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Vieux 23/08/2007, 19h44
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Niglo change la caisse du Fauve


Scalped vol.1 : Indian Country
(DC/Vertigo, août 2007, 9.99$)

Scénario : Jason Aaron.
Dessin : R.M. Guéra.
Couverture : Jock.

Scalped fait partie des derniers titres lancés dans la collection Vertigo, cette année, et ce premier volume regroupe les cinq premiers numéros de la série (à un prix fort modique, comme c’est souvent le cas pour les premiers paperbacks dans cette collection).

Jason Aaron est à ma connaissance à un nouveau venu dans le domaine qui nous intéresse. Cette série suit de peu la remarquable mini-série The Other Side, consacrée à la guerre du Vietnam, et parue en fin d’année dernière.

Je ne crois pas avoir jamais croisé R.M. Guéra, mais lui en revanche n’est pas un débutant. Originaire d’ex-Yougoslavie et vivant en Espagne, cela fait déjà plusieurs années qu’il est publié, notamment en France (deux tomes de la série Le Lièvre de Mars, et une série entamée en 2004, Howard Blake, qu’il scénarise en plus de dessiner).

Scalped est un polar extrêmement noir, dont l’essentiel de l’action se situe dans une réserve indienne où les conditions de vie sont pitoyables. A l’âge de treize ans, Dashiell Bad Horse s’est enfui de cet endroit sans avenir. Quinze ans plus tard, devenu agent du F.B.I., il y revient pour infiltrer le réseau criminel qui fait sa loi dans la réserve, et s’apprête à y ouvrir un casino.

J’avoue avoir eu du mal à entrer dans ce récit. La scène d’introduction de Dashiell Bad Horse, qui le voit dans un bar, armé d’un nunchaku, défier quinze type armés jusqu’aux dents, m’a paru vraiment trop outrée pour pouvoir être prise au sérieux. Le genre d’exagération qui s’accorde mal avec la volonté de réalisme qu’affiche Jason Aaron par ailleurs. On n’est ici ni dans Midnighter, ni dans le Punisher d’Ellis.


Et puis, petit à petit, le récit et les personnages prennent de la densité et l’on finit par oublier ce faux départ. En mêlant habilement de nombreux flashbacks au récit en cours, le scénariste découvre progressivement les enjeux de cette histoire, et la compléxité des relations entre les principaux protagonistes.

Tous les personnages que l’on découvre dans cette histoire trimballent une collection de casserolles effarante. De Dashiell Bad Horse à Lincoln Red Crow, le leader de cette communauté, en passant par la fille de ce dernier, Carol, qui passe ses journées à se faire tringler par tout ce qui a une queue, ou encore Gina, la mère de Dashiell, qui ne semble jamais s’être beaucoup occupée de lui. Chacun a son propre agenda, qui apparaît de manière plus ou moins claire au lecteur. Mais on finit par réaliser au terme de ce récit que la situation actuelle est avant tout l’aboutissement d’un drame entamé trente ans plus tôt.

Scalped est particulièrement sombre et violent, à tous les niveaux. Que ce soit la description que fait Jason Aaron de la réserve de Prairie Rose, gangrénée par la corruption, la drogue et l’alcool, ou la manière dont R.M. Guéra met cet univers en scène, l’ambiance est pesante tout du long. Les scènes d’action sont fort bien chorégraphiées, et la narration dans son ensemble est assez impeccable.

Pour un quasi-débutant, Jason Aaron confirme donc ici, après The Other Side, qu’il maîtrise remarquablement bien le médium. Chaque épisode est bien construit, apportant au récit une couche d’information supplémentaire par rapport au précédent. Et si les premières pages m’ont laissé quelque peu dubitatif, la suite m’a définitivement convaincu que Scalped est une série à suivre.

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