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Vieux 30/05/2007, 19h04
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Niglo change la caisse du Fauve


The Loners #1 & 2
(Marvel Comics, avril & mai 2007, 2.99$)

Scénario : C.B. Cebulski.
Dessin : Karl Moline.
Couvertures : Jason Pearson.


Ce non-groupe était apparu dans les pages de Runaways vol.2, voici à présent The Loners dans leur propre mini-série. Pas vraiment un groupe, plutôt un rassemblement de jeunes ex-super-héros essayant de décrocher de leur mauvaise manie d’enfiler un costume ridicule pour aller redresser des torts. Une version spandex des Alcooliques Anonymes en quelque sorte.


A première vue, lorsque l’on considère le casting des personnages principaux réunis dans ces pages, on se dit que The Loners auraient plutôt dû s’appeler The Losers : Ricochet, ex-membre d’un groupe mort-né (Slingers) ; Turbo, membre des New Warriors lors de la pire période de la série ; Phil Urich, dont toutes les personnes saines d’esprit ont oublié qu’il a porté un jour le costume du Green Goblin ; Darkhawk, personnage totalement oublié depuis une douzaine d’années ; Spider-Woman, dont on se souvient davantage pour l’arc d’Alias auquel elle a participé que pour sa navrante et brève série ; et Julie Power, que l’on croyait toujours à l’école primaire depuis la disparition de Power Pack et que l’on découvre soudain avec des seins ! Marvel espère vendre plus de douze exemplaires de The Loners sur ces noms ? Sérieusement ? Ou peut-être plutôt sur ceux de Nekra et Delilah, les vilaines qui vont croiser la route de nos ex-héros ? Hum hum…

Et pourtant…

Et pourtant ces deux premiers épisodes se lisent vraiment bien. Pire : ses protagonistes sont dans l’ensemble assez attachants. Même (surtout ?) pour qui n’a peu ou pas lu leurs aventures antérieures. C.B. Cebulski ne tire pourtant pas un trait sur la continuité, bien au contraire, il s’appuie sur leurs expériences passées, malheureuses pour la plupart, pour faire le tableau de ces jeunes un peu paumés, hésitant entre deux destinées. Ces retours sur leur passé ne sont jamais pesants, juste ce qu’il faut pour leur donner suffisamment d’épaisseur pour qu’on se soucie de leurs états d’âme. Et ceux-ci ne manquent pas. Le premier épisode s’ouvre sur une (re)chute, celle de Julie Power, trop tentée par le sentiment de liberté que peuvent lui procurer ses pouvoirs pour ne pas céder. Chacun des Loners, à tour de rôle ou en groupe, va régulièrement ressentir ce besoin de laisser libre cours à sa véritable nature, que ce soit pour son bon plaisir ou assumer les responsabilités nées de ces pouvoirs.


Le récit navigue donc entre séances de confessions hypocrites (menées par un Phil Ulrich on ne peut plus tête à claques) et récidives irrépressibles. Avec, le plus souvent, ce leitmotiv connu par cœur depuis plus de quarante ans : de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités.

C’est sans doute le seul défaut de cette série pour l’instant, cette impossibilité de sortir de ce vieux schéma amazing spider-manien, souvent imité, jamais égalé. C.B. Cebulski évoque bien quelques autres pistes, du super-pouvoir considéré comme une drogue à la question de la légalité des agissements des super-héros dans l’univers Marvel post-Civil War, mais ces pistes restent encore pour l’instant à explorer. Il y a le temps, on n’en est encore qu’au premier tiers.


Si ce n’est pas sur la popularité des héros mis en scène dans The Loners que Marvel peut espérer beaucoup vendre, ce n’est pas non plus sur le prestige de ses auteurs. C.B. Cebulski a, me semble-t-il, surtout œuvré du côté du Marvel Mangaverse jusqu’à présent. Et on doit à Karl Moline de très belles choses, de la mini-série Fray de Joss Whedon au très chouette Route 666 de Tony Bedard, autrefois paru chez Crossgen, mais rien encore qui ait pu lui apporter auprès du grand public la reconnaissance qu’il mérite. L’un comme l’autre sont très bons ici. Cebulski maîtrise son récit et signe des dialogues tout à fait réussis, Moline réalise des planches plus dynamiques que jamais, aussi à l’aise dans les nombreuses scènes de discussion que dans les quelques moments d’action.

A priori, donc, les seuls lecteurs qui risquent d’être intéressés par The Loners sont ceux qui les ont découverts dans les pages de Runaways, ont trouvé le concept inhabituel, et ont été tentés de découvrir ce que cela pouvait donner dans le cadre d’une mini-série. Ca ne fait sans doute pas grand monde. C’est dommage, car pour l’instant The Loners mérite qu’on s’y intéresse de plus près.


Ou sinon... vous avez la critique nettement moins enthousiaste de Mycroft, ici.
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