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mellencamp 18/12/2013 14h21

J'avais bien perçu l'ironie (alors que je n'ai vu ni Battle Royale ni Hunger Games :oups:).

Aguéev 19/12/2013 12h34

Sinon dans un autre style vu A touch of sin de Jia Zang-ke.

C'est un film chorale traitant de la vie de trois individus à un moment de leur vie, se dressant contre les puissants, les corrompus dans le système chinois. Le premier arc est dans la veine des films de vengeance, le second montre un personnage comettant un meurtre après une scène humiliante.enfin le dernier parle d'un jeune passant à côté de l'amour. Le film est assez impressionnant et offre de très beaux plans. Il est également un très beau témoignage de ce pays qui s'est développé trop vite, au détriment d'individus qui ont été oubliés et laissés sur le côté, leurs espoirs broyés dans le processus.

Kani 21/12/2013 01h27

Bon, j'ai été voir hier La Reine des Neiges de Chris Buck et Jennifer Lee.

Les derniers films du studio interne d'animation de Disney dont je me souviens sont Volt et La Princesse et la Grenouille, deux films honnêtes mais plutôt oubliables. C'est d'ailleurs le ressenti que j'ai à propos du studio en général, qui produit des divertissements toujours plaisants, mais qui n'ont jamais l'impact des films des plus grandes heures du studio.
En fait, le dernier grand film selon moi serait Tarzan en 1999, et ça commence à dater. J'étais passé à côté à leur sortie de Raiponce et des Mondes de Ralph, qui m'attiraient peu, pourtant j'ai eu depuis de très bons échos concernant ces deux films, notamment le premier, qu'il faudrait que je vois à l'occasion. C'est donc hésitant que je vais voir La Reine des Neiges.

Et dans les premières minutes, je reste plutôt sceptique. Passé une très belle scène d'introduction, on rentre dans un petit ventre mou où s'enchaînent des chansons inégales dans de petites scènes servant à poser les personnages. Et puis, le film décolle et monte vers des cimes de plus en plus hautes, pour venir enfin tutoyer les plus grandes productions d'animation.
Parce que c'est un bijou d'écriture, mené par ses personnages forts et uniques. Le film est rythmé non pas par les actions, mais par les émotions, et c'est donc les relations que nouent les protagonistes qui viendront faire avancer l'histoire qui d'ailleurs ne s'embarrasse pas d'un grand méchant mais fonctionne au complot.
Les deux soeurs Elsa et Anna sont deux personnalités fortes et précieuses, Elsa est l'un des personnages les plus dramatiques et tristes de Disney, une grande anti-héroïne hantée par la dualité qui tient un rôle complexe dans l'histoire et Anna, une héroïne diablement attachante, drôle et joyeuse, véritable moteur du récit. Je me suis aussi amusé de la place de l'homme dans un film qui déconstruit habilement le mythe du prince charmant de façon résolument moderne, tout comme les rôles des princesses sont vite retournés pour qu'elles puissent devenir de vraies femmes fortes et assumées, et les deux personnages comiques Sven le cerf et surtout Olaf le bonhomme de neige sont parmi les plus marrants depuis un bail.
La direction artistique se révèle aussi sublime, avec des teintes qui se répondent, j'ai vu une véritable mise en image des émotions que véhicule le film, c'est d'autant plus vrai dans toutes les scènes se déroulant dans le château de glace en perpétuel mouvement selon les préoccupations d'Elsa, grosse prouesse visuelle, accompagnée d'une bande-son qui s'envole en milieu de film, le tout procurant son lot de frissons. Et puis même, le film s'attarde aussi sur des questions de feminisme, de peur et d'acceptation, et c'est l'amour des deux soeurs qui en constituent le centre, culminant sur un dénouement intelligent et poignant.

Un film d'animation sublime, bien mené avec un vrai impact émotionnel, féministe et féminisé, une orfèvrerie visuelle et auditive, La Reine des Neiges souffle un vent de fraîcheur réjouissant.

Fredeur 21/12/2013 11h43

Il souffle un vent de fraîcheur quand on n'a pas vu Raiponce alors. :gaga:

Crisax 23/12/2013 17h03

Vu deux films récemment :

The Lunchbox, une jolie "romance" (même si le film est bien plus que cela) indienne, avec un humour assez fin et des acteurs très justes. Vraiment touchant et intéressant, même si le regard était un peu trop tourné vers le passé à mon goût.

J'attendais de A Touch Of Sin une bonne claque, mais c'est carrément une grosse droite que j'ai pris. Je suis sortie KO de la séance. Ce sont quatres histoires (tu en as oublié une Aguéev ?) très fortes, mais c'est mise bout à bout qu'elles donnent au film sa pleine puissance. On y voit la violence d'une société s'appliquer sous différentes formes et les différentes réactions qu'elle génère.
Par contre je ne suis pas sûr d'avoir bien saisis la dernière scène, si quelqu'un à une interprétation à en faire ;)

Aguéev 23/12/2013 18h14

Ouais 4 scènes effectivement.
La scène de fin je l'ai prise de façon très simple. Un plan de chinois provinciaux et anonymes comme les personnages que l'on a rencontré pendant le film aux destins croisés dans cette Chine capitaliste impitoyable qui a montré l'échec du communisme fantasmé (il y a d'ailleurs une grosse statue de Mao dans le village d'ailleurs)

doop 26/12/2013 21h19

vu ALBATOR


heu....
ben non en fait.....

En plus, je n'ai strictement rien compris à la dernière demi-heure de fin.
J'y allais avec la nostalgie des 70's, les sylvidres, nausicaa, tout ca.... Si vous auriez eu envie de le voir pour ces raisons, fuyez !
Après, l'animation est plutôt bien foutue....
Mais alors l'histoire...ouh là là !!!

arrowsmith 27/12/2013 02h55

Citation:

Envoyé par doop (Message 1453466)
vu ALBATOR


heu....
ben non en fait.....

En plus, je n'ai strictement rien compris à la dernière demi-heure de fin.
J'y allais avec la nostalgie des 70's, les sylvidres, nausicaa, tout ca.... Si vous auriez eu envie de le voir pour ces raisons, fuyez !
Après, l'animation est plutôt bien foutue....
Mais alors l'histoire...ouh là là !!!

:ouf: j'envisage d'aller le voir lundi prochain. D'un coup j'hésite.

Pour ma part je suis allé voir LE LOUP DE WALL STREET de Martin Scorsese .
Je ne sais pas trop si on avait perdu Scorsese ces dernières années (pour ma part non) mais en tout cas je suis à peu près sur qu'il est bien et bel vivant et son cinéma également. Son dernier opus est tout simplement un combo Affranchis/Casino dans l'univers de Wall Street. On y retrouve la férocité mais aussi l'humour subtil et graissant qui ont fait le charme des 2 films précédemment cités. Le tout est encore une fois impressionnant au niveau de la mise en scène, avec une bande son moins présente que d'habitude mais sonnant toujours aussi juste vis à vis du melting pot de chansons employé. Je reste encore une fois impressionné par la reconstitution des évènements que nous offre Scorcese et des portraits sans concessions qu'il nous livre. Le casting (sauf Jean Dujardin qui m'a semblé un peu en deçà) est époustouflant : Leonardo DiCaprio, Jonah Hill (énorme), Kyle Chandler, Matthew McConaughey (avec 20k en moins tirant sur un Christopher Walken des grands jours), Rob Reiner , Jon Favreau et la sublime Margot Robbie......

Et puis le film a beau duré près de 3 heures je ne les ai pas vu passés.

Sexes (orgies plutôt) , drogues, luxures et lancé de nains, voilà le cocktail auquel vous êtes convié dans Le Loup de Wall Street.

Crisax 27/12/2013 15h57

Citation:

Envoyé par Aguéev (Message 1452987)
Ouais 4 scènes effectivement.
La scène de fin je l'ai prise de façon très simple. Un plan de chinois provinciaux et anonymes comme les personnages que l'on a rencontré pendant le film aux destins croisés dans cette Chine capitaliste impitoyable qui a montré l'échec du communisme fantasmé (il y a d'ailleurs une grosse statue de Mao dans le village d'ailleurs)

Justement je ne sais pas trop ce que cela signifie cette statue de Mao. Ca peut voiloir dire plusieurs choses. Parce que bon la Chine et ses dirigeants d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celle de l'époque de Mao.
Et il s'intéresse justement à la désolation totale de ces villages de campagnes (où l'on trouve la statue). La politique défendue par la "ligne" de Mao était au contraire totalement opposé à ce constraste ville/campagne, avec les communes populaires par exemple.

Deroxat (Expert en Potins) 28/12/2013 12h46

Citation:

Envoyé par arrowsmith (Message 1453508)
Pour ma part je suis allé voir LE LOUP DE WALL STREET de Martin Scorsese .
Je ne sais pas trop si on avait perdu Scorsese ces dernières années (pour ma part non) mais en tout cas je suis à peu près sur qu'il est bien et bel vivant et son cinéma également. Son dernier opus est tout simplement un combo Affranchis/Casino dans l'univers de Wall Street. On y retrouve la férocité mais aussi l'humour subtil et graissant qui ont fait le charme des 2 films précédemment cités. Le tout est encore une fois impressionnant au niveau de la mise en scène, avec une bande son moins présente que d'habitude mais sonnant toujours aussi juste vis à vis du melting pot de chansons employé. Je reste encore une fois impressionné par la reconstitution des évènements que nous offre Scorcese et des portraits sans concessions qu'il nous livre. Le casting (sauf Jean Dujardin qui m'a semblé un peu en deçà) est époustouflant : Leonardo DiCaprio, Jonah Hill (énorme), Kyle Chandler, Matthew McConaughey (avec 20k en moins tirant sur un Christopher Walken des grands jours), Rob Reiner , Jon Favreau et la sublime Margot Robbie......

Et puis le film a beau duré près de 3 heures je ne les ai pas vu passés.

Sexes (orgies plutôt) , drogues, luxures et lancé de nains, voilà le cocktail auquel vous êtes convié dans Le Loup de Wall Street.

Il est à noter que le script de Terence Winter a un peu bougé par rapport au projet qui circulait il y a trois ans quand il était encore en recherche de financement.

Je suis heureux que le film se soit enfin monté. ça faisait un bout de temps qu'il était passé par la black list. Dans ses premières versions, c'était un rise and fall beaucoup plus classique, mais le résultat reste évidemment très plaisant.

Le script s'est radicalisé dans le portrait du gars sous drogue H24, en étirant les scènes de barge et en réduisant finalement les scènes de narration pure. Du coup, l'effet ventre mou qu'il y avait dans les premiers drafts a été accentué... ce qui me laisse quand même un tantinet sceptique.

Mon grand regret reste qu'ils aient zappé une merveilleuse scène de cloture dans laquelle on voyait Bernard Madoff, alors patron de l'AMF (enfin l'AMF ricaine, mais vous m'avez compris), se féliciter d'avoir assaini Wall Street en mettant Belfort sous les verrous.

arrowsmith 28/12/2013 13h30

Mais tu as globalement aimé au final ?

En tout cas merci pour les compléments d'information. Pour tout de dire j'adore le cinéma de Scorsese est c'est d'abord pour lui que j'y suis allé. J'ai retrouvé le brillant réalisateur qu'il est et sa mise en scène est brillante. Sur le sujet même je suis allé me documenter après le film ce qui semble indiquer que ce dernier a fait son office.

Et pour continuer dans mon trip scorcesien je me suis regardé taxi driver hier.

Deroxat (Expert en Potins) 28/12/2013 13h42

ah oui, oui, j'ai beaucoup aimé. Pas autant que je pensais que j'allais aimer pour plusieurs raisons, mais ça reste un très bon film.

PS: le vieux Marty préfère qu'on écrive son nom ScorSese, mais il commence à se faire à l'idée que beaucoup écrivent son nom avec un "C"

mellencamp 28/12/2013 14h31

J'ai également bien aimé, bien plus que pas mal de films récents de Scorsese, et puis les 3h sont bien passées, mais comme Derox je me dis que ça aurait pu être encore mieux, peut-être avec un meilleur équilibre entre les scènes de défonces/partouzes/délires et les malversations de Belfort et cie.

Et Ethan Suplee, qui incarnait le frère de Earl dans My Name Is Earl, a fort bien négocié son temps de présence à l'écran, cette quantité de plans juste pour le voir s'écrier "yeah!!":D

Virgule 28/12/2013 15h48

vu albator et le loup de wall street.
albator vaut pour ses clins d'oeil nostalgiques et son animation (putain cet arcadia....) apres le scénar rend peu justice au perso (quoi il a fumbler ?) et fleure bon le typique japanime (la vie les fleurs..)

le loup est vraiment une copie de casino version wall street. qu'est que j'ai peu m'esclaffer durant ce film.

Deroxat (Expert en Potins) 29/12/2013 03h54

Citation:

Envoyé par Virgule (Message 1453726)
le loup est vraiment une copie de casino version wall street. qu'est que j'ai peu m'esclaffer durant ce film.

On adorerait tous s'esbaudir avec toi mais pourrais tu développer un peu plus?

Ne serait-ce qu'en terme de tonalité, c'est pas du tout la même chose... après, c'est un rise & fall, mais bon, c'est un peu lapidaire mon bon.

Sinon, parlons beaucoup et parlons mal.

j'ai enfin vu Frozen/La Reine des Neiges
http://www.lyricis.fr/wp-content/upl...Photo-Olaf.jpg
oui, je sais, j'ai mis un visuel random

je sais que tout le monde l'a vu, mais je remets un coup de contexte perso. Disney a sorti pour moi deux merveilleux films ces derniers temps: Raiponce et les Mondes de Ralph. On retrouve ici les mêmes mecs que pour Raiponce avec visiblement la même formule: une princesse, des pouvoirs, des chansons. Et Raiponce, c'était vraiment bien, intelligent, carré, rythmé, classique avec un coup de polish. Y avait tout ce que j'attendais d'un film Disney avec une dose d'inspiration en plus.
Voir ces petits gars adapter l'un des contes les plus bordéliques d'Andersen était forcément très intéressant.

Donc, conquis d'avance? Peut-être pas...
La Reine des neiges, pour aller vite, c'est surtout, comment réutiliser une recette en la lisant de travers. Explication.
Je préviens de suite, c'est bourré de spoilers, mais le film est tellement mauvais que c'est pas grave.

Diviser pour mieux diluer
Le premier truc qui frappe quand on regarde le film, c'est qu'ils ont gardé tous les persos de Raiponce mais... qu'ils les ont dédoublés.
T'avais une princesse avant? Ben maintenant, t'en as deux!
t'avais un prince? hop, deux
Y avait dix chansons? Ben maintenant, y en a vingt.
Etc.
Il a été scientifiquement prouvé que mettre plus de trucs bien dans un truc n'a jamais rendu le truc meilleur.
Ce qui faisait l'intérêt de la princesse dans Raiponce était ses dilemmes (elle a été élevée par sa némésis, elle fuit la seule personne capable de l'aider, etc.). C'est ce qui en faisait un personnage riche. Ici, on a divisé tous les dilemmes en deux putain de personnages.
T'as celle qui veut se trouver un prince et celle qui est maudite... les auteurs ont ici dilué tous les enjeux des personnages en les réduisant au minimum. ils ne s'entrechoquent plus, donc il n'y a plus de dilemme mais des objectifs à atteindre tellement clairs que même un gogol comprendrait comment fonctionnent les persos en deux secondes. Résultat, il n'y a plus de retournements de situations, de conflit interne, donc de changement chez le personnage (vous savez bien, le truc qui fait que vous avez de l'empathie pour lui). Du coup c'est de la merde.

Alors attention, je vous vois venir: c'est pas parce que c'est fait pour les enfants qu'il faut forcément faire des trucs simplistes. C'est pas en les tirant vers le bas qu'on leur montrera la voie à suivre.

Tout est toujours réduit au minimum ici, ce qui donne l'impression que la phase de développement a été sabotée bien comme il faut. Prenons l'exemple du bonhomme de neige. C'est évidemment un comic relief comme on en trouve dans tous les dessins animés. On a toujours besoin d'un faire-valoir rigolo parce que ça marche bien et que ça permet en principe de créer un décalage de ton dans une scène et de conserver quoi qu'il arrive un trait léger. J'ai absolument pas de souci avec ça. Sauf que l'une des règles d'or d'écriture est que lorsque tu crées un personnage uniquement pour sa fonction dans le récit (l'ennemi, l'adjuvant, le rival, etc.) et qu'il n'a pas de vie propre, tu peux considérer que ton personnage est inutile.
Si l'on reprend l'exemple de Raiponce, Maximus le cheval avait une vraie évolution dans son attitude, son engagement personnel, il avait un impact sur l'histoire par ses décisions ce qui lui permettait de sortir de sa fonction première pour être un vrai bonhomme. Olaf le putain de bonhomme de neige, à part montrer qu'il est con comme la lune, n'a aucune utilité dans le récit. Si on l'avait éliminé, que se serait-il passé? Strictement rien, l'histoire aurait été la même.

Certains personnages sont bourrés de connerie: l'héroine cherche simplement à se caser... du coup, elle tombe amoureuse du premier venu.... DEUX FOIS!!!!! DEUX PUTAIN DE FOIS!!!!
C'est un ersatz de princesse rebelle donc. Raiponce voulait se barrer et échapper à l'influence néfaste de sa mère d'adoption. L'autre conne se cherche un putain de mari et veut faire la teuf. Paye ton héroïne. C'est ça le modèle qu'on veut donner aux gamines maintenant?
Une fille tellement intelligente qu'elle part bille en tête voir si sa soeur a arrêté de faire du boudin, sans s'équiper un instant alors que c'est l'hiver éternel??? Mais bordel, pas une fois, elle n'a un plan valable. On ne peut même pas justifier ça par le fait qu'elle soit victime des événements et donc dans la réaction, puisqu'elle déclenche tout le bordel ambiant à chaque fois... L'héroïne est aussi bête qu'un balais à chiottes.

l'héroïne a un objectif simplifié à l'extrême, dépourvu de tout aspect sombre. Et pourtant, techniquement, il est en germe. Si Icewoman fout un bordel monstre, c'est aussi parce que la petite demoiselle l'a foutu dans la merde en jouant avec ses pouvoirs et en causant l'accident que la reine des neiges traîne comme un boulet pour le reste de sa vie. Donc, en germe, on a une quête de rédemption... mais, grande idée des scénaristes, on a décidé que le protagoniste avait tout oublié de sa faute originelle.

Du coup, elle a un objectif qui n'est plus personnel (se réconcilier avec sa soeur et lui sauver la mise ne fera pas d'elle une meilleure personne), c'est un acte de pur héroïsme qui enlève tout ancrage personnel pour en faire un objectif lambda. Toute la puissance dramaturgique de l'enjeu est foutue en l'air.

Et c'est ça le problème principal de Frozen: les personnages, le truc qui fait que tu tiens pendant le film, ne fonctionnent pas du tout. Jamais.

Je vais péter ce renouveau
Alors je sais bien que dans la chanson, l'héroïne dit "je vais fêter ce renouveau", mais sérieusement, la première et la troisième fois, j'ai vraiment eu l'impression qu'elle disait "je vais péter ce renouveau". Evidemment, ça ne veut pas dire grand chose, mais au moins c'est plus rigolo que le texte principal qui ne veut pas dire grand chose non plus. Que faisait la traduction ce jour là????

Certains l'ont déjà dit ici, mais Frozen est une comédie musicale, donc on a droit à plein de chansons. Trop. Sincèrement. Et c'est même pas un avis personnel, c'est que là, t'as tout le rythme de l'histoire qui en pâtit.

Traditionnellement, les chansons servent à deux choses: verbaliser les émotions des personnages (comme les monologues dans la tragédie classique, mais avec un côté plus pop quoi) et renforcer la dramaturgie (en gros une bonne chanson rendra un passage cool plus cool et un passage dramatique plus dramatique).

Sauf que là, y a des chansons, je me demande sincèrement à quoi elles servent. Y a quoi voir la scène d'ouverture: montrer des tailleurs de glace chanter en travaillant? A quoi ça sert dans le récit? D'un strict point de vue d'écriture, on peut se demander pourquoi ouvrir sur eux puisque l'histoire ne parle pas d'eux, mais en plus, la chanson ne donne pas la tonalité du film, elle n'exprime les sentiments de personne, la scène n'a aucun intérêt et du coup la musique fait très accessoire.

Et même dans l'écriture, les chansons sont pas bonnes. Déjà parce qu'elles semblent sous mixées ce qui fait que pas mal de paroles sont incompréhensibles (ok, j'ai peut être un problème d'audition...), mais surtout, elles manquent de finesse. Raiponce s'ouvrait avec une chanson qui racontait comment la princesse s'occupait et montrait finalement que malgré toutes ses activités, elle se fait royalement chier. C'était bien vu et malin.
Ici, tout est tellement frontal qu'au bout d'un moment - genre la deuxième chanson- ça fait sacrément mal à l'amour propre.

Une histoire? Mais pourquoi faire?
Comme je l'ai dit plus haut, le conte d'Andersen est à la base sacrément bordélique. T'as au moins trois histoires en une avec des liens vachement tirés par les cheveux. Mais, le conte ne cherche pas à prendre le lecteur pour un abruti en en créant des trous narratifs de la taille de pistolets de Rob Liefeld.

Ici, c'est bourré de choix narratifs qui vont à l'encontre du bon sens, conte de fée ou pas.
ça va du pas très grave au très gros, mais c'est juste pour expliquer le problème du scénario.

Quand la reine des neiges se casse pour faire son palais de Danse avec les stars, sa petite soeur part directement à sa poursuite... Mais comme les auteurs n'ont pas eu la bonne idée de créer une cour royale, t'as donc pas un seul bonhomme qui ne cherche à retenir la seule héritière du trône donc... Au lieu de ça, on a droit à "ah oui, bon ben fonce... et puis, on va faire confiance à ce type que tu viens de rencontrer pour diriger le royaume". ooookkkkk...
je dis pas qu'il faut créer une intrigue de palais hein, je dis juste que quand tu crées un royaume, tu dois forcément te poser à un moment ou un autre la question de savoir comment fonctionne le pouvoir. Il ne faut, ne serait-ce qu'une ligne genre "oui ben je m'en fous, je vais causer à ma soeur alors que mon peuple meurt de froid parce que j'en ai rien à battre" pour éviter de se retrouver avec un trou dans le raisonnement.

Prenons nos amis les délicieux parents des princesses. si on nous dit dès le départ qu'ils vont tout faire pour que celle qui a ses pouvoirs apprenne à les contrôler, pourquoi la solution qu'ils donnent (alors tu vas porter des gants et puis c'est marre) parait aussi ridicule? Pourquoi les faire partir en mer alors qu'ils n'ont strictement aucun intérêt à quitter leur fille des yeux?

Quand la Reine des neiges se casse pour faire son palais de Danse avec les stars, de quoi va-t-elle vivre????... Je veux dire, à part sucer des glaçons... Elle est même pas dans la merde, puisqu'elle est "libérée, délivrée" et qu'elle peut faire plein de sculptures de glace très jolie. C'est un plan au moins aussi con que celui de Marcel et Lili des Bellons dans La Gloire de mon père quand ils décident de vivre en ermite dans la montagne pour éviter de retourner à la ville. Sauf que là, t'as personne pour faire comprendre que c'est idiot et tellement premier degré que ça en devient sacrément gênant.

Le twist du deuxième acte est confondant de connerie. On apprend que le gentil prince dont l'héroïne est tombée amoureuse est en fait un salopard qui a tout fait pour prendre le contrôle du royaume.
1- son plan est un putain de longshot: comme il ne peut pas plaire à la reine... donc celle qui a le pouvoir, il a séduit... sa soeur, ce qui veut dire qu'il lui aurait fallu quoi qu'il arrive un second plan pour parvenir à ses fins... C'est con.
2- il a eu un énorme coup de bol puisqu'il s'est retrouvé régent (il lui était impossible de prévoir que la reine des neiges allait péter un cable puisqu'il ignorait tout de ses facultés). Mais alors que deux sbires tentent de la buter... pourquoi tenter alors de sauver la reine????? Ils lui auraient maché le travail!!!!
3- faire croire qu'il s'est marié en douce avec la princesse avant qu'elle ne meurt pour être héritier direct... Mais ça sert à quoi??? D'un, il ne peut pas le prouver et de deux, le royaume allait être tellement en galère qu'il aurait pu le prendre par la force avec une armée composée de deux enfants boîteux et d'un lance-pierre quoi.
4- et en plus, c'est un mauvais antagoniste parce qu'il ne permet pas au héros par son opposition de révéler le meilleur de lui-même.

La négation du fusil de Tchekhov
y a un principe d'écriture qui veut que lorsque tu introduis un élément, tu es dans l'obligation de t'en resservir par la suite. Sinon, il ne sert à rien, donc tu peux l'enlever parce qu'en plus, ça distrait le spectateur. Alors c'est pas le dramaturge russe qui l'a inventé, mais c'est comme ça qu'il est connu. Corollaire: si tu trouves une solution à un problème de l'histoire sans l'avoir introduite auparavant dans le récit, tu crées un deus ex machina. Tu romps le pacte que tu as fait avec le spectateur en utilisant un élément hors du récit pour le sortir du pétrin. Et c'est mal aussi.

La Reine des neiges chie sur le dramaturge russe.
On nous dit par exemple que la reine peut faire de la neige... mais pourquoi de bordel de merde qu'elle pourrait lui donner vie? Surtout que les éléments auxquels elle donne vie ont l'air complètement random (un bonhomme de neige rigolo et un golem). C'est une faculté merveilleuse et ultra puissante dont elle peut se servir pour... ah ben non, ça ne sert pas à sortir le personnage de l'ornière et c'est complètement gratuit.
On nous dit qu'elle crée de la neige, pas qu'elle lui donne vie, c'est une faculté qui apparait après et qui n'a pas d'impact dans la destinée du personnage. Parce que oui, aussi étrange que cela puisse paraître, Frozen est un récit character driven (puisque ce sont les choix des personnages qui conditionnent la conduite du récit). C'est une faculté tellement puissante qu'elle devrait avoir une utilité par la suite et pas juste faire des bonshommes cool. Comme ça, c'est gâché.

On nous fait comprendre dès le début que les pouvoirs de la reine des neiges sont liés à ses émotions... Et y a rien là dessus après. On la voit pas tenter de controler ses émotions. Elle n'a pas d'arc narratif là dessus. Introduire aussi tot un élément aussi simple narrativement et ne pas lui donner d'ampleur, c'est renier l'essence même du personnage.

Nos amis les gnomes de pierre ne sont pas en reste. on nous dit dès l'exposition qu'il y a un vieux gnome capable de faire de la magie et de comprendre les pouvoirs de la reine des neiges... Va t-il être utilisé par la suite pour l'aider à contrôler ses facultés? Ah ben non, ce serait con d'avoir une solution simple et qui tient la route... Autant l'utiliser uniquement pour faire une chanson sur le mariage de l'héroïne.

le syndrome Prometheus
ou "Peut on sauver un film uniquement sur son visuel?"
Parce que oui, il faut quand même avouer que visuellement, La Reine des neiges déchire. Tout ce qui est utilisation de la glace est super bien pensé (genre le fameux passage où elle court sur le lac en créant une couche de glace sous ses pas, ou le passage tempête de neige qui renverse les bateaux). C'est vraiment très beau.

Mais alors, qu'est ce que c'est con...


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