Les dessins sont corrects (par rapport à ce que Garcia avait fait chez Marvel), et il va vite être remplacé par Kano, autre hispanique qui, bien qu’ayant à peu près le même style, est un poil meilleur.

Les équipes créatives constituées, que va-t-il se passer dans la vie de Superman ?
On peut le dire, l’an 2000, ça ne va pas être une partie de plaisir… Après quelques épisodes tour de chauffe, comme dans Superman 151 à 153 par Loeb et Mike McKone qui est un prologue à Our Worlds at War, arrive le premier gros changement, Metropolis se transforme dans Superman Y2K (Superman ‘an 2000’ ça fait super hype de dire Y2K). Avant, Metropolis ressemblait à une grosse mégalopole quelconque des Etats-Unis d’Amérique comme New York ou Chicago. Désormais, à cause d’un virus ramené par Brainiac 13, elle se change en cité ultra futuriste. C’est une volonté éditoriale de faire de la Metropolis du comic book la même que celle du dessin animé qui passait encore à l’époque. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si tous les artistes choisis ont une approche cartoon…

Clark Kent n’a pas le temps de respirer, Lois devient de plus en plus distante. En fait ce n’était pas elle, mais le parasite, s’en suit une recherche de Lois (Search for Lois) qui sera immédiatement suivi par Critical Condition. Dans ce crossover (bien oui, l’histoire se déroule sur chaque série Superman, comme d’habitude quoi…), Superman est contaminé par un cancer kryptonien, et la Team Superman (Steel, Superboy, Supergirl) est envoyée dans le corps de Supes dans un remake de l’Aventure Intérieure (pitoyable)…
On peut se dire que l’année va finir pépère… et bien non ! En juillet débute Superman Arkham, un arc se déroulant sur une terre loufoque où Superman est ici un criminel, c’est l’occasion de voir une version déformée de tout l’univers DC. Perso, j’ai bien aimé. C’était peut être un peu confus mais vraiment fun à lire.

Enfin, comme dans la ‘vraie’ vie, les élections présidentielles ont lieu. Et Lex Luthor se présente, avec Pete Ross, l’ami d’enfance de Clark Kent, briguant le poste de vice président (et comme cela va être répéter trois ou quatre fois durant le run de Jeph Loeb, le vice président est à un battement de cœur du bureau ovale). Devinez qui va gagner ? C’est un plot intéressant, puisque la pire ordure brise le rêve américain du héros…

Pour ceux qui ne pourraient lire tout ce qui est sorti en 2000, je vous propose juste deux comics qui pour moi sont les meilleurs de cette année. C’est Action Comics 761 et Action Comics 766.
Ces deux épisodes sont de Joe Kelly, dessinés par German Garcia pour le 761 puis par Cary Nord pour le 766. Ce sont deux teams up. L’un avec Wonder Woman, l’autre avec Batman.
Dans le 761, Superman et Wonder Woman sont coincés pendant 1000 ans, le temps de Ragnarok, pour aider Thor à vaincre les forces du mal. 1000 ans, ça fait beaucoup, et ça travaille un peu Wonder Woman… Episode très intéressant, qui dépoussière la relation entre ces deux bigs guns.
Dans le 766, Superman et Batman sont à la recherche de Lois, kidnappée par le parasite. Dans le même temps, Superman a le cancer de la kryptonite (il a été infecté par un virus à base de cette substance mortelle, pas cool) et malgré sa faiblesse, il donne tout pour retrouver son amour. Encore une fois, Joe Kelly fait mouche et la relation Batman/ Superman est très bien définie (peut être même mieux que Superman/ Batman par Jeph Loeb et Ed Mc Guinness…). C’est ici l’occasion de montrer les différences de méthode entre Clark et Bruce, et puis montrer au fond qu’ils ne sont pas si différents que ça. Cela reste très basique, mais c’est bien fait.

Cela a été une bonne année pour Superman, nouveaux auteurs, nouvel environnement, nouveau statu quo. Superman a retrouvé son souffle, il était temps.

Superman en 2001: leurs mondes en guerre, notre monde sous un trop gros crossover…

Nous avions quitté Superman à l’annonce de Lex Luthor comme président des Etats-Unis d’Amérique. C’est la première fois que DC utilise un président fictif, et, coup du sort, qui est annoncé bien avant le «vrai» président (avec les problèmes de recompte en Floride). Donc Lex Luthor arrive, et première chose qu’il fait, c’est de peindre toute la maison blanche avec de la peinture plombée (Superman ne peut pas voir à travers le plomb). Sympa…

Pour ce qui est des équipes artistiques, le seul changement notable se passe dans Adventures of Superman. En janvier, Joe Casey prend le relais de J.M De Matteis pour terminer son arc mystique ‘Soul of the city’, impliquant un ersatz de démon voulait prendre le contrôle de l’âme de Metropolis… Sans intérêt. Joe Casey a été choisi après avoir écrit avec Brian Holguin Mister Majestic pour Wildstorm, clone de Superman, avec Ed Mc Guinness aux dessins. Joe Casey s’efforçait dans Mister Majestic de lui faire vivre les aventures de Superman dans les années 50, mais avec les explications scientifiques d’aujourd’hui. Donc en gros des concepts complètement farfelus, mais remis au goût du jour. L’autre arrivée d’Adventures est le regretté Mike Wieringo (Tellos, Sensationnal Spiderman, Fantastic Four) aux dessins en mai. Cela confirme le tournant cartoon de Superman, avec Mike, qui est un des premiers qui ont popularisé ce style dans les années 1990 (avec Humberto Ramos). Malheureusement sa collaboration ne durera pas, puisque selon les rumeurs le staff éditorial forçait Wieringo à avoir un style plus comme Ed Mc Guinness (un comble, Ed étant un clone de Mike à ses débuts).

L’année 2001 commence par une grosse révélation… Dans la série Superman, une sonde kryptonienne tombe sur la ferme des parents de Clark Kent. C’est en fait un message du père biologique de Superman, Jor El, qui annonce que tout ce que sait Clark sur son monde d’origine est faux. Krypton n’est pas la planète froide que tout le monde pensait connaître depuis Man of Steel de John Byrne, c’est un retour à une Krypton telle que l’on aurait pu se l’imaginer dans les années 1950 et telle qu’elle était avant Crisis. Le mois suivant, grâce au professeur Hamilton, Superman et sa femme Loïs réussissent à aller sur Krypton dans Return to Krypton. Il rencontre son papa et sa maman, il sauve Krypton malgré le soleil rouge qui l’affaiblit, c’est magique. Mais au final, il y a plus de questions que de réponses, et le seul apport pour l’instant, c’est le retour du chien de Superman, Krypto.

Les quatre séries Superman durant le semestre 2001 préparent le gros crossover de l’été, Our Worlds at War. Toutes les séries mettent donc de côté toutes les intrigues secondaires n’ayant aucun rapport avec ce qui va se passer. Dans Superman et dans Detective Comics, Superman et Batman mettent au point un stratagème pour subtiliser l’anneau de kryptonite de Lex Luthor. Malgré la présence au scénario de Greg Rucka dans Detective, ce petit crossover ne convainc pas, c’est bâclé, confus. Dans Superman : Man of Steel, nous avons le retour de l’Eradicator (programme informatique kryptonien vivant dans le corps d’un humain) sur Terre, annonçant une catastrophe à venir (mais ça on le savait déjà). Mais c’est surtout Action Comics qui révèle quelque chose que l’on ne savait pas. Nous rencontrons Zod, un dictateur d’un pays inconnu des Balkans dans une armure métallique (ça ne vous rappelle pas quelque chose ?). C’est lui qui est à la base du cancer de la kryptonite de Superman un an plus tôt. Pourquoi ? Ces choses seront révélées encore plus tard (en 2003). Zod va avoir un rôle déterminant par la suite.

Après un mois de repos pour les auteurs réguliers avec l’intérim de Marv Wolfman et Paco Medina nous présentant un énième conquérant cosmique répondant au doux nom de Viroxx, Our Worlds At War commence. C’est un crossover se déroulant sur les quatre séries régulières sur trois mois, avec des tie ins (des histoires se déroulant parallèlement aux événements principaux) dans d’autres séries comme Batman ou Young Justice, puis des hors séries spéciaux portant sur des bigs guns comme Wonder Woman, JLA ou encore Green Lantern faisant avancer l’histoire principale. Un bref résumé ? Un conquérant cosmique répondant au doux nom d’Imperiex vient sur Terre car il a faim. Comme Galactus chez Marvel, il a l’intention de manger notre planète au petit déjeuner. Une coalition regroupant des réfugiés interstellaires qui ont survécu à son passage se forme pour vaincre cette menace. Dans le même temps, Lex Luthor passe une alliance avec Darkseid, puis sa fille, Lena Luthor, au service de Brainiac 13. Luthor sait ce qui va se passer, et qui va mourir. OUI, il y a des morts, et ceux qui font les frais sont Aquaman, le papa de Loïs, Hyppolite (la maman de Wonder Woman)... sans compter les millions de civils tués lors de l’attaque d’Imperiex. Au bout d’un moment Imperiex est vaincu, mais son énergie vit toujours. Elle va être récupérée par Brainiac 13 qui a blousé tout le monde. Superman réussira à se sortir de ce mauvais pas. Les lecteurs s’en sortiront avec un mal de tête carabiné.
Cette histoire est vraiment confuse, trop longue, avec trop de rebondissements. Il y a bien certains épisodes qui sortent du lot, mais toute cette masse de comics leur fait perdre tout charme…
Si vous n’aviez qu’un comic book Superman à lire en 2001, ce sera Action Comics 775, par Joe Kelly, Doug Mahnke et Lee Bermejo. Superman est confronté à un pastiche d’Authority (une équipe de super héros n’y allant pas avec le dos de la cuillère, quand ils frappent ça fait mal), l’Elite. C’est l’occasion de traiter des différences de méthodes, entre des héros qui n’hésitent pas à tuer, et d’autres qui tentent de trouver des solutions. Intéressant. L’Elite a tellement plu que Joe Kelly a pu en faire une maxi série en douze épisodes, Justice League Elite, toujours dessinée par Mahnke, suite à leur run sur JLA.

Superman en 2002 : Vers une autonomie des séries régulières

Les événements développés dans Our Worlds at War télescopent dramatiquement ce qui se passe dans la réalité. Petit rappel, ce crossover se déroule de juin 2001 à août 2001 et il y a beaucoup, beaucoup de dégats sur Terre. Les épisodes de Superman de septembre 2001 sont en quelque sorte un épilogue. Le 12 septembre 2001, dans Adventures of Superman 596, on voit le World Trade Center explosé en plusieurs points. Pas de pot pour DC qui se prend une méchante volée de bois vert, du genre ‘C’est pas bien de profiter de la détresse nationale quand même’…

Revenons à notre sujet. Superman est lourdement affecté par OWAW… Il y a plein de morts (dont le père de sa femme), Luthor est ressorti grandi de cette épreuve, et le pire de tout, ses parents ont disparu ! Mais ne vous inquiétez pas, sa maman sera retrouvée dans Superman 174 de septembre 2001, tandis que son papa reviendra le mois suivant. Tout ça fait que Superman décide de faire le deuil de toutes les victimes, et quoi de mieux que de porter du noir ? Ainsi le jaune qu’il arborait fièrement sur le logo de son torse est remplacé par du noir. A part du boulot en moins pour les coloristes, cela n’importe rien de spécial à Kal El, qui combat toujours pour la liberté, la justice et l’american way of life.

Quelques changements dans les équipes créatives, Loeb et Mc Guinness sont toujours aux commandes sur Superman mais plus pour longtemps (on y reviendra), Casey reste tandis que Wieringo se barre d’Adventures, Schultz continue alors que Mahnke quitte Man of Steel pour JLA (il est remplacé par Yvel Guichet) et Joe Kelly dis au revoir à Kano pour accueillir deux copains, Pascual Ferry (Ultimate Iron Man II) et Duncan Rouleau (Metal Men), qui officieront en binôme sur Action Comics.
Au niveau éditorial, enfin après dix ans d’aventures hebdomadaires, chaque série voit son autonomie augmenter. En 2002, il y aura juste quatre mois de crossovers inter séries! Chaque titre peut enfin développer des arcs indépendants, avec plus ou moins de succès.

Sur Superman, Jeph Loeb et Ed Mc Guinness sont sur le départ. Leurs derniers épisodes règlent les plots introduits par Loeb dès le début de son run, comme le deal entre Lois Lane et Lex Luthor. Dans Superman 151, Luthor revend le Planet à condition que Lane laisse tomber un article, n’importe lequel. Comme par hasard, l’article que prépare Lois sur l’attitude de Lex pendant OWAW doit être abandonné… A noter aussi quelques épisodes sympathiques comme Superman contre Muhammad X ou lorsque Bizarro et Supes changent de peaux. Par la suite, Geoff Johns et Pascual Ferry feront l’intérim avant l’arrivée de Steven Seagle et Scott McDaniel.

Adventures of Superman opère un lent retour vers le silver age à partir de Superman 603 avec Super Baby et le Crime Syndicate of Amerika, composé des redoutables Ultraman, Owlman ou encore Superwoman. C’est un petit peu raté, notamment à cause de problèmes du regretté dessinateur Carlos Meglia pour rendre ses planches suite aux émeutes dans son pays. En 2003, Casey continuera son trip old school. Après le départ de Wieringo dans AOS 600, le nouveau dessinateur attitré est Derec Aucoin, qui se fait désormais appeler Derec Donovan (les deux compères officient actuellement sur le relaunch de Youngblood). Il prend officiellement ses fonctions pendant Ending Battle, après deux arcs dessinés par Pete Woods, puis Carlos Meglia. Même si ça ne casse pas trois pattes à un canard, ça se laisse lire.

En fait, la série qui perd vraiment avec ces arcs indépendants, c’est Man Of Steel. Même si Yvel Guichet a un style agréable (avec l’encrage de Dexter Vines), les arcs de Schultz sont confus, comme Gangs of Metropolis, une histoire incompréhensible sur le contrôle de la technologie B13 avec une fin Scooby-Doo. Heureusement (et encore) que les covers sont de John Cassaday et Dave Stewart. L’arc suivant, Pantheon est un poil meilleur, mais bon, ce n’est toujours pas ça…

Action Comics porte bien son nom… Si vous voulez de l’action, c’est par ici que ça se passe. Joe Kelly assisté de ses deux dessinateurs, Pascual Ferry et Duncan Rouleau livrent quelques arcs sympathiques et portent plus leurs attentions sur le Pokolistan (dites Latvérie c’est plus simple) et son dictateur Zod ! Le problème, c’est que c’est parfois confus, avec des dialogues à rallonges…

La grosse révélation se passe dans Superman 178, dans lequel Lex Luthor apprend l’identité de Superman. Cela donne une nouvelle dimension, qui va être explorée dans Ending Battle. Après un second retour sur Krypton (où l’on apprend en fait que cette Krypton est une création de Brainiac 13), plein de méchants s’attaquent aux amis de Clark Kent, et non de Superman… On peut s’attendre à ce que se soit Luthor. Et bien NON, c’est Manchester Black, le chef de l’Elite qui vient se venger. Bon après huit épisodes de baston (et malgré un dialogue Superman Lex Luthor intéressant), on apprend que Black veut pousser la courgette bleue à tuer quelqu’un, ce qu’il ne fera pas. Black, dégoûté se suicide, avant d’effacer la mémoire de Luthor sur l’identité de son ennemi… Exit donc un plot intéressant qui aurait pu être plus approfondi.

2002 est vraiment l’année la moins intéressante, malgré beaucoup de rebondissements. Les auteurs, seuls sur leurs séries, ont pu montrer de quoi ils étaient capables, et cela a abouti à l’annulation de Man Of Steel. Ce titre rejoint, au cimetière des séries Superman post crisis, le trimestriel Man of Tomorrow. Il y a tout de même quelque chose de vraiment énervant, c’est la multiplication des fill ins plus ou moins inspirés…

Malgré tout, quelques épisodes stand alone sont intéressants.
Superman 179 narre la rencontre entre Superman et Muhammad X, un héros noir de Harlem qui n’apprécie pas que Supes s’occupe de son quartier. Cet épisode est intéressant car il traite de la différence et du racisme. Superman s’occupe t-il plus des blancs ou non ? Peut il être un modèle pour la communauté noire ? Le personnage de Muhammad X est intéressant, dommage qu’il n’ait pas été réutilisé par la suite.
Adventures of Superman 600, numéro anniversaire est intéressant sur plusieurs points. Déjà c’est le dernier épisode de Mike Wieringo sur le titre, et de plus, il y a plein de bonus sympathiques. Dans l’épisode principal, Luthor a disparu, Superman part à sa recherche, malgré quelques réticences… Comme je l’ai dit, les bonus sont rigolos. Les auteurs se sont amusés à recréer des strips avec de grands noms comme Tim Sale ou Dave Gibbons et l’esprit des histoires à suivre dans les quotidiens est respecté. Enfin, pour fêter le titre Superman historique, les origines de notre héros sont racontés avec des splash pages réalisées entre autres par Humberto Ramos, JH Williams III, John Cassaday, Eduardo Risso ou encore Chris Bachalo.

Superman en 2003 : trois séries, aucun crossover

Que retenir de cette année 2003 dans les séries Superman ? Tout d’abord, c’est une année où il n’y a plus aucun crossover inter séries. Ce qu’avait promis Eddie Berganza en 1999 dans son édito publié dans Superman 151 est enfin vrai maintenant… Chaque auteur est enfin libre de faire ce qu’il veut, sans avoir à reprendre ce que fait son petit voisin.

Comme nous l’avons vu dans le précédent chapitre, Superman Man Of Steel s’arrête en janvier 2003 avec le retour de Jon Bogdanove (aucun lien) pour boucler la boucle… le pire, c’est que l’histoire en cours se termine par un spécial Superman VS Darkseid, trente huit pages de baston orchestrée pour terminer l’imbroglio concernant Steel depuis OWAW, le copain de Supes. Sans interêt…

Action Comics passe le cap des 800 numéros en février 2003. L’épisode anniversaire (paru dans Superman 1 chez Semic) se focalise plus sur le voyage initiatique qui a poussé notre héros à devenir ce qu’il est. A part la couverture de Drew Struzan et les pages dessinées par les guest artists, il n’y a pas grand-chose à voir… Dans les numéros suivants, une attaque terroriste inquiète Superman. En effet, le nombre de métahumains augmentent dangereusement dans le pays de l’Oncle Sam, et c’est Zod le responsable (vous savez, le tyran en armure dirigeant un Etat inconnu de l’Europe de l’Est cf. OWAW). Cet arc est intéressant car Joe Kelly approfondi la relation entre ces personnages. Kelly en fait l’antithèse de Kal. Si l’un est super fort sous un soleil jaune, l’autre a besoin d’un soleil rouge. L’un a vécu heureux aux Etats-Unis, l’autre a vécu malheureux en URSS. Ce sont peu être de gros clichés bien gras, mais pourtant, moi j’ai bien aimé. Peut être car c’est un vilain qui a plus de classe que Doomsday… A la fin de l’arc, Zod meurt après moult péripéties qui seraient trop longues à résumer ici. Après cet arc, vient l’arc Supergirls, un récit confus ayant pour protagonistes la nouvelle Supergirl (voir plus bas), la nouvelle Steel (la nièce de l’ancien) et Girl 13, une clodo de Washington ayant des pouvoirs magiques. Action Comics 810 est le dernier numéro de Kelly, qui reviendra scénariser avec Micheal Turner l’arc Godfall….

Sur Superman, deux nouveaux auteurs arrivent après l’intérim de Geoff Johns, Steven Seagle (et non Seagal) et Scott McDaniel. Steven Seagle est plus connu pour avoir écrit Sandman Mystery Theatre chez Vertigo ainsi qu’Alpha Flight et Uncanny XMen en 1997. Scott McDaniel s’est entre autres illustré chez DC en dessinant Batman et Nightwing. Leur run commence dans le Superman 10 cents adventure, un numéro spécial à pas cher qui introduit de nouveaux vilains, les Futuresmiths et une nouvelle Supergirl… Les Futuresmiths sont des gars du futur qui s’amusent à modifier la faille spatiotemporelle pour faire en sorte que leur monde reste tel qu’il est. C’est dans cette optique qu’ils envoient dans le passé Supergirl, la fille de Superman (en fait oui et non, mais c’est compliqué là…). Bref, ça dure un an, quelques moments de bravoure comme le Superman 195 où Seagle se lâche dans la structure de son récit et c’est tout. Tout ça nous amène au Superman 200, qui clôt cette aventure sans grand intérêt…

C’est la série Adventures of Superman qui m’a le plus plu cette année là. Joe Casey dans son arc amorcé dans AOS 612 introduit des créations fictives tirées d’un livre, les Hollow Men, qui passent leur temps à rendre les choses mornes et ternes… D’où leur aversion des héros en collants colorés. Superman découvre Heroville, ville créée dans les années 50 regroupant uniquement des êtres à super pouvoirs, une cible de choix pour les Hollow Men. La particularité de cet arc, c’est que pour une fois, Superman ne donne aucun coup de poing ! Par la suite malheureusement c’est moins glorieux, et malgré des thèmes intéressants (le retour de Mxyzptlk, l’introduction de the Candidate, le premier super héros dont le pouvoir est de se présenter aux élections), la sauce ne prend pas. Malgré tout, Casey essaie de dépeindre un Superman symbole pour le peuple, tout en insufflant une dose de silver age à ses récits…

J’ai parlé des trois séries régulières, mais deux maxi séries estampillées courgette bleue sortent également en 2003, Metropolis de Chuck Austen, Danijel Zezelj, José Villarubia et Teddy Kristiansen, et Birthright par Mark Waid, Leinil Yu, Gerry Alanguilan et Dave Mc Caig, sans parler du blockbuster d'alors, Superman/ Batman par Jeph Loeb et Ed McGuinness…

2003 est une année médiocre pour les séries régulières, malgré quelques bons arcs. D’ailleurs, tout le monde à la fin de l’année est viré…

C’est la fin d’une période de quatre ans où les éditeurs de Superman auront essayé d’ouvrir le monde de Superman aux plus jeunes avec des références au dessin animé (Metropolis futuriste, Lois qui appelle Clark ‘Smallville’…). Cela s’accompagne d’un style plus cartoon/ manga, des personnes comme Carlos Meglia, Ed McGuinness ou encore Pascual Ferry ayant posé leurs crayons sur un personnage habitué à être dessiné de façon plus classique… Cette parenthèse est fermée, tout repart à zéro, entre autres avec le retour à une Metropolis moins futuriste pour accueillir Brian Azzarello et Jim Lee à partir de Superman 204.
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  #2  
Vieux 28/10/2008, 08h01
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Une très, très bonne période pour Superman
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Vieux 28/10/2008, 09h34
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Vieux 28/10/2008, 10h31
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Vieux 04/11/2008, 11h39
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Effectvement, il y a une parenté avec le dessin animé Superman de Paul Dini et Bruce Timm : dans les comics, Metropolis devient plus futuriste, et Ed McGuiness apporte avec son style de graphisme un côté dessin animé.

Par ailleurs, il y a une histoire de Superman affrontant une parodie d'un groupe de super héros d'Image. Va-t-il l'emporter face à des sales types sans pitié? Oui, et avec un certain style.

Nickattack

Dernière modification par nickattack ; 04/11/2008 à 11h48.
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Vieux 04/11/2008, 11h46
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C'est ce que je dis dans le premier chapître. De même que Lois appelle désormais Clark 'Smallville'.
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  #7  
Vieux 04/11/2008, 11h55
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nickattack change la caisse du Fauve
J'ai modifié mon message en relisant ton article. J'appuie sur ce point parce que j'aime ce dessin animé.

Et j'ai aussi ajouté un paragraphe sur un affrontement entre Superman et une parodie d'un groupe de super-héros d'Image.

Nickattack
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  #8  
Vieux 04/11/2008, 12h35
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Durton change la caisse du Fauve
Oui, l'Elite dans Action Comics 775, qui fait partie des meilleurs épisodes de cette période. Je te conseille la lecture si ce n'est déjà fait de la mini série Justice League Elite par les mêmes auteurs. Du très bon comic un peu sous estimé.
__________________
Chap Chap Chap Yaeeeeep!
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  #9  
Vieux 04/11/2008, 12h58
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sim theury sim theury est déconnecté
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sim theury vise plus juste que le Tireursim theury vise plus juste que le Tireursim theury vise plus juste que le Tireursim theury vise plus juste que le Tireursim theury vise plus juste que le Tireursim theury vise plus juste que le Tireursim theury vise plus juste que le Tireursim theury vise plus juste que le Tireursim theury vise plus juste que le Tireursim theury vise plus juste que le Tireursim theury vise plus juste que le Tireur
Je veux pas jouer les rabats-joie mais c'est pas un peu récent pour ce trouver en rétro ?

Superbe chronique sinon.
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  #10  
Vieux 04/11/2008, 19h20
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cyclopebox est un teen titanscyclopebox est un teen titanscyclopebox est un teen titanscyclopebox est un teen titanscyclopebox est un teen titanscyclopebox est un teen titanscyclopebox est un teen titanscyclopebox est un teen titanscyclopebox est un teen titanscyclopebox est un teen titanscyclopebox est un teen titans
Je n'ai pas aimé cette période pour Sup' (je suis trop attaché au style tradionnel de l'époque Curt Swan), mais il y avait quand-même quelques bonnes idées.

Par-contre, le dessin animé lui est absolument indispensable, d'une qualité à faire rougir bon nombre de séries animées.
__________________
Allez, tout le monde en choeur chante avec moi :

"Wolverine est un idiot, c'est Cyclope le plus beau !"
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