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Vieux 21/02/2007, 20h46
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Niglo change la caisse du Fauve


Daredevil #93
(Marvel Comics, janvier 2007, 2.99$)

Scénario : Ed Brubaker.
Dessin : Michael Lark & Stefano Gaudiano.

Voilà, c’est fini…

Daredevil #93 marque la conclusion d’une storyline entamée par Brian Michael Bendis dans Daredevil #26, daté de décembre 2001. Cinq ans et près de soixante-dix numéros plus tard, Ed Brubaker met un terme à l’une des périodes les plus marquantes de l’histoire du personnage, au côté (mais un poil en-dessous tout de même) des deux runs de Frank Miller et de celui d’Ann Nocenti.

Conclure un tel récit est extrêmement casse-gueule. Bâcler la fin serait une invitation à reconsidérer à la baisse tout ce qui a précédé (qu’on pense au run de Jones sur Incredible Hulk par exemple). On ne peut décemment balader ses lecteurs durant plusieurs années sans leur offrir une chute à la hauteur de leurs espérances.

Dans le cas de Daredevil, la marge de manœuvre d’Ed Brubaker est assez étroite. Cette storyline a fonctionné en jouant sur la surenchère, la situation de Matt Murdock devenant de plus en plus intenable au fil des arcs. Mais il y a une limite à ce que les scénaristes peuvent se permettre avec un tel personnage, et un point de non-retour qu’ils ne sont pas autorisés à atteindre. Daredevil a plus de quarante années d’existence, et si Bendis puis Brubaker ont été autorisés à jouer avec lui et à lui faire traverser bien des vicissitudes, il sont néanmoins priés de rendre le personnage dans l’état dans lequel ils l’ont trouvé, ou à peu près.

C’est donc ce que fait Ed Brubaker ici. Avec talent. Les évènements que l’on découvre ici se déroulent sur plusieurs semaines au moins, mais le scénariste a eu l’intelligence de ne pas délayer son propos inutilement, et le nouveau statu quo nous est présenté à travers quelques scènes clés, habilement choisies et parfaitement menées. Foggy, Milla, le Caïd et même Becky Blake, la nouvelle position de chacun au sein de l’univers de Daredevil se voit ici établie. Ca passe de temps en temps par quelques explications très moyennement convaincantes (notamment concernant la disparition de Murdock suite à son évasion), mais globalement on ne se sent pas floué par cette conclusion. Mieux : on sait le personnage entre de bonnes mains, et on est impatient de le voir partir dans une nouvelle direction. Ed Brubaker a réussi son numéro d’équilibriste, on ne peut qu’applaudir la prestation.

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