Discussion: Niglo lit...
Afficher un message
  #588  
Vieux 08/01/2008, 20h57
Avatar de Niglo
Niglo Niglo est déconnecté
Registered User
 
Date d'inscription: janvier 2003
Messages: 6 570
Niglo change la caisse du Fauve


Bullet Points
(Marvel Comics, 2007, 13.99$)


Scénario : J. Michael Straczynski.
Dessin, encrage & couleurs : Tommy Lee Edwards.


Et si… le docteur Abraham Erskine, créateur du sérum du super-soldat, avait été abattu par un espion nazi avant de pouvoir tester son invention sur Steve Rogers ? C’est de cette interrogation que nait Bullet Points, What If de luxe signé J. Michael Straczynski et Tommy Lee Edwards. Ce meurtre prématuré aura pour conséquence directe que Captain America ne verra jamais le jour. Mais la fusillade fera également une autre victime : un dénommé Ben Parker, soldat chargé de protéger Erskine, et mortellement touché par une balle.

Que va devenir Steve Rogers ? Son obstination à vouloir défendre sa patrie à tout prix fera de lui le cobaye d’une autre expérience scientifique, et l’amènera à endosser, en lieu et place du costume patriotique qui l’attendait, une armure grise qui le mènera sur tous les champs de bataille de la Seconde Guerre Mondiale.

Les effets de la mort de Ben Parker ne se feront sentir que bien plus tard, au début des années 60, lorsque le jeune Peter, élevé par sa seule tante et n’ayant jamais connu l’autorité d’une figure paternelle, commencera à filer un mauvais coton qui le conduira au mauvais endroit, au mauvais moment.


Contrairement aux traditionnels What If, remis au goût du jour par Marvel depuis quelques années maintenant, J. Michael Straczynski a bénéficié d’une mini-série en cinq parties pour développer son propos. Ce qui lui permet d’étendre son récit sur plusieurs décennies et d’adopter le point de vue d’un autre personnage à chaque nouvel épisode. A partir d’un point de divergence précis (l’assassinat d’Erskine), le scénariste va donc réinventer le Marvel Universe de manière assez cohérente. En outre, il s’amuse assez habilement avec les repères temporels pour le moins variables du monde marvelien, ce qui lui permet de replacer l’adolescence de Peter Parker dans son contexte originel, c'est à dire au début des années 60.

Pourtant, s’il est dans l’ensemble plutôt bien maîtrisé, l’exercice de style paraît au final assez vain. L’enjeu pour Straczynski consiste à faire endosser à des personnages célèbres du Marvel Universe une autre identité que celle qu’on lui connaît. Cela commence avec Steve Rogers qui revêt l’armure d’Iron Man, cela se poursuit au fil des pages avec une demi-douzaine d’autres héros bien connus. C’est le plus souvent bien amené, quelques clins d’œil devraient faire sourire les vieux lecteurs, mais au bout du compte tout cela reste parfaitement anecdotique. D’autant plus que si l’on assiste effectivement au bouleversement de la vie des quelques individus mis en exergue par Straczynski, le monde quant à lui ne semble pas fondamentalement bouleversé. On pourrait même finir par croire tout ce petit monde interchangeable, tant différentes causes produisent les mêmes effets, s’il n’y avait le sacrifice final de l’un d’entre eux qui, malgré un côté un peu trop larmoyant, donne un peu plus d’épaisseur à ce jeu de masques.

Malgré tout, si Bullet Points mérite davantage qu’une lecture distraite, c’est grâce au travail de Tommy Lee Edwards, artiste aussi rare que précieux. Un style très personnel, tant dans le trait que dans la mise en couleurs. Dommage que ce tpb n’offre en bonus que deux pages d’esquisses et de work-in-progress, c’est certes mieux que rien mais ça donne surtout méchamment envie d’en voir beaucoup plus, tant le processus créatif de l’artiste semble aussi passionnant que le résultat final. Même si ce n’est que pour lui, Bullet Points mérite une petite place dans votre bibliothèque.

Réponse avec citation