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Vieux 09/03/2007, 16h24
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Niglo change la caisse du Fauve
Essential Ms. Marvel, part 1/2



Essential Ms. Marvel vol.1
(Marvel Comics, février 2007, 16.99$)

Scénario : Gerry Conway, Chris Claremont & Simon Furman.
Dessin : John Buscema, Jim Mooney, Keith Pollard, Sal Buscema, Carmine Infantino, Dave Cockrum, Mike Vosburg, Mike Gustovich & Michael Golden.


Profitons de la réédition de l’intégrale de la première série de la dame (agrémentée de quelques bonus) pour revenir un peu sur le début de sa carrière.

Marvel n’a jamais eu beaucoup de réussite avec ses titres consacrés à des super-héroïnes. DC avait Wonder Woman, Marvel n’est jamais parvenu à obtenir un succès équivalent. Lorsque Ms. Marvel #1 paraît, début 1977, cela fait plus de quatre ans que Marvel n’a pas lancé une nouvelle série donnant la vedette à une femme. Fin 1972, deux titres avaient été lancés : The Cat et Shanna, the She-Devil. Le premier disparut au bout de quatre numéros, le second au bout de cinq.

Ms. Marvel marque le début d’une nouvelle époque pour Marvel, qui va par la suite lancer plusieurs titres consacrés à une super-héroïne : Spider-Woman en 1978, The Savage She-Hulk en 1980, Dazzler en 1981. Aucune de ces séries ne parviendra à s’imposer durablement (seule Spider-Woman atteindra son cinquantième numéro), mais chacune fera une carrière plutôt honorable.


(Ms. Marvel #1, John Buscema & Joe Sinnott)

Contrairement à une Jennifer Walters ou une Jessica Drew, Carol Danvers ne sort pas tout à fait de nulle part. Le personnage tenait un rôle important dans les premiers épisodes de Captain Marvel (à l’époque où celui-ci se trimballait encore dans son costume vert et blanc). Hormis une poignée d’apparitions par la suite, le personnage disparut assez vite dans les limbes Marvel.

Gerry Conway décida de l’en sortir pour en faire une super-héroïne, calquant son look sur celui de Captain Marvel. Néanmoins, dans un premier temps, il laisse planer le doute quant au fait que Carol Danvers soit Ms. Marvel. La première souffre de migraines et de malaises chroniques, la seconde est amnésique. Le doute sera néanmoins levé dès le deuxième épisode.

Curieusement, Gerry Conway ne replace pas Carol Danvers dans le contexte où elle évoluait à l’époque de Captain Marvel, mais choisit plutôt de l’envoyer dans l’univers de Spider-Man. Ancienne responsable de la sécurité à Cap Canaveral, elle est devenue par la suite auteur à succès et, dans Ms. Marvel #1, elle se voit confier un poste de rédactrice en chef d’un magazine féminin, Women, par J. Jonah Jameson. Les habitués du Daily Bugle apparaissent tous ou presque dans ce premier épisode, et Carol Danvers va se faire une amie en la personne de Mary Jane Watson. Peter Parker est là également, mais se contente de faire une très brève apparition dans ce premier numéro.


(Ms. Marvel #1, John Buscema & Joe Sinnott)

Pour choisir le premier adversaire qu’aura à affronter Ms. Marvel, Gerry Conway va également piocher du côté des ennemis habituels de Spider-Man, et en sortir le Scorpion. Lequel, à l’époque, n’a d’autre but que de se venger de J. Jonah Jameson, à l’origine de sa transformation.

Le premier épisode entre rapidement dans le vif de l’action et permet d’évaluer les pouvoirs de Ms. Marvel : outre sa super-force, elle peut voler grâce à un réseau électrique à l’intérieur de son costume, et dispose en outre d’un ‘septième sens’ l’avertissant du moindre danger.

Gerry Conway s’intéresse au moins autant à Carol Danvers, qu’il nous décrit comme une jeune femme indépendante, faisant passer sa carrière avant sa vie privée, et ne se laissant pas marcher sur les pieds (il faut la voir tenir tête à J. Jonah Jameson dans une scène très réussie).

Gerry Conway va néanmoins faire le lien avec le passé de Carol Danvers à travers le personnage du professeur Kerwin Korman, scientifique travaillant pour l’A.I.M., qui va découvrir on ne sait trop comment que les pouvoirs de Ms. Marvel trouvent leur origine dans le combat final qui opposa Captain Marvel à son ennemi juré, Yon-Rogg (in Captain Marvel #18). Lors de cette bataille, Carol Danvers fut exposée à des radiations à l’origine de son pouvoir. Korman, sous l’identité du Destructor, va tenter de s’approprier ces pouvoirs, sans succès. Ses machinations s’étendent sur les quatre premiers épisodes de la série, et font également intervenir le Doomsday Man, un robot censé être indestructible, vaincu auparavant par le Silver Surfer (in Silver Surfer #13).


(Ms. Marvel #3, John Buscema & Joe Sinnott)

Le combat contre le Destructor va permettre à Gerry Conway d’évoquer les origines de son personnage, ainsi que la dualité Ms. Marvel/Carol Danvers. A la fin du troisième épisode, Ms. Marvel recouvre la mémoire, et il se confirme que ce sont deux personnalités distinctes qui se partagent le même corps. Dans Ms. Marvel #2, Conway introduit également Michael Barnett, psychiatre et ami de Carol Danvers. Il sera le premier à découvrir son identité secrète, et l’aidera dans les mois suivants à découvrir qui elle est vraiment.

Gerry Conway ne reste pas longtemps sur le titre. Dès le #3, il est rejoint par Chris Claremont, qui prend seul les rênes de la série au numéro suivant. Il restera à ce poste jusqu’au bout. Claremont n’est pas encore la star que l’on connaît, il travaille depuis un an sur Iron Fist et a repris quelques mois plus tôt les nouveaux X-Men. Il va assez rapidement reprendre la série en main en se débarrassant de Mary Jane (qui fait sa dernière apparition dans Ms. Marvel #3) et en introduisant au fil des mois de nouveaux personnages, travaillant pour la plupart pour le magazine dont s’occupe Carol Danvers : Frank Gianelli, reporter photographe (Ms. Marvel #6), Tracy Burke, ancienne star du journalisme (Ms. Marvel #8), ou Tabitha Townsend, jeune stagiaire à peu près incapable mais dont le père est un ami personnel de Jameson (Ms. Marvel #9). Notons également dans Ms. Marvel #3 la première apparition de Salia Petrie, astronaute et amie de Carol Danvers, qui jouera un rôle important par la suite.

Chris Claremont constitue ainsi un nouveau cast autour de son personnage central, mais il ne l’exploitera jamais vraiment. Gianelli ou Tabitha ne font guère plus que de la figuration. Tracy Burke apparaît dans un premier temps comme un personnage prometteur, une journaliste extrêmement douée que son métier a littéralement brisé, et qui craint de ne pas être à la hauteur de la tâche que lui a assignée Carol Danvers, mais cette idée sera assez vite abandonnée et le personnage retombera rapidement dans l’anonymat. Seul Michael Barnett continuera de jouer un rôle important, à la fois ami, confident et thérapeute de Carol. Et J. Jonah Jameson réapparaîtra régulièrement pour mettre des bâtons dans les roues de sa rédactrice en chef.


(Ms. Marvel #6, Jim Mooney & Joe Sinnott)

Chris Claremont va également modifier les pouvoirs de Ms. Marvel. Son ‘septième sens’, qui dans un premier temps l’avertissait d’un danger imminent, va soudain prendre la forme de rêves prémonitoires, obligeant l’héroïne à intervenir pour empêcher telle ou telle catastrophe. Assez vite également (in Ms. Marvel #7), elle va découvrir qu’elle peut voler même sans son costume. Enfin, après avoir vaincu son amnésie, Ms. Marvel va commencer à se souvenir d’évènements qu’elle a vécu sur Kree-Lar, le monde d’origine des Krees, renforçant l’idée que Ms. Marvel et Carol Danvers sont deux entités distinctes.

Dans Ms. Marvel #5, l’héroïne rencontre son premier collègue super-héroïque, Vision, qu’elle est contrainte d’affronter suite à un malentendu. Par la suite, pour sélectionner ses adversaires, Chris Claremont puise parmi les seconds couteaux du Marvel Universe, voire plus bas encore : ce sera d’abord Grotesk (#6 & 8), anecdotique adversaire des premiers X-Men (in X-Men #41-42), obnubilé par son désir de se venger de l’espèce humaine, responsable selon lui de la disparition de son peuple ; vient ensuite Modok (#7, 9 & 10), tentant de reprendre la tête de l’A.I.M. et capturant Ms. Marvel qu’il va essayer, sans succès, de contrôler.

Ms. Marvel #9 voit apparaître le premier vilain original de la série, une vilaine en l’occurrence : Death-Bird. Le personnage nous est alors simplement présenté comme une alliée de Modok, et ses origines extraterrestres ne sont pas révélées (même si un ou deux indices laissent supposer qu’elle n’est pas humaine), encore moins ses liens avec les Shi’ar.


(Ms. Marvel #9, Keith Pollard, Joe Sinnott & Sam Grainger)

(suite et fin de cet article demain...)
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