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Vieux 22/03/2006, 23h32
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SACHS & VIOLENS : duo gagnant par David et Pérez !!!!


Ne lisant pas que du comic moule-burnes et adorant Pérez , j’ai découvert cette mini-série conseillée par mon dealer Parisien (merci Dynamo ! ) « Sachs & Violens » écrite par Peter David et donc dessinée par George « DIEU » Pérez. Ce duo a aussi réalisé « Futur Imparfait » donc, tout était réuni pour que j’adore.

Comme le titre l’indique, cela parle de sexe et de violence (les jeux de mots avec Sachs et Sex seront là ) : une odeur de soufre entoure cette mini-série du label Epic chez Marvel tant les scènes dénudées et les scènes gore sont nombreuses.
Déjà avec le thème de base, les « Snuff Movies » et les « Snuff Photos » qui en sont tirées, on est sûr que cela ne va pas rigoler. Pour ceux qui l’ignorent, le « Snuff » est un « genre » (terme pas vraiment adapté…) où on assiste à de vrais meurtres. Illégal comme pas 2, il se développe un vrai commerce souterrain autour du truc. Pour bien comprendre le « phénomène », je ne peux que conseiller l’excellent « 8 mm » avec le non moins phénoménal Nicolas Cage.

Pour finir la présentation, il est bien évident que la mini-série n’est pas à mettre entre touts les mains… Donc aux âmes sensibles :

Parlons maintenant de la mini-série.
Celle-ci raconte l’histoire de Juanita "J.J." Sachs dont le boulot consiste à poser en petite tenue (voire pas du tout) devant l’objectif de son ami Ernie "Violens" Schultz, un ancien du Viêt-Nam en tant que photojournaliste. Après qu’une amie à Juanita a été tuée lors d’une séance photo qui a vite tourné au Snuff Slash, celle-ci décide de la venger : Ernie, quant à lui, décide de l’accompagner dans sa croisade pour la protéger. De fil en aiguille et de découverte sordide en découverte macabre, nos 2 protagonistes termineront leur expédition punitive en feu d’artifice à la Nouvelle-Orléans en plein Mardi Gras.


Allez. Snuff Said !!!


Peter David / George Pérez / George Pérez
Sachs And The Single Girl

Tout commence comme tout bon film X sauf que là on est en plein set photo: une jolie fille, pas de dialogues, vite de l’action pour bien retranscrire le jeu de scène!!!
Quand soudain, on coupe littéralement l’effet de la fille…


Le Click n‘a rien à voir avec la pub de Ben Affleck…8)

On découvre qu’on est en plein dans le Snuff et que la pauvre fille Wendy était la seule à ne pas être dans le coup : il doit malheureusement exister des cas où la victime est consentante pour diverses raisons (maladie incurable, …). Là ce n’est pas le cas et tout le monde sur le site fait comme si tout était normal : du pseudo partenaire au photographe dénommé Maurice en passant par l’Axecutioner. Maurice est plus mécontent que sa prise est « ratée ».
La tête ayant valsé, il faut la ramasser. Dès que celle-ci est retrouvée, le shooting peut reprendre car l’inspiration revient.


Puisque je vous dis que ce n'est pas de l’art…

Passé ce moment de "pure joie", nous rencontrons enfin l’héroïne Sachs qui se défait d’un malotru l’importunant. Elle est surtout énervée car cela la ralentit pour son futur shooting de photos de charme avec Ernie et là…


Ca, au moins c’est de l’art !!!!! Vive Pérez !!!!
Qui osera dire qu’il ne sait pas dessiner ?

On sent à peine la tension sexuelle.
Une fois le boulot fini, Juanita met les voiles retrouver sa sœur. De son côté, Ernie reçoit la visite de son agent qui lui montre une photo de guerre et donc de violence. Cela met Ernie en furie qui manque de s’en prendre à son agent. Apparemment, notre « héros » a des squelettes dans son placard.

Parallèlement, l’équipe Snuff cherche à se débarrasser du corps de Wendy. Manque de bol! Un accident de voiture laisse le cadavre et la tête à la vue de tous dans la rue. Pour effacer les traces, Maurice lance son Axecutioner pour éliminer tout ce qui pouvait le rattacher au meurtre : donc on décapite joyeusement l’acteur, le responsables du transport.
Malheureusement, la victime Wendy est une amie de Juanita.
Nous la retrouvons au squash puis à la piscine avec sa sœur qui est aussi mignonne seulement :


Juanita découvre dans les journaux le meurtre de son amie. Devant le manque d’implication de la police, elle décide de mener son enquête. Un message de Wendy sur son répondeur est le début d’une piste. Sachs prévient Ernie de son intention de se venger, celui-ci tente de l’en dissuader : peine perdue. Désirant la protéger, notre ancien du Viêt-Nam se prépare.
To Be Continued.


Ca part très fort !!!! On sent bien que Sachs et Violens vont en découdre mais s‘en faire dans le dentelle.
Whaou!!!! Que c’est beau ! Pérez est à un niveau et le fait de le voir dessiner des femmes comme cela, c’est du bonheur. Que de détails et son encrage est nickel : on sent qu’il s’est éclaté.
Quant à l’histoire on voit bien que David utilise le nom des 2 héros comme une parabole aux 2 phénomènes de société que les Etats-Unis voient comme le Diable (surtout le sexe). Sachs est libérée alors que Violens tente de se réfréner car ses méthodes sont brutales (pour résoudre les problèmes). La collision des 2 mondes se fait par le Snuff qui est interdit.

A la fin de l’épisode, David nous donne son point de vue sur l’hypocrisie de la société vis-à-vis sur la dualité des 2 « fléaux » : très intéressant.




Peter David / George Pérez / George Pérez
Safe Sachs

On retrouve Violens qui cherche des infos pour retrouver Sachs : rien de tel que d’enquêter dans des sex-shops. Coup de bol, il est dans le sex-shop où Juanita a acheté son costume noir.
La gérante donne à Ernie les renseignements nécessaires. On apprend au passage :


Pas sûr que ce soit un CNE pour la mère.

Une fois en piste, Violens passe à l’action et obtient ce qu’il voulait dans un autre sex-shop où il est beaucoup moins aimable et nous fait la démonstration qu’il a des couilles au sens figuré.
Pour Sachs, le message de Wendy la met directement en relation avec la bande du Snuff qui pratique aussi la pédophilie…
Devant le manque de compréhension de la standardiste, Sachs lui fait comprendre qu’elle veut voir le patron local qui n’est qu’autre que Maurice.


Notons le professionnalisme du photographe.

Celui-ci reconnaît Juanita et décide la faire taire par l’intermédiaire d’un Snuff Gang (pas besoin de vous expliquer, je pense ). Bien sûr notre héroïne ne se laisse pas faire et met une raclée aux crétins libidineux genre Terry Long (si seulement Pérez avait pu dessiner Donna mettre sa peignée à l’autre désaxé ). Tout se passe bien jusqu’à l’arrivée de l’Axecutioner : un dur combat s’engage mais celui-ci n’est pas favorable à la belle.
Heureusement, le Tuxedo Mask local arrive :


Quand on a fait le Viêt-Nam, Rambo n’est pas loin !

Hop, éliminé, le gros Bill. Au tour de Maurice de payer. Pour éviter que Sachs se salisse les mains, Ernie s’en charge. C’est la violence qui doit se charger de la violence, pas le sexe : pas de mélange des genres.


Ce ne sera pas elle mais moi.

Notre « Brave And The Bold » version trash se retire en emmenant les 2 enfants qui allaient subir les outrages de la bande de dégénérés : entre une Juanita toute excitée par le combat (voire chaude comme la braise ) et un Ernie qui garde la tête froide (il faut mettre sa ceinture car c’est la loi et il faut être prudent au volant), on se demande où ils vont aller.
To Be Continued.

Et oui à suivre alors que l’histoire principale semble terminée mais David a encore des choses à raconter et explorer la pédophilie.
Toujours aussi bonne, cette mini-série est, pour moi, géniale. Les petites pointes d’humour sont là pour dédramatiser un comic book qui ne parle pas de choses faciles. David mène sa barque et fait évoluer ses personnages en parfaite adéquation avec leur patronyme : Juanita utilise un fouet (objet sexuel de domination) et Ernie tout l’attirail militaire (guerre et violence sont des mots qui se marient très bien). Seul la violence tue, le sexe fait souffrir : méditons 30 secondes…
Au passage, le titre « Safe Sachs » doit faire écho au sexe avec protection même s’il n’est pas question dans l’histoire : sauf si la protection ne concerne pas seulement les moyens de protection contre les MST mais également du sexe avec consentement.
Après pour bien se remonter le moral, il y a George : toujours au top. Cela me fait regretter qu’actuellement, il ne puisse plus tenir un tel rythme sur Infinite Crisis (enfin un peu de Pérez, c’est toujours du bonheur).

On notera que 6 mois séparent la sortie des épisodes 1 et 2 : pourquoi ? Le thème de la mini-série ? Les femmes dénudées dans le comic ? En tout cas, à la fin du n°, David nous livre ses pensées quant à l’impact de la mini-série dans l’opinion. Il n’a pas dû rigoler. Il estime, à juste titre pour moi, que bien des gens ont une vision étriquée : comics = enfant (un peu comme en France, DA = enfants) alors qu’il y a en plusieurs styles.




Peter David / George Pérez / Arne Starr & George Pérez
Violens On Kid’s Shows (en intérieur Violens Begets Violens)

Nous avons quitté notre Dynamic Duo en « fuite » : nous le retrouvons au bord d’un lac. La tension sexuelle chez Juanita n’a toujours pas baissé malgré son bain de minuit : il est temps que son nom de famille soit mis en adéquation avec ses actes.


Comment voulez-vous résister ?
Quand je pense que cette image m’avait échappé dans le 10 cases de Sim Theury…

Nos 2 héros s’envoient donc en l’air de façon aquatique alors qu’ils ont la charge de 2 enfants (qui ne manquent pas de découvrir le couple au petit matin).
Ces 2 enfants sont à l’origine de l’intrigue du jour : des enfants sont retenus captifs par le même groupe responsable du Snuff. Là c’est la branche pédophile qui est dans l’œil du cyclone.
Les 2 enfants repèrent l’endroit sur une carte où ils étaient retenus captifs par un dénommé Moloch (rien à voir avec celui de Buffy ).
Pendant ce temps-là, la police enquête enfin sur le meurtre de Wendy et, comble de l’ironie, c’est Juanita qui est recherchée.

A l’endroit où les enfants sont captifs, Moloch et un guignol déguisé en dinosaure molestent les enfants :


Casimir échappé de l’île aux enfants : Mickaël, on t’a reconnu !!!

Pour sauver les enfants, Sachs et Violens décident encore d’utiliser la manière forte mais aussi de la stratégie :



Les malfrats sont vite dépassés. Moloch préfère s’enfuir devant la bataille perdue mais l’essentiel est là les enfants sont sains et saufs (ils se sont bien vengés du dinosaure).
Tout est bien qui finit presque bien mais les responsables courent toujours.


Le repos des guerriers avec des spectateurs cachés.

To Be Continued.

Entre la scène de début entre les 2 héros et la violence perpétrée contre les enfants, l’épisode narré est très chaud.
David continue d’opposer les thèmes : le sexe à la violence. Le 1er quand il est consentant, c’est le plaisir, le 2nd est toujours brutal et quand cela attaque les enfants de façon purement gratuite, c’et inadmissible et le traitement infligé aux ordures est à la hauteur de leur barbarie. Cela explique le 2nd titre : la violence engendre la violence.
Au dessin, Pérez continue de m’émerveiller : la scène aquatique est tellement belle.




Peter David / George Pérez / Arne Starr & Art Nichols
Violens In The Streets

Pas du OYL mais presque… On a affaire à un épisode en flash-back car on retrouve Sachs à l’hôpital complètement démolie : la police et sa soeur sont à son chevet (mais pas pour les mêmes raisons) ;
Les inspecteurs demandent à Juanita de coopérer si elle veut s’en sortir : ce qu’elle fait.
Elle raconte que nos 2 compères étaient sur les traces de Moloch grâce à un indice relevé dans la bagarre du 3 : cela les emmène à la Nouvelle-Orléans en pleine période de Mardi Gras.
On en profite pour un flash-back sur la guerre au Viêt-Nam et la transformation d’Ernie de photographe en homme devant lutter pour sa survie : cela change un homme.


C’est moche la guerre !

Bien sur qui dit Mardi Gras dit fête : les gens sont joyeux, toutes les inhibitions tombent. David se permet même un clin d’œil à un comic book très en vogue en 1994 :


No Comment!

Pendant l’investigation de la ville, Juanita reconnaît Moloch et surprend une discussion annonçant un attentat durant le défilé. Cette fois-ci, après le Snuff et la pédophilie, l’organisation s’allie avec des fanatiques religieux qui veulent faire du défilé un exemple de la débaucherie.
Bien sûr nos héros vont l’empêcher mais pas sans casse. Apparemment, Ernie y passe dans l’explosion de la bombe et voilà Juanita qui se retrouve à l’hôpital.
En bon Slash Movie, le vilain revient pour un ultime effroi : Moloch, déguisé en infirmière (c’est cela oui…) vient se venger sur Juanita quand :


Et voilà, fin de la mini-série où le mot de la fin revient à la personne censée représenter la pureté, la religieuse en parlant de nos 2 (anti ?) héros au flic présent : « As long as they’re on the run, you can milk more blood money out of the story of Sachs and Violens. »
Les vrais Outsiders, ce sont eux.

Dernier épisode mais pas fin de l’aventure car 2 protagonistes ne seront pas oubliés par leur créateur Peter David qui les utilisera en 2005 dans sa série « Fallen Angel » aux numéros (non lus) 19 et 20.
Dans cet épisode, j’ai eu l’impression que David a tenté de présenter l’impact que pouvaient avoir des fanatiques dans leur façon de traiter les choses qui ne leur plaisent mais c’est à peine esquissé. C’est dommage, au moins, on a la conclusion de l’intrigue de départ (même si l’organisation semble moins puissante dans le 4 que dans le 3).
David est vraiment un auteur stupéfiant, il est capable d’écrire des séries avec des styles différents comme Fallen Angel, Young Justice, Sachs & Violens, X-Factor tout en maintenant un intérêt (je ne parle pas du cross-over The Other car castrateur par la grâce de Marvel).
Ici, il traite de choses graves mais concrètes car elles existent malheureusement : la pédophilie et le Snuff. Cela change des comics Grim & Gritty que je lis en ce moment chez DC même si cela n’est pas drôle. L’approche est différente et j’ai pris un pied à le lire.
Evidemment, la présence de Pérez y est pour beaucoup tellement j’adore son trait fouillé et plein de détails.


Conclusion :
A ranger tout près de "Futur Imparfait". Indispensable à tout fan de Pérez et/ou David.
Le tout est de les trouver.
__________________
Alan Moore: "I should just keep me mouth shut, I just upset people."

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