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Vieux 20/03/2007, 14h58
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Niglo change la caisse du Fauve


The Champions Classic vol.1
(Marvel Comics, 2006, 2006)

Contient : The Champions #1 à 11.
Scénario : Tony Isabella, Chris Claremont & Bill Mantlo.
Dessin : Don Heck, George Tuska, Bob Hall & John Byrne.
Encrage : Mike Esposito, John Tartaglione, Vince Colletta, Bruce D. Patterson, Bob Layton & Frank Giacoia.


The Champions est une série qui, malgré sa brièveté (17 numéros seulement) a marqué les mémoires de la plupart des Marvelophiles. Un groupe aussi atypique qu’improbable, peut-être davantage encore que les Defenders, composé de deux anciens X-Men disparus avec le relaunch de la série (Angel et Iceman), Black Widow, récemment séparée d’avec Daredevil, un demi-dieu, Hercule, Avenger occasionnel et punching-ball préféré de Thor, et un héros, seul à bénéficier de sa propre série, mais que son caractère démoniaque a tenu le plus souvent éloigné du reste du Marvel Universe : Ghost Rider.

Dans un article récent (in Back-Issue #19, décembre 2006), Tony Isabella revenait sur les origines de cette série. Le pitch initial qu’il avait proposé était extrêmement différent du résultat final : seuls Angel et Iceman auraient dû être à l’honneur, et Isabella envisageait de les faire voyager à travers les Etats-Unis, venant en aide à de braves gens dont ils auraient croisé la route.

Intervient un editor (Isabella ne le cite pas, mais tout laisse à penser qu’il s’agit de Len Wein) qui lui demande de revoir sa copie et impose des changements drastiques. ‘I was told a super-hero team must have five members. I was told this by the editor and writer of Fantastic Four.’ Sans commentaires…


(The Champions #1, Don Heck & Mike Esposito)

La naissance du groupe va s’étendre sur les trois premiers numéros de la série. Bobby Drake et Warren Worthington visitent le campus universitaire de Los Angeles, où Bobby poursuit ses études ; Black Widow est présente aussi, accompagnée comme toujours à l’époque de son fidèle chauffeur Ivan, et est venue postuler pour une place de professeur de russe ; Hercule est là pour animer une séance de lectures pour les étudiants et les entretenir des merveilles de l’Olympe ; quant au Ghost Rider, il se contentait de passer dans le coin lorsque les évènements vont se déclencher, en l’occurrence l’apparition soudaine de créatures fort improbables : harpies, amazones, mutates, ainsi qu’une version revue et corrigée du Cerbère de la légende.

La cible de ses diverses créatures, on le découvre bientôt, est Hercule, mais aussi Venus, qui s’avère être enseignante à UCLA. Le premier épisode s’achève avec l’arrivée de Pluton, responsable de tout ce cirque, qui a mis au point un stratagème pour contraindre Hercule à épouser Hippolyta et Venus à se marier avec Ares.

L’action va se poursuivre non-stop dans les deux numéros suivants, ajoutant de nouveaux vilains à la bataille (Huntsman et Menoetius) et se terminant en Olympe, où Hercule et Venus ont été conduits de force, et où le reste de la non-équipe va partir les délivrer. L’occasion de revoir quelques visages familiers de la mythologie gréco-marvelienne, Zeus en tête. Ce dernier, manipulé par Pluton tout du long, finira par entendre raison et annulera les promesses de mariage faites.


(The Champions #2, Don Heck & John Tartaglione)

L’intérêt de ce premier arc est de mettre la plupart de ses protagonistes, Hercule et Zeus exceptés, face à un type de menace qu’ils n’ont guère eu l’occasion de fréquenter. Angel et Iceman ont plus souvent lutter contre des mauvais mutants que des êtres mythiques, et l’on a été davantage habitué à voir Black Widow évoluer au-dessus de New York ou de San Francisco qu’au sommet du mont Olympien.

Malheureusement, pour ce type de récit spectaculaire, Don Heck n’est sans doute pas le dessinateur idéal. Il s’en sort au final très honorablement, empruntant pas mal à Kirby pour illustrer certains personnages (les mutates déjà rencontrés dans Thor quelques années plus tôt), même si sa mise en scène paraît dans l’ensemble quelque peu chiche.

L’arrivée pour le troisième épisode de George Tuska semble un choix plus judicieux. Ses corps massifs conviennent bien mieux à un personnage tel que Hercule, et même sa Black Widow, qu’on découvre en bikini au début de l’épisode, ne manque pas de charme(s). On regrettera en revanche l’absence quasi-totale de décors lorsque nos héros partent mener leur combat final sur le mont Olympe.


(The Champions #3, George Tuska & Vince Colletta)

Au terme de ce premier récit, les Champions n’existent toujours pas réellement en tant que groupe. Néanmoins la série semble avoir su séduire le lectorat de l’époque, puisque de bimestrielle elle passe mensuelle à partir du #4. Episode qui s’avère être un fill-in, Tony Isabella cédant la place à Chris Claremont pour une histoire de savant fou expérimentant sur des cobayes humains. C’est l’occasion pour le scénariste de faire s’affronter les Champions entre eux. C’est l’unique intérêt de cet épisode, c’est dire s’il est dispensable.

Tony Isabella est de retour pour The Champions #5, et l’équipe commence enfin à prendre corps. Angel découvre que ses parents lui ont légué une petite fortune, largement de quoi assurer le fonctionnement d’une équipe de super-héros. Il engage même Richard Fenster (l’homme qui avait fait venir Hercule à L.A. pour la séance de lecture dans The Champions #1) comme ‘business manager’ de Champions, Inc.

Cet épisode (et le suivant) marque également l’entrée en scène d’un nouveau vilain, Rampage, que l’on nous présente comme ‘le premier super-vilain né de la récession’ (nous sommes alors au lendemain du choc pétrolier de 1973) : Rampage. Si l’on passe outre le côté spectaculaire de l’annonce, il s’agit en fait d’un inventeur de génie, Stuart Clarke, créateur d’un exo-squelette révolutionnaire mais victime du contexte économique de l’époque. Pour continuer ses recherches, il ne trouve d’autre solution que de revêtir son armure et de s’attaquer à une banque. Au final le personnage apparaît davantage comme un malade mental que comme une victime de la société.


(The Champions #5, Don Heck & John Tartaglione)

Rampage est vaincu en deux épisodes, mais fait son retour dès le numéro suivant, qui débute un récit qui va s’étendre sur quatre numéros au total, se focalisant sur les personnages de Black Widow et (surtout) Ivan, et leur origines. Les Champions vont y faire face à une association de vilains composés de, outre Rampage, Titanium-Man, Crimson Dynamo, Griffin et une nouvelle venue : Darkstar.

Dans l’article de Back-Issue précédemment cité, Tony Isabella revient sur cet arc et ce qu’il avait prévu d’y raconter. On devait y apprendre que non seulement Ivan Petrovitch est le père du nouveau Crimson Dynamo introduit dans ce récit, mais également de Black Widow. On savait alors qu’Ivan avait sauvé la vie de Natasha Romanoff durant le siège de Stalingrad, on aurait du apprendre que, faute d’avoir pu également sauver sa femme et son fils, son sentiment de culpabilité l’avait empêché jusqu’alors de lui révéler qu’elle est sa fille.

Seulement voilà, Tony Isabella n’aura jamais l’occasion de mener son récit à terme. Avant la parution de The Champions #8, toute l’équipe en charge de la série plie brusquement bagage et est remplacée au pied levé par une nouvelle : Archie Goodwin succède à Marv Wolfman au poste d’editor, Bill Mantlo reprend le scénario là où Isabella l’a laissé, et ce sont Bob Hall et Bruce Patterson qui se chargent de la partie artistique. Et si le nouveau Crimson Dynamo est bien le fils d’Ivan, Mantlo ne reprend pas à son compte l’idée de faire de ce dernier le père de Black Widow.

A l’occasion de cet affrontement, les Champions font leurs débuts officiels, lors d’une conférence de presse qui menace de tourner au désastre lorsque les vilains précédemment évoqués passent à l’attaque. L’intrigue piétine quelque peu par la suite, la révélation finale se faisant attendre un peu trop longtemps. Néanmoins, la bonne idée de Bill Mantlo est de retourner Darkstar contre ses alliés, ce qui va permettre très bientôt d’en faire le sixième membre des Champions.


(The Champions #8, Bob Hall & Bruce D. Patterson)

Bob Hall ne reste sur la série que le temps de trois épisodes, et est remplacé à partir de The Champions #11 par un jeune artiste qui n’a pas fini de faire parler de lui : John Byrne. Cela fait moins de deux ans que le dessinateur est chez Marvel, après un passage chez Charlton, mais il a déjà fait la preuve de son talent et aussi de son incroyable productivité (le même mois où paraît Champions #11, il signe également les dessins d’Iron Fist #11 et Marvel Team-Up #54 !). Iron Fist étant passé bimestriel peu de temps avant, et The Champions connaissant le même sort peu de temps après, il n’aura aucun mal à mener les deux séries de front durant quelques mois.

The Champions #11 accueille quelques invités tout à fait intéressant. Tout d’abord Bill Foster, alias Black Goliath, personnage créé par Stan Lee dans Avengers #32, mais métamorphosé en super-héros dans Power-Man #24 par… Tony Isabella ! On peut se demander si l’idée d’utiliser le personnage dans la série (on le retrouvera par la suite, et il semblerait que, si la série ne s’était pas arrêtée prématurément, il serait devenu un membre permanent du groupe) vient du seul Bill Mantlo ou s’il était en contact à l’époque avec Isabella.

Autres invités de marque : Hawkeye et Two-Gun Kid, de passage au vingtième siècle suite à un fameux arc d’Avengers impliquant Kang. Ces deux personnages jouent un rôle important dans cette histoire, qui voit également le retour de Warlord Kaa, menace extraterrestre précédemment vaincue par Hulk, sorte d’ombre pensante capable de prendre le contrôle des esprits de ceux avec qui il entre en contact.

C’est également dans cet épisode que les Champions se dotent d’un Q.G. et de divers gadgets. Malheureusement pour eux, tout cet équipement va s’avérer très rapidement être une source d’ennuis permanents. Excellente idée de la part de Mantlo, qui renforce le côté atypique du groupe (a-t-on déjà vu le Quinjet des Avengers tomber en panne parce que conçu à partir de matériel de mauvaise qualité ?).


(The Champions #11, John Byrne & Bob Layton)

Bizarrement, à relire ces épisodes trois décennies plus tard, malgré des intrigues dans l’ensemble assez peu passionnantes et des dessins pas toujours à la hauteur, Byrne excepté, le charme fonctionne toujours aussi bien. Le côté improbable de l’équipe reste son élément le plus intéressant et paradoxalement attachant. Les membres des Champions passent une bonne partie de leur temps à s’engueuler, et leur incapacité à travailler ensemble menace régulièrement de tourner à la catastrophe. Ainsi, dans The Champions #10, nos héros se retrouvent enfermés sous terre, à proximité de la faille de San Andreas. Les collègues du très obtus Hercule auront le plus grand mal à empêcher le titan de s’attaquer aux murs qui l’emprisonnent, chacun de ses coups menaçant pourtant de faire s’effondrer toute une partie de la Californie dans les eaux du Pacifique…

De même, personne ne semble avoir averti Ghost Rider qu’il fait désormais partie d’une équipe, et le motard fantôme aura tendance à partir à l’aventure seul de son côté, sans même songer à avertir ses partenaires en cas de danger. Quant à Black Widow, l’histoire d’Ivan et son fils montrent combien elle n’est pas prête à partager certains secrets avec le reste de l’équipe. Et même en ce qui concerne Iceman, les lecteurs sont assez rapidement mis au courant de son intention d’abandonner dès que possible sa carrière super-héroïque, même s’il ne s’en ouvre pas à ses camarades…

Bref, ces onze premiers épisodes, malgré des défauts certains, constituent une lecture des plus agréables. Et le meilleur reste encore à venir…

La suite et fin demain avec le volume 2 de cette réédition.


(The Champions #11, John Byrne & Bob Layton)
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