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Vieux 22/08/2007, 18h03
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Niglo change la caisse du Fauve
C’est mercredi, c’est vieilleries !

Le mercredi, jour des enfants, sera à partir de là maintenant tout de suite consacré à quelques vieilleries plus ou moins navrantes, en fonction du temps et de ce qui me tombe sous la main. Histoire d’être sûr de faire mieux la prochaine fois, commençons par le pire.



Mighty Samson #24
(Gold Key, juin 1974)

On ignore qui a écrit cette merveille. Le dessinateur est vraisemblablement José Delbo.


Pour paraphraser Katherine Pryde, les éditeurs de comics sont des chameaux. Ce n’est pas un secret. Ce n’est pas non plus une nouveauté. Voilà bien longtemps qu’ils ont appris à nous refourguer de vieux rogatons avariés dans des emballages à liseré d’or.

Regardez bien ci-dessus cette couverture. Si le monde était bien fait, les gens gentils et les éditeurs de comics honnêtes, ce devrait être la couverture du plus grand comics de tous les temps. Evidemment, une couverture sur laquelle le héros de service affronte un bonze karatéka ET un requin volant écarlate, ne peut que servir d’écrin à un bijou dont on fait les couronnes royales. Obligé.

Et ben non. Dedans, c’est tout nul.

Pour situer un peu la chose, Mighty Samson est une série créée en 1964 par Otto Binder et Frank Thorne, mettant en scène dans un univers post-apocalyptique les pérégrinations de Samson, le géant blond présent sur la couverture, accompagné du professeur Mindor et de la fille de ce dernier, Sharmaine. La série dura cinq ans et vingt numéros. En 1972, Gold Key décida de la relancer en confiant ses illustrations à José Delbo (le scénariste quant à lui est demeuré anonyme, sans doute par peur de représailles).

Dans l’épisode dont il est question aujourd’hui, Samson et ses amis découvrent, dans la ville en ruines de N’Yark, un ancien club d’arts martiaux (nous sommes en 1974, à l’époque où le genre est particulièrement en vogue, y compris donc dans les comics post-apocalyptique). A l’intérieur, ils mettent la main sur divers livres et armes, mais sont surpris par le gardien du lieu, un dénommé Chang. Chang n’est pas méchant, mais Samson n’a rien à foutre ici. Donc bagarre.

Et c’est là que l’on commence à renifler l’arnaque. On s’attend à une pluie d’atémis derrière les oreilles, de mawashi geri dans ta gueule, et des yokomen uchi en veux tu en voilà.

Or le combat dure en tout et pour tout une case. Case que voici :


Certes, nous n’en sommes qu’à la page 4, accordons leur le bénéfice du doute, surtout que le combat est interrompu pour la bonne cause, puisque le requin volant de la couverture fait son apparition sur le lieu du combat. Hélas, hélas, hélas. Non seulement l’animal n’est plus rouge mais d’un gris tristouille, mais en plus la lutte de l’homme contre le requin volant est tout aussi navrante que celle qu’elle a interrompu, et la bestiole finit piteusement, un sabre planté entre les côtes (enfin entre les arêtes. Ca a des arêtes les requins ou c’est juste les cabillauds ?). On retiendra tout de même de cette scène une leçon qui un jour peut-être, qui sait, pourrait vous sauver la vie : le karaté, c’est pas top pour se battre contre un requin-volant.


Le récit se déroule ensuite avec une mollesse que peu de matelas, même très usés, peuvent atteindre. Chang joue un sale tour à Samson en l’enfermant dans une cellule, Samson est tellement fort qu’il fracasse la porte, puis il rencontre le boss pour qui Chang travaille, Manchu, qui s’avère être une de ses vieilles connaissances, la reine Terra de Jerz, sauf qu’on s’en fout on n’a pas lu les épisodes précédents, et puis on finit enfin par avoir le combat qu’on attendait depuis le début entre Samson et Chang, et là comment dire, José Delbo dessine ça en baillant, moi-même je ferais bien un petit somme, tiens.


Je me suis donc endormi avant la fin, mais on m’a assuré que Samson gagnait et que tout est bien qui finit bien. C’est le principal.

Avant de refermer à tout jamais ce comic-book qui aurait pu tout aussi bien ne jamais exister, j’attire toutefois votre attention sur une publicité figurant en page 5 dudit fascicule, et permettant d’acheter pour une somme ma foi assez modique (2.98$ les 16 pièces) de petits personnages en plastique Disney peints à la main. Publicité que voici :


Et alors là, je demande à la réalisation un aggrandissement, sinon vous allez encore dire que c’est moi qui vois le mal partout alors que pas du tout : la fée clochette porte une robe transparente !!!


A tout hasard je vous donne l’adresse, dès fois qu’ils en aient encore un ou deux blisters en stock : Gandalf Products Co., P.O. Box 38, New York, N.Y. 10022. Les frais de port pour l’Europe ne sont pas précisés.

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Bonus Tracks : Irredeemable Ant-Man #11, Ms. Marvel #18, Punisher #50.

Comme j’ai une pile de nouveautés à lire grosse comme ça, et donc à critiquer longue comme ci, je profite du temps qui m’est accordé pour vous toucher deux mots de quelques parutions récentes.

Irredeemable Ant-Man #11 est l’avant-dernier numéro de la série. Je sais, snif. La décision a au moins le mérite de nous donner trois pages de courrier des lecteurs très rigolotes (trois pages ! Depuis quand Marvel ne nous avait pas donné trois pages de courrier des lecteurs, Powers mis à part ?).

Robert Kirkman nous rejoue ici la partition qu’il avait interprétée dans Walking Dead #33, l’épisode tout au long duquel Michonne se vengeait de son tortionnaire en le torturant à son tour. Evidemment, on a droit ici à une version soft, avec l’agent Carson dans le rôle de Michonne et Eric O’Grady ligoté à une chaise. Ca ne fait pas un des meilleurs épisodes de la série, loin de là. Un truc intéressant tout de même, c’est qu’au terme de cette histoire, le scénariste boucle son intrigue principale. Du coup, je suis curieux de voir ce qu’il nous réserve pour l’ultime numéro. (Irredeemable Ant-Man #11, Robert Kirkman/Phil Hester/Andy Parks, Marvel Comics, août 2007, 2.99$).

* * *

Je ne poste pas la couverture de Ms. Marvel #18, vous l’aurez certainement vue ici ou là si la série vous intéresse, mais au cas où sachez qu’elle introduit deux nouveaux venus dans l’entourage de la blonde héroïne : Sleepwalker et Machine Man (pardon : Aaron Stack). Je croyais jusque là que Nextwave se situait tout à fait hors continuité, or très clairement cet Aaron Stack-ci est bien le même que dans la série d’Ellis et Immonen. Et Brian Reed se donne beaucoup de mal pour pasticher les dialogues de Warren Ellis (avec plus ou moins de succès en fonction des répliques).

Cet épisode débute un nouvel arc, dans lequel Ms. Marvel affronte une certaine Battleaxe, des soldats chiliens, un scandale médiatique et une série de kidnapping visant des demoiselles à super-pouvoirs. Rien de transcendant, comme d’habitude, mais une lecture des plus plaisantes, comme d’habitude. (Ms. Marvel #18, Brian Reed/Aaron Lopresti/Matt Ryan, Marvel Comics, août 2007, 2.99$)

* * *

Pour finir, le Punisher dans sa version Max fête son cinquantième numéro avec un épisode double et le début d’un nouvel arc. Un récit dont le principal fait notable est le retour de Barracuda. Pour le reste, Garth Ennis profite des pages supplémentaires qui lui sont accordées pour digresser sur l’évolution du M-16 à travers les décennies, ou, plus intéressant, pour nous donner à voir le rêve qui hante Frank Castle – à savoir bien évidemment de vivre une vie paisible et ouatée auprès de sa famille. L’épisode est beaucoup trop long, mais Garth Ennis sauve les meubles avec une dernière page qui donne effectivement très envie de lire la suite. Salopard…

Cet épisode marque à ma connaissance la première collaboration entre Ennis et Howard Chaykin (et, toujours si je ne me gourre pas, la première fois que l’artiste dessine le Punisher). Le choix de Chaykin est intéressant, même si son trait n’a plus l’élégance d’autrefois, son style actuel convient en fait fort bien au personnage. Le Punisher de Garth Ennis est un quinquagénaire, ne l’oublions pas, et cela ne s’est jamais aussi bien ressenti que sous le trait épais de Chaykin. Une rencontre réussie, donc, en attendant de lire la suite. (Punisher #50, Garth Ennis/Howard Chaykin, Marvel/Max, août 2007, 3.99$).
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