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Vieux 10/03/2007, 13h52
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Niglo change la caisse du Fauve
Essential Ms. Marvel (2/2)


La dualité Ms. Marvel/Carol Danvers va occuper une place de plus en plus importante dans la série. Capturée par Modok, Carol Danvers va tenter de se sauver de cette situation sans recourir à Ms. Marvel. Cette dernière va devoir prendre de force le contrôle de leur corps pour régler cette situation.

La lutte qui oppose ces deux personnalités va atteindre son paroxysme dans Ms. Marvel #11 à 13. L’un de ses rêves prémonitoires avertit Carol Danvers que son amie, l’astronaute Salia Petrie, va périr dans un accident à bord de la fusée où elle se trouve. Mais un autre rêve avertit Ms. Marvel d’une menace pour l’humanité entière. Ms. Marvel devra donc abandonner Salia à son sinistre sort pour empêcher un trio de vilain de s’emparer du Ruby Scarab (Claremont donne ici suite à une intrigue développée dans Supernatural Thrillers #10 à 15, c’est dire s’il fait les fonds de tiroir…). Carol Danvers tiendra Ms. Marvel pour responsable de la mort de son amie.

Néanmoins, au terme de ce récit, le problème de cette double personnalité semblera réglé, lorsque Carol Danvers découvrira presque par hasard que, même sans se transformer en Ms. Marvel, elle en a les pouvoirs. Elle comprend alors que sa personnalité Kree n’est qu’une invention de sa psyché, apparue au moment où elle a acquis ses pouvoirs, et n’ayant pour but que de l’aider à s’adapter à sa nouvelle situation. Ce qui n’explique pas comment elle peut avoir les souvenirs d’évènements s’étant déroulés sur Kree-Lar, où Carol Danvers n’a jamais mis les pieds. Claremont reviendra sur cette question dans quelques mois. En attendant, Carol Danvers est tellement heureuse d’avoir réglé son problème qu’elle en oublie la mort de Salia Petrie…


(Ms. Marvel #13, Jim Mooney & Joe Sinnott)

Dans Ms. Marvel #13, Chris Claremont introduit les parents de Carol Danvers. Là aussi, leur rôle restera assez anecdotique et très bref. Son père, un vieux machiste pour qui les femmes n’ont leur place qu’en cuisine, permet au scénariste de mettre en avant le côté indépendant et volontaire de Carol Danvers. Quant à sa mère, discrète et ménagère, elle reconnaîtra instantanément sa fille sous le masque de Ms. Marvel.

Les vilains, plus inintéressants les uns que les autres, se succèdent dans la série. Dans Ms. Marvel #13, se sont deux extraterrestres, l’un baptisé Digger, l’autre même pas nommé, qui font leur apparition. Ils s’attaquent à un navire à bord duquel se trouve Carol Danvers, sans que leurs motivations ne soient clairement explicitées. On ne les reverra plus pendant… vingt ans ! C’est Kurt Busiek qui les ressortira de la naphtaline, dans Iron Man #18 et 23 à 25, et étoffera quelque peu ces personnages (donnant même un nom à celui qui ici n’en a pas : Golden-Blade).

Suivent ensuite Steeplejack (deuxième du nom, le premier ayant été tué dans Power Man #18) dans Ms. Marvel #14, Tiger Shark dans les #15 & 16 (le vilain s’attaque à Namorita, la cousine de Namor, et Ms. Marvel s’interpose) et dans les #17 & 18 un nouveau vilain, Centurion.


(Ms. Marvel #15, Jim Mooney & Tony DeZuniga)

Ces deux derniers épisodes voient également la naissance d’un autre personnage, une métamorphe dont on ne connaîtra dans un premier temps que le prénom, Raven, mais que l’on découvrira enfin sous sa véritable apparence dans Ms. Marvel #18 : Raven Darkholme, alias Mystique !

Son introduction dans la série se fait à travers une intrigue secondaire entamée dans Ms. Marvel #9 : quelqu’un essaie de tuer Carol Danvers. Cela commence par l’incendie de son appartement (#9), puis par une tentative d’effraction dans les locaux de Women, le magazine que dirige Carol. L’intervention de Frank Gianelli empêchera le voleur de parvenir à ses fins et permettra qu’il soit identifié : il s’agit d’un certain Geoffrey Ballard, ancien de la C.I.A. ayant trempé dans diverses affaires louches. C’est ce même Ballard qui, sous l’identité de Centurion, va tenter de tuer Ms. Marvel, après s’être introduit avec l’aide de Mystique à bord de l’héliporteur du SHIELD pour s’emparer d’une arme expérimentale. On découvrira un peu plus tard que Mystique travaille pour un mystérieux commanditaire, mais la série s’achèvera avant que l’on ne découvre son identité.


(Ms. Marvel #18, Jim Mooney & Ricardo Villamonte)

Ms. Marvel #19 voit enfin la visite dans la série, pour la première fois, de Captain Marvel. Chris Claremont finit par plonger son personnage dans le contexte qui l’a vu naître (elle affronte ici l’Intelligence Suprême et Ronan l’Accusateur) et en profite pour mettre un terme à l’histoire de la dualité Ms. Marvel/Carol Danvers. On apprend enfin un peu plus précisément le phénomène à l’origine de ses pouvoirs (une machine kree qui a tiré des néga-bracelets de Captain Marvel une partie de son énergie et l’a transférée dans le corps de Carol Danvers, répondant à un vœu du subconscient de la jeune femme) et il est établi une fois pour toute que Carol est 100% humaine, ses souvenirs d’une vie antérieure sur Kree-Lar n’étant qu’une invention destinée à lui permettre de s’habituer à ses nouveaux pouvoirs.

Ms. Marvel #20 marque un tournant dans la série. L’héroïne y adopte un nouveau look, ce qui s’explique aisément après les révélations sur sa véritable nature dans l’épisode précédent. Cet épisode marque également l’arrivée sur le titre du complice de Claremont sur les premiers épisodes des nouveaux X-Men, Dave Cockrum, lequel ne restera malheureusement que deux numéros (sa prestation sur le #20 est de loin la meilleure de toute la série). Depuis deux numéros, la série est passée bimestrielle, signe évident que le titre est de plus en plus menacé. Il est temps d’y insuffler un peu de nouveauté.

Malheureusement, niveau scénario, on commence ici à véritablement toucher le fond. Les #20 & 21 voient Ms. Marvel affronter une espèce de lézards intelligents, ayant créé une civilisation souterraine après que des essais atomiques ont provoqué en eux une évolution accélérée. L’intrigue est risible, elle a cependant le mérite de permettre à Dave Cockrum de signer des planches absolument somptueuses (au moins sur le #20, encré à la perfection par Bob Wiacek. Sur le suivant, l’encrage d’Al Milgrom est beaucoup plus sommaire et gâche la précision du trait de Cockrum).


(Ms. Marvel #20, Dave Cockrum & Bob Wiacek)

Ms. Marvel #22 marque l’arrivée sur le titre de Mike Vosburg. Carol Danvers se fait licencier par J. Jonah Jameson, mais son rôle de rédactrice en chef était si peu important dans la série que cela ne change pas grand chose. L’équipe du magazine apparaît une dernière fois lors d’une fête surprise qu’ils organisent à leur ancienne patronne. Cet épisode marque également le retour de Death-Bird, sans que l’on en apprenne beaucoup plus sur ce personnage.

La série s’interrompt brutalement au #23. Peut-être bien le plus mauvais épisode de la série, qui voit le retour de Salia Petrie, que l’on croyait morte depuis Ms. Marvel, mais qui, apprend-on ici, a été sauvé par le Faceless One, obscur personnage créé par Roy Thomas et Bill Everett dans Astonishing Tales #2 et jamais revu depuis ! Une histoire sans queue ni tête, à laquelle participe également le Gardien de la Galaxie Vance Astro.

La série s’achève donc sur cette triste histoire, mais Claremont et Vosburg avaient déjà bouclé le #24 et une partie du #25 lorsque l’arrêt du titre fut annoncé. Ces épisodes paraîtront finalement en 1992, dans Marvel Super-Heroes #10 & 11. XXL a traité en détail ces deux épisodes ici. Dans le premier, Ms. Marvel y affronte Sabretooth, toutes griffes dehors. On y découvre également la mort de Michael Barnett, le médecin ami de Carol présent depuis le début de la série.

La responsable de ce meurtre sera révélée dans l’épisode suivant : il s’agit de Mystique, plus décidée que jamais à vouloir la mort de Carol Danvers, sans qu’aucune explication ne nous soit donnée. Elle est ici aidée de sa nouvelle Brotherhood of Evil Mutants, Pyro et Avalanche en tête. Claremont et Vosburg ont réalisé les vingt premières pages de cet épisode (on peut raisonnablement penser que ce vingt-cinquième épisode devait être double), c’est à Simon Furman, des années après, que revint la tâche de boucler cette histoire. Furman assure le minimum syndical, se contentant de lier de manière grossière ces évènements avec ceux que l’on découvre dans Avengers Annual #10 (aucune explication sur les motivations de Mystique, ni sur le déménagement de Carol Danvers à San Francisco).


(Marvel Super-Heroes #10, Mike Vosburg).

Cet Essential se clôt sur le fameux Avengers Annual #10, dans lequel on apprenait que Rogue s’est emparée des pouvoirs et des souvenirs de Ms. Marvel. On y découvre une Carol Danvers amnésique, totalement déboussolée par ce qui lui arrive, et au final contrainte de repartir à zéro. Chris Claremont l’accueillera au sein de ses X-Men, le temps de la transformer en Binary, mais ceci est une autre histoire.

Un mot pour finir sur les dessinateurs qui se sont succédés sur la série. Sur les trois premiers numéros, John Buscema signe une prestation assez quelconque, visiblement peu inspiré par ce personnage (on pourrait faire la même remarque de son travail sur Savage She-Hulk trois ans plus tard). Jim Mooney, qui lui succède, signera au total dix épisodes. L’encrage de Joe Sinnott sur les premiers permet d’atténuer les différences de style entre Mooney et Buscema. Par la suite, divers encreurs se succèderont sur ses planches, avec un résultat global plutôt bon. Quelques autres dessinateurs viendront remplacer Mooney de temps à autre : Keith Pollard (#9), Sal Buscema (#10 à 12), Carmine Infantino (#14 & 19), Dave Cockrum (#20-21) et Mike Vosburg (#22 à 25). A part le #20 de Cockrum & Wiacek, aucun n’a fourni sur cette série un travail exceptionnel, mais la qualité d’ensemble reste assez bonne.

Ms. Marvel est loin d’être une série inoubliable. Faute de vilains d’envergure, de personnages secondaires intéressants et d’idées un tant soit peu originales, la série ne se démarque pas franchement des autres titres de l’époque, et si elle constitue une lecture pas forcément désagréable, elle demeure au final assez anecdotique.

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