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Vieux 01/03/2007, 19h21
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Niglo change la caisse du Fauve


Wonder Woman #4
(DC Comics, février 2007, 2.99$)

Scénario : Allan Heinberg.
Dessin : Terry Dodson.
Encrage : Rachel Dodson.

Scarletneedle en a déjà longuement parlé ici, et en a dit pis que pendre. J’y reviens quand même brièvement.

Ce relaunch souffre de plusieurs maux. Le premier et le plus futile est son rythme de parution des plus erratiques. Annoncé d’abord comme mensuel, puis bimestriel, ce quatrième numéro de la série paraît trois mois après le précédent. Et le suivant, censé conclure l’arc de Heinberg, est repoussé sine die. Pas très sérieux de la part de DC, dont on se demande parfois s’ils ont vraiment planifié à l’avance l’après Infinite Crisis… Ceci dit, une fois que tout sera bouclé et proprement réédité en paperback, toute cette affaire sera proprement oubliée et rangée au rang d’anecdote. A condition évidemment que Heinberg et Dodson bouclent leur récit d’ici là…

Plus embêtant, ce relaunch souffre de la comparaison avec son illustre prédécesseur. Une bonne partie des lecteurs habitués à faire leur marché chez DC depuis un certain temps ont encore en mémoire le redémarrage du titre sous la plume et le crayon de George Perez (et même ceux qui n’étaient pas là à l’époque ont pu s’y plonger à l’occasion de la réédition récente des deux premières années de la série en tpb). Le relaunch de Wonder Woman après Crisis on Infinite Earths est probablement, avec celui de la Justice League par Giffen, DeMatteis et Maguire, mais dans un genre tout à fait différent, le plus réussi à l’époque. Le personnage et son univers familier prenaient soudain une ampleur qu’on ne leur connaissait pas jusqu’alors.

Sans même remonter jusqu’à George Perez, ce relaunch succède à une longue période signée Greg Rucka, qui est de loin ce qu’il a fait de mieux et de plus ambitieux dans le domaine super-héroïques.

Comparé à ces deux œuvres, l’arc que signe Allan Heinberg fait pâle figure. Le scénariste ne semble avoir aucun but précis, si ce n’est s’amuser avec le casting qu’on lui a confié. Le titre de l’arc, Who is Wonder Woman ?, constitue également l’unique enjeu de ce récit. Heinberg s’amuse donc à faire enfiler la tenue à divers prétendant(e)s, avant de la rendre à qui de droit.

Ce que les lecteurs de plus ou moins longue date de la série reprochent sans doute le plus à ce relaunch, c’est de ne tenir à peu près aucun compte de ce que les runs de Perez et Rucka ont apporté au personnage. La version de Heinberg semble s’adresser à un public néophyte, offrant une version dépouillée du personnage mais aussi de son entourage : les seuls personnages proches d’elle présentés dans ces premiers épisodes sont Wonder Girl et Donna Troy, dont les liens les unissant à Wonder Woman sont aisément identifiables, même sans connaître grand chose de ces personnages. Et Allan Heinberg n’a recours à elles qu’en tant que substituts temporaires, le temps que son héroïne se décide à reprendre son titre.

Aux fans de la série, Allan Heinberg ne concède que quelques clins d’œil, au mieux anecdotiques (l’uniforme blanc dans lequel apparaît Diana, qui évoque la new Wonder Woman dénuée de super-pouvoirs du début des années soixante-dix), au pire embarrassants (voilà que notre héroïne se remet à tourbillonner pour devoir enfiler son costume, comme aux pires heures de sa série télé). Et puis il y a la galerie des vilains traditionnels de l’Amazone, que le scénariste utilise massivement (le prochain épisode, le jour où il paraîtra, pourra faire office de who’s who des vingt plus vilains adversaires de Wonder Woman). Là aussi, Heinberg va au plus accessible et ne s’embarrasse ni de décennies de continuité, ni de subtilité dans le portrait qu’il fait de ces personnages : Circe est une féministe tendance psychopathe, Hercules est fourbe et con, les autres se contentent d’être méchant(e)s.

Enfin et surtout, le script d’Allan Heinberg privilégie avant tout l’action et le spectaculaire, plutôt que le subtil ou le vraisemblable. En cela, il est épaulé à merveille par Terry Dodson, absolument irréprochable de bout en bout, et qu’on espère voir le plus longtemps possible sur la série. La scène dans le #2 où Giganta sème la panique dans les rues de New York, avec Donna Troy accrochée en pendentif autour du cou, reste à ce jour le moment le plus mémorable de ces épisodes. Le quatrième épisode est un peu plus sage dans sa réalisation, mais les héroïnes de Dodson sont toujours aussi agréables aux yeux. Dommage que le scénario de Heinberg ne provoque pas les mêmes sensations à l’esprit…

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