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Vieux 16/03/2007, 11h18
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Niglo change la caisse du Fauve


Lady Death : The Wicked #½ & 1
(Avatar, juillet & novembre 2005, 16 & 32 pp., 2.99 & 3.99$)

Scénario : Brian Pulido.
Dessin : Richard Ortiz.


(Cette chronique inhabituellement matinale vous est offerte par Monsieur Gilles C., qui, rappelons-le, est au comic-book mammaire ce que Messieurs Yvert et Tellier sont à la philatélie (on a les passe-temps qu’on mérite) et au bonnet D ce qu’Olympe de Gouge fut au bonnet phrygien. Je referme la parenthèse, attention les doigts).

Pour les gens de bon goût, Avatar est l’éditeur de quelques side-projects de Warren Ellis, Alan Moore et Garth Ennis. Pour les autres, Avatar est l’éditeur de Brian Pulido qui, des pages de Lady Death à celles de Chastity, n’a cessé de proclamer son amour des jeunes femmes aux poitrines opulentes et à la garde-robe tenant tout entière dans une boite à gants, voir figure 1.


Je ne sais pas exactement comment qualifier Lady Death : the Wicked. Mini-série me paraît un poil exagéré pour une histoire qui tient en un épisode et demi. Micro-série ? Admettons. Ceci dit, après lecture, force est de constater qu’il n’y avait pas vraiment matière à faire plus. Le script de Brian Pulido tiendrait aisément sur le string de son héroïne.

Il n’est pas vraiment utile de connaître quoi que ce soit sur Lady Death avant d’entamer la lecture de The Wicked, ni qui elle est ni où elle va. D’ailleurs, dans les premières pages, elle ne le sait pas elle-même. La donzelle surgit au milieu de nulle part, dans un univers de brume et d’arbres morts. Décor minimaliste, évitant ainsi de distraire l’attention du lecteur du véritable propos des auteurs, et obligeant l’héroïne à se contorsionner en tous sens dans l’espoir vain de retrouver son chemin tout en laissant au lecteur le temps d’admirer ses formes sous tous ses angles bien arrondis, voir figure 2.


Il apparaît bien vite que la mamelue n’est pas seule à errer par ici, et la voilà attaquée par un vilain poilu qui se jette sur elle, toutes griffes dehors. Pas de chance pour elle, Lady Death réalise qu’elle n’a plus ni épée, ni pouvoirs magiques. Le temps presse, déjà la bête arrache de petits bouts de tissus, ce qui requiert une dextérité et une précision remarquables étant donné la pénurie du matériau.

Néanmoins, la pulpeuse n’est pas sans ressources et parviendra à se défaire de la bête immonde. Mais d’autres bruits se font entendre alentour, des silhouettes menaçantes se dessinent à l’horizon, et la voilà qui se met à courir, d’une course rebondie semblant défier davantage à chaque foulée les lois de la gravité, voir figure 3.


La miss finit par trouver refuge dans une auberge, où l’accueil est moins que chaleureux. Aucunement émus par l’accoutrement et les rotondités de la donzelle, les piliers de bar réunis dans ce bouge n’ont d’autre idée que de la renvoyer de là où elle vient et de la laisser se débrouiller seule face aux créatures qui la pourchassent.

C’est sur ce suspense insoutenable que se termine ce numéro ½, 11 pages seulement, soit autant que de variant covers disponibles pour cet illustré. Nous nous retrouvons pour parler du #1, juste après cette charmante pin-up, simplement aperçue dans cette première partie mais dont nous découvrirons le rôle dans la suivante.


Nous avions quitté Lady Death en fâcheuse mais provocante posture, nous la retrouvons éclatant du crâne de démons à tout va. Accessoirement, on découvre que la scène se déroule en Ecosse, en 1923. Que fait-elle à cette époque ? Et pourquoi et comment la jeune fille découverte tout à l’heure, voir figure 4, peut-elle observer Lady Death depuis sa chambre, alors que sa mère ne cesse de lui rappeler qu’il est l’heure de passer à table ?

La demoiselle semble vouloir s’amuser avec notre pulpeuse héroïne, et lorsque la situation semble désespérée du côté de l’Ecosse, elle la transfère soudain au Mexique, six siècles plus tôt, où les démons poilus cèdent leur place à des prêtres aztèques, jamais les derniers pour la déconne et les sacrifices humains. La situation est d’autant plus dramatique que le peu de vêtements de la dame ne cesse de s’effilocher au fil des pages, voir figure 5. Faudra-t-il renvoyer ce comic-book à l’imprimeur pour y ajouter en couverture la mention Mature Readers avant la fin du récit ?


Une nouvelle fois, Lady Death évite in extremis le sort funeste qui lui était promis et atterrit en Alaska, quelques siècles plus tôt. Sans anorak ni moufles, cernée par quelques yetis, la belle ne s’éternise guère dans ce décor de glace, qu’elle troque brusquement contre la Chine du XVIIème siècle, où l’usage de la magie noire était semble-t-il fréquent, si l’on en juge par l’armée de samouraïs-zombies qui l’assaille aussitôt.

Dans sa chambre, entourée de ses jouets, l’ingénue Pariah (c’est ainsi qu’elle se nomme) se délecte des avanies qu’elle fait subir à Lady Death. Qui aurait pu imaginer cette douce enfant, si pure et innocente et plantureuse, voir figure 6, capable d’une telle cruauté ?


Cernée de toute part et portant désormais moins de 6cm² de vêtements, bottes comprises, Lady Death va réussir à vaincre le sortilège de Pariah en se brûlant la main à une torche. Elle se retrouve aussitôt dans la chambre de l’angélique démon, prête à en découdre.

Mais c’est le moment que choisissent papa et maman Pariah pour faire leur entrée. Constatant avec déplaisir que leur fillette à user de magie quant bien même ils le lui avaient défendu, ils prennent le parti de Lady Death, tout en sollicitant sa clémence. Lady Death saura se montrer sévère mais juste, offrant ainsi aux lecteurs un spectacle auxquelles ils n’osaient même pas rêver jusqu’alors, et dont l’image leur tiendra compagnie durant leurs longues nuits d’insomnie, voir figure 7 :


Très sincèrement, que demander de plus à la vie ? L’empreinte rosée d’une main gracile sur une fesse blanche et dénudée ? Ah, oui, effectivement, oui, c’eut été beau. La prochaine fois, promis.
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