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Vieux 28/03/2007, 13h10
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Niglo change la caisse du Fauve
Hommage à Marshall Rogers (part II)



Batman : Strange Apparitions
(DC Comics, 1999)

Sommaire : Detective Comics #469-476, 478-479.
Scénario : Steve Englehart & Len Wein.
Dessin : Marshall Rogers & Walt Simonson.
Encrage : Terry Austin, Al Milgrom & Dick Giordano.


Le run de Steve Englehart et Marshall Rogers sur Detective Comics, aussi bref fut-il (six numéros seulement) reste encore à ce jour l’un des plus mémorables de la série. A le relire, trente ans après, il n’y a pas grand chose à jeter dans ces quelques épisodes.

Deux intrigues distinctes constituent la colonne vertébrale de cet arc. D’une part, les agissements dans l’ombre de Rupert Thorne, figure importante de la communauté de Gotham, décidé à débarrasser la ville de ce justicier masqué – et prêt aux pires extrémités pour parvenir à ses fins. D’autre part, on découvre le personnage de Silver St.Cloud, joli brin de fille dont Bruce Wayne va tomber amoureux, et qui va très rapidement découvrir sa double vie.


Par ailleurs, s’il utilise dans ces quelques épisodes les habituels adversaires de Batman tels le Joker ou le Penguin, Englehart va également ressusciter deux vilains totalement oubliés depuis des lustres, personnages qui ont fait une fort belle carrière depuis : le professeur Hugo Strange et Deadshot.


En 1977, l’ascencion de Marshall Rogers est assez fulgurante. Cela fait à peine un an qu’il a fait ses débuts professionnels lorsqu’il se voit confier Detective Comics. Il n’a à son actif chez DC que quelques courts récits (Detective Comics #466-467, Batman Family #11-12, Weird War Tales #51-52, Superman Family #182) et un épisode entier (Detective Comics #468) lorsqu’on lui propose de succéder à Walt Simonson (qui quitte le titre après deux épisodes seulement et une prestation très médiocre, encrée à la va-vite par Al Milgrom). Et c’est à peu près à la même période qu’il va s’occuper également de Mister Miracle.

Si la prestation de Marshall Rogers dans Deadly Hands of Kung Fu laissait encore apparaître quelques faiblesses, son travail sur Detective Comics (encré par Terry Austin puis Dick Giordano) semble beaucoup mieux maîtrisé, et ne va aller qu’en s’améliorant au fil des épisodes.

Son Batman est particulièrement mémorable. La scène suivante, où il rend visite à Rupert Thorne, montre bien comment Rogers joue avec les ombres pour rendre le personnage encore plus impressionnant, son visage ne se découvrant que lorsqu’il se trouve à quelques centimètres de Thorne…



Marshall Rogers n’hésite pas à exagérer pour renforcer tel ou tel effet. Ainsi la cape de Batman est-elle souvent démesurée, se changeant à l’occasion en ailes gigantesques.


A l’occasion, le même effet pourra être utilisé pour obtenir un résultat très différent. Dans le panel suivant, lorsque Batman est attaqué par les monstres de Hugo Strange, sa cape immense le fait apparaître plus petit encore face à ses adversaires.


Marshall Rogers se montre tout aussi inspiré lorsqu’il s’agit de faire évoluer son héros dans les rues de Gotham. Le mouvement est d’une fluidité et d’un dynamisme admirables, comme lors de cette plongée…


Son Joker est tout aussi mémorable. L’image suivante, dans laquelle le vilain semble se draper dans son rire hystérique, est l’une des plus belles que je connaisse.


La folie du personnage est palpable à chacune de ses apparitions. Pas seulement à travers la manière dont Rogers le dessine, déjà remarquable en soi, mais également grâce à la mise en page de l’artiste. Le Joker ne tient pas en place, gesticule, et finit même par crever la page…


Par ailleurs, Marshall Rogers continue d’expérimenter en jouant avec les onomatopées, qui s’inscrivent dans le décor de manière souvent inattendue et spectaculaire.


Elles vont parfois jusqu’à se substituer au décor lui-même…


Et l’on finit même par craindre que les personnages ne se prennent les pieds dedans !


Pour finir, quelques petits bouts de planches, juste histoire d’apprécier la qualité de la mise en page de l’auteur et son exceptionnel sens de la narration…








Après le départ de Steve Englehart, Marshall Rogers signera encore trois épisodes, deux signé Len Wein, un autre signé Denny O’Neil. Je vous quitte sur la toute dernière planche de son run, parue en France dans Heros 2000 n°2.

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