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Vieux 22/03/2007, 11h24
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Niglo change la caisse du Fauve


The Champions Classic vol.2
(Marvel Comics, 2007, 19.99$)

Contient : The Champions #12 à 17, Iron Man Annual #4, Avengers #163, Super-Villain Team-Up #14, Spectacular Spider-Man #17-18.
Scénario : Bill Mantlo & Jim Shooter.
Dessin : John Byrne, Bob Hall, George Tuska & Sal Buscema.
Encrage : Bob Layton, Mike Esposito, John Byrne, Don Perlin, Pablo Marcos, Duffy Vohland & Dave Hunt.


Après un épisode de mise en bouche, le duo Mantlo/Byrne va nous offrir la pleine mesure de son talent dès le récit suivant. The Champions #12 & 13 nous présentent une histoire au rythme frénétique, dans laquelle les Champions doivent faire face au retour de Stilt-Man, du Stranger, vont faire un tour dans la dimension où règne Kamo Tharn (rencontré autrefois dans les pages de Thor) et surtout désamorcer une bombe menaçant de détruire la planète. L’action se déroule à un rythme endiablé, tout le monde court dans tous les sens, souvent pour rien (le Stranger envoie les Champions dans le royaume de Kamo Tharn récupérer un artefact qui, en réalité, se trouve déjà sur Terre, dans un placard à balais !), mais il y a dans ces deux épisodes une énergie qui en font une lecture des plus réjouissantes. Même le ringard Stilt-Man y apparaît comme une menace crédible, c’est dire si ces épisodes sont réussis.

Le rythme ne faiblit pas dans les numéros suivants, mettant en scène un nouveau venu : Swarm. Un ancien scientifique nazi, expert en abeilles, dont l’une des expériences tournera mal et qui se verra transformé en essaim vivant ! Mantlo et Byrne mettent ici en scène une histoire apocalyptique, dans un Los Angeles en proie à la panique lorsque des millions d’insectes s’abattent sur la population.

Dans le même temps, si la série est au sommet de sa forme, les Champions en tant qu’équipe se portent de plus en plus mal. Ses membres ont toujours autant de difficultés à travailler en équipe (et l’arrivée en tant que membre honoraire de Darkstar n’a rien arrangé, bien au contraire) et tout semble aller de travers pour eux, à commencer par leur Q.G., construit n’importe comment, et dont les installations vont se retourner contre ses occupants. Bill Mantlo gère également extrêmement bien cette partie de l’histoire, même si l’on peut se demander à long terme comment cette équipe pourra continuer à fonctionner. L’arrêt de la série empêchera que cette question ne se pose.


(The Champions #15, John Byrne & Mike Esposito, panel censuré en vf)

A la même époque, les Champions commencent à apparaître dans d’autres titres. Ils sont ainsi les invités d’honneur d’Iron Man Annual #4, encore signé Mantlo, dans lequel le vengeur doré vient demander leur aide pour l’aider à retrouver Modok. Les Champions participent alors à une bataille contre l’A.I.M. à ses côtés. Un comic-book dans lequel figure Modok ne pouvant pas par définition être foncièrement mauvais, et celui-ci mettant en outre en scène quelques croquignolesques créatures sous-marines, on ne peut pas vraiment dire du mal de cet épisode, qui reste tout de même très anecdotique.

A peu près au même moment, dans Avengers #163, c’est Jim Shooter qui invite les Champions dans sa série. Ils y retrouvent Iron Man, mais cette fois la rencontre est bien moins amicale. Iron Man est contraint de se battre contre eux pour sauver Beast, pris en otage par Typhon, un dieu olympien de troisième zone décidé à se venger d’Hercule. Un récit sans la moindre espèce d’intérêt.


(Iron Man Annual #4, George Tuska & Don Perlin)

Avant d’aborder The Champions #16, il faut faire un détour par l’ultime numéro de Super-Villain Team-Up, le #14. On y assiste à un affrontement entre Magneto et Dr. Doom, lequel a mis au point un gaz qui lui assure l’allégeance de toute l’humanité. Après avoir fait la démonstration de sa force, Doom laisse Magneto fuir et aller chercher de l’aide chez ses anciens adversaires, les Avengers. Il doit se contenter de Beast comme unique soutien. La fin de l’épisode marque l’entrée en scène des Champions, à qui ils sont venus demander leur aide, mais qui sont, comme le reste de la planète, contrôlés par Doom.

L’action se poursuit donc dans The Champions #16, l’un des plus mauvais épisodes de la série. Magneto et les Champions s’affrontent dans les jardins de la Maison Blanche, où Doom est venu se faire accueillir par le président Carter. Pour couronner le tout, Hulk débarque et on se bagarre dans tous les sens jusqu’à une conclusion sortie de nulle part qui voit tout le monde retrouver enfin son libre-arbitre. Calamiteux.

The Champions #17 est donc l’ultime numéro de la série. Pour la première fois, Mantlo va chercher son inspiration du côté des anciens adversaires des X-Men que sont Angel et Iceman, en faisant intervenir plusieurs mauvais mutants (Blob, Unus, Lorelei) poursuivis par des Sentinelles. Au bout du compte on découvre qu’il s’agit d’une machination du Vanisher pour se venger de ses vieux ennemis, mais le récit est assez réussi, et les planches de Tuska encrées par Byrne sont assez étonnantes, Byrne apportant au vieux maître un dynamisme qui ne lui est pas coutumier.


(The Champions #17, George Tuska & John Byrne)

La série s’achève prématurément, mais Bill Mantlo n’en a pas tout à fait fini avec le groupe. Il va nous conter l’épilogue de leur histoire dans les pages de Spectacular Spider-Man #17 & 18. On y apprend que le groupe s’est séparé immédiatement après les évènements narrés dans The Champions #17, chacun repartant de son côté, laissant Angel seul avec sur le dos un bâtiment tout neuf et déjà bon pour la démolition. Peter Parker, venu réaliser un reportage sur la dissolution du groupe, va très vite réaliser que quelque chose ne tourne pas rond, et découvrir que Rampage, l’ancien adversaire du groupe aujourd’hui condamné à la chaise roulante, a conçu un plan machiavélique pour se venger de ses ennemis, hypnotisant Iceman pour faire de lui le nouveau Rampage !

Ces deux épisodes d’adieu fonctionnent tout à fait bien, et donnent en outre à voir un Iceman qui, libéré de toutes restrictions morales, se déchaîne et fait une démonstration de ses pouvoirs qu’on ne soupçonnait guère jusqu’alors. Plus que jamais, les Champions nous apparaissent ici comme un groupe maudit, victime des aléas et de ses tensions internes. Tel quel, le groupe n’avait à peu près aucune chance de s’imposer durablement, et le choix de Mantlo de tirer un trait sur cette histoire comme il le fait ici est certainement la meilleure solution. C’est sans doute la raison pour laquelle, trente ans plus tard, les Champions ont gardé pour la plupart des fans Marvel un aura mythique, et que la série, malgré des hauts et des bas, reste l’une des plus mémorables des années soixante-dix.


(Je dédie tout spécialement ce KWHOM ! final à Ivan Rebroff, parce qu’il le vaut bien)
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