Discussion: Niglo lit...
Afficher un message
  #61  
Vieux 26/02/2007, 19h36
Avatar de Niglo
Niglo Niglo est déconnecté
Registered User
 
Date d'inscription: janvier 2003
Messages: 6 570
Niglo change la caisse du Fauve


Heroes for Hire #1-6
(Marvel Comics)

Scénario : Justin Gray & Jimmy Palmiotti.
Dessin : Billy Tucci (#1-4), Francis Portela (#2-5), Al Rio (#6).
Encrage : Tom Palmer(#1-4, 6), Terry Pallot (#4-5), Scott Koblish (#6).

Après la mini-série Daughters of the Dragon, Justin Gray et Jimmy Palmiotti se sont vus invités par Marvel à poursuivre les aventures de Misty Knight et Colleen Wing dans cette nouvelle ongoing. On prend les mêmes et on recommence, ou presque. Mais en mieux.

Daughters of the Dragon était une mini-série des plus agréables, offrant un appréciable lot d’action et de fessiers rebondis (sans parler de ces poitrines et ces coupes afro défiant les unes comme les autres la gravité terrestre à chaque page).

On retrouve dans les pages de Heroes for Hire l’essentiel du casting de la mini-série : Misty et Colleen bien sûr, mais également l’indestructible Otis Johnson, le pisciforme Orka, et le toujours quelque peu répugnant Humbug. A ce groupe viennent s’ajouter quelques seconds rôles du Marvel Universe plus ou moins inattendus : Shang-Chi, Black Cat, Paladin, et une petite nouvelle : Tarantula.


La grande qualité de Gray et Palmiotti, lorsqu’ils abordent le genre super-héroïque, c’est de ne jamais se montrer avare en idées, et de mener leurs récits à un rythme effréné. Qu’on se souvienne de leurs épisodes sur Hawkman ou, en ce moment même, la mini-série Uncle Sam & the Freedom Fighters. De temps en temps il leur arrive de se gaufrer sévèrement (la quasi-illisible mini post-Crisis Battle for Bludhaven), mais dans l’ensemble leur nom est le plus souvent synonyme de qualité (sans parler même, dans des genres très différents de celui qui nous intéresse ici, de leur travail sur Jonah Hex ou le méconnu Monolith).

On n’a pas le temps de s’ennuyer une seule minute à la lecture du premier arc de Heroes for Hire (arc qui s’étend sur les cinq premiers numéros). Les scénaristes lancent plusieurs intrigues qui vont se développer en parallèle, et parfois se croiser. Les trois premiers numéros portent l’estampille Civil War, et jouent à merveille des possibilités que leur offre le Big Event Marvel. Misty et Colleen se retrouvent le cul entre deux chaises, l’une occupée par Iron Man, l’autre par Captain America. Et si elles acceptent très rapidement l’offre du gouvernement fédéral de travailler pour eux, il y a des limites qu’elles se refusent à franchir. Avis que ne partagent pas forcément tous les membres de Heroes for Hire…

Gray et Palmiotti gèrent remarquablement bien la participation de leur équipe à la Guerre Civile. Les tête-à-tête avec Iron Man et Captain America sont autant de scènes très réussies, qui soulignent parfaitement la folie ambiante qui règne dans le Marvel Universe, tout en donnant à Colleen et Misty une position raisonnable qui leur va plutôt bien, et leur permet au final d’occuper une place à part dans un univers en pleine recomposition.

Mais les scénaristes ne se contentent pas de s’appuyer sur la Guerre Civile pour faire avancer leur récit. En parallèle, ils envoient leurs Héros à Louer enquêter sur un trafic d’organes. Des organes skrulls pour être précis (idée qui s’inscrit par ailleurs fort bien dans le contexte de Civil War, puisqu’une greffe de tels organes permet au porteur de changer d’apparence à volonté, toujours très pratique lorsque vous être pourchassé par les autorités…). Et pour être sûrs que le lecteur n’ait pas le temps de reprendre son souffle, Gray et Palmiotti rajoutent là-dessus le retour de Ricadonna, la vilaine vedette de la mini Daughters of the Dragon, bien décidée de se venger de Misty, Colleen et leurs collègues pour les quelques mois qu’elle vient de passer à l’ombre.


L’autre grande qualité de la série, c’est le soin qu’apportent Gray et Palmiotti pour caractériser leurs personnages. J’ai déjà évoqué ce point concernant Misty et Colleen, c’est vrai également pour la plupart des autres membres de l’équipe. Etant donné l’étendue du casting, tous ne sont pas mis en avant dans ces premiers numéros, notamment Black Cat et Shang-Chi. Mais dans le même temps, les scénaristes n’ont pas besoin de quinze pages pour saisir l’essentiel de leur personnalité. Ils y parviennent à merveille en une case seulement, notamment avec Humbug que l’on découvre chez lui, devant sa télé, à regarder une rediffusion d’un épisode de Mister Ed et à en expliquer le concept aux innombrables insectes qui l’entourent…

Même le personnage de Tarantula, qui semble à première vue n’être qu’une vigilante à tendance psychopathe de plus, prend très rapidement de l’épaisseur et s’avère être bien moins prévisible qu’on ne pouvait le craindre.

Niveau dessin, on notera également un mieux sensible ici par rapport à Daughters of the Dragon. Billy Tucci et Francis Portela ne m’emballent pas plus que ça, mais leur mise en page est dynamique, et même les scènes où un nombre conséquent de personnages se foutent sur la tronche restent d’une lisibilité appréciable.


Tant qu’on y est, évoquons rapidement le sixième numéro de la série, disponible depuis une paire de semaines déjà. Palmiotti et Gray ne semblent avoir aucunement l’intention de ralentir le rythme, au contraire puisqu’en vingt-deux pages seulement nous avons droit au retour des Headmen, un Doombot perdu bien loin de sa Latveria natale, un gang de braqueurs, une menace nucléaire, plus quelques autres vilains surprises que je vous laisse découvrir en fin d’épisode. Les deux scénaristes s’apprêtant à quitter la série pour cause de contrat d’exclusivité avec DC, je souhaite bien du courage à leur remplaçant à venir, Zeb Wells, pour maintenir un tel rythme.
Réponse avec citation