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Thorn 13/02/2016 13h50

J'aime à vous lire, ne laissez pas ce thread s'éteindre

axlreznor 13/02/2016 14h22

J'en ai d'autres plus joyeuses, plus bizzares, plus tristes...

Mais bon, faut que ça tourne et en plus je suis bien trop dispersé pour me concentrer la dessus! J'essaierais tout de meme d'en mettre encore!

wildcard 13/02/2016 18h17

J'ai lancé plein d'invitations et je continuerai dès que possible.
Certains m'ont répondu qu'ils avaient un emploi du temps chargé, mais il n'y a pas de deadline, donc vous mettez pas la pression.
Et pour ceux qui ont envie de s'y coller et que je n'ai pas pensé à contacter en MP, ne vous privez pas de laisser votre contribution ici. Communiquez-moi juste par MP si vous m'autorisez à publier votre texte sur le blog où je les rassemble et sous quel nom vous désirez le signer.
Un dernier point : réfléchissez à intituler votre texte et à indiquer à quel thème vous souhaitez l'attacher.

Merci.

Algernon Backwash 14/02/2016 02h38

Citation:

Envoyé par Rorschach (Message 1637175)
Allez hop, je vais faire un truc.

C'est en train, juste pas des masses de temps ces jours ci :)

Eddy Vanleffe 17/02/2016 22h22

Cordialement invité par Wildcard (que je remercie au passage), j'ai décidé de participer mais ça n'a pas été facile.

Voilà le résultat: soyez indulgents:

IN THE END


Il est temps à présent de se dire au revoir.
Tu es parti, au paradis, en enfer, enfin où tu voudras bien aller. En vélo sans doute.

De mémoire, je t'ai toujours détesté, enfin pour être plus exact, j'ai toujours détesté ton personnage et ce qu'il avait fait à ma famille. Absent, pour cause de ne pas être encore né, je n'ai pu que constater le carnage et la cicatrice. Et cette sorte de condamnation de leur âme à l'apathie. Quelque chose avait brisé leur ego et attisé un feu de colère inextinguible avant même que j'e n'en ais conscience.
Moi, j'ai vécu bien, cool, sans me rendre compte de l'anomalie. Celle-ci me fut crachée au visage à l'école, qui est la boite de pétri de la société humaine, dans toute sa veulerie et sa méchanceté brute, pas encore policé par le vernis sucré de l'hypocrisie.

-T'as pas de père! Se moquèrent rapidement les cloportes autour de moi.

-J'ai vu ta mère en compagnie tout à l'heure. Apparemment t'en as plusieurs, tu m'en prêtes un?

On est bien obligé de répliquer non?

Pour ma part ma seule croix, c'était un nom. Ton nom. Mon frère s'est même mis en tête d'accoler celui de maman sur sa carte d'identité, devenant ainsi un véritable exercice de rééducation d'orthophonie ambulant. A quoi bon franchement? Adolescent, j'avais un plan bien plus étudié: Ne pas me marier, ne pas reconnaître mes enfants pour qu'ils portent le nom de leur mère et faire disparaître cette tâche qui faisait désordre sur mon CV.
Et puis j'ai oublié, je me suis passionné pour la bande dessinée, les humoristes et les musiciens: ben ouais j'étais adolescent:A cet âge là, il faut être malade pour vouloir être malheureux. Rencontres, amitiés, toutes importantes jusqu'à LA rencontre.
Le jour où le pantin de bois devient vraiment un être vivant au contact de sa fée bleue. Je n'avais pas eu de Gepetto? Bof! Je n'avais pas eu de fils non plus...
La vie, c'est plus simple qu'on veut bien l'admettre: Quand on peut pas faire avec, et bien on fait sans. C'est tout.
A cette période, tu m'as appelé. Deux fois. Pour demander pardon et puis pour demander si tu devais arrêter d'envoyer la pension alimentaire. Ouais c'est vrai tiens... Ben non en fait, je viens de trouver du boulot...
un instant je me souvins du surnom que tu nous donnais à moi et mon frangin: les manicraques-blues...
Je n'ai jamais pigé jusqu'à ce qu'on m'explique: On faisait chanter le blues de ton manicraque (distributeur à pièces en chtimi).
J'ai bien rigolé et j'ai admiré cette forme d'esprit... un peu salaud mais franchement marrant!
Depuis, la fée bleue m'a donné une fée verte qui me rend à moitié fou... et dès l'instant où cet être s'est battu pour avoir sa première respiration, toutes les conneries, toutes les colères s'évanouirent à jamais et ce nom devint le mien. Et il fut hors de question de ne pas le donner à mon tour.
Tu vois, un jour tu m'as demandé pardon, mais de quoi? Qu'y a-t-il à pardonner? D'autres m'ont aidé à tenir debout sur mes jambes. Tout va bien. Pour toi aussi j'espère finalement. C'est un peu tard pour s'en soucier de toute façon.
Aujourd'hui je suis comme je suis et tu n' y es pour rien.
Tu n'y a jamais été pour quoi que ce soit.

Thoor 18/02/2016 08h48

Excellent, bravo

doop 18/02/2016 09h04

Très bien !

Ben Wawe 18/02/2016 10h22

Pourquoi être indulgent, quand ton texte est à la fois beau, triste, joyeux, mais surtout sincère et touchant ? Félicitations, c'est un écrit sensible et positif, vrai et pur.

Je renouvelle ce qui s'est dit avant : merci à Wildcard d'avoir lancé cette idée, merci aux contributeurs de se livrer autant et d'aussi belle manière. Tout ceci est magnifique.
Le blog a-t-il déjà été lancé ?

doop 18/02/2016 10h47

oui, clique sur la signature de wildcard !

Ben Wawe 18/02/2016 10h51

Je crois qu'il s'agit plutôt de son blog de critiques, non ?

arrowsmith 18/02/2016 11h45

l'adresse du Short Stories Project de Wildcard : http://short-stories-project.blogspot.fr/

Hilarion 18/02/2016 13h54

Vous êtes vraiment touchants, bande de canailles.

Je commence un truc moins triste et plus féminin...

Thoor 18/02/2016 14h48

:woot:

wildcard 23/02/2016 18h19

Merci, Eddy, pour ta contribution.
Encore un sacré texte !

Merci pour votre confiance à tous. Et continuez à faire vivre ce projet dont VOUS êtes les vrais animateurs.

EDIT : J'ai ajouté l'adresse du blog dans ma signature. Ce blog aussi, vous le faîtes vivre en me permettant d'y poster vos textes.

Nopoman 07/03/2016 08h36

Un texte que j'avais déjà écrit la semaine dernière suite à l'invitationde Wildcard, mais dont j'ai repoussé la publication, afin de lire toutes vos brillantes participations, et sans doute retarder l'échéance...

Citation:


À l'étage

Le mois d’août 2007 touchait à sa fin, et avec lui un séjour d’un mois dans le pays de mes ancêtre, la Pologne, où j’avais pu effectuer un stage en recherche au milieu des paysages lacustres de la Mazurie. Mes parents me ramenaient au pays, profitant de l’occasion pour visiter la famille, et je trainais sur le parcours la nostalgie d’un été exceptionnel, fort d’expériences inoubliables, dans un pays loin d’où je vivais, mais proche de qui j’étais.


La chaleur sèche de la fin de l’été, et ses nuits au ciel dénué de tout nuage figeaient l’instant de cette jeunesse, l’insouciance dans le rétroviseur, l’inconnu devant soi. Le seul sentiment du présent était une mélancolie profonde, exacerbé par un amour mal placé, envers une femme dont l’inaccessibilité n’était que la simple expression de son inadéquation avec moi.

Hébergé pour une nuit chez un cousin, nous n’avions comme loisir que d’écumer la liste de série et de films que mes sœurs avaient eu bon ton d’emporter avec elles. Tandis qu’elles lançaient un énième film que mon prétendue bon goût répugnait de visionner, alors que, idiot que j’étais, je n’avais pas compris que chaque instant avec elles valaient n’importe quel sacrifice sur l’autel de mon snobisme, je les quittais et pris d’un mouvement de solitude romantique, je passais la porte fenêtre et m’accoudait au balcon donnant sur la cour intérieur fermée de ce bloc du début du siècle. Microcosme d’où je pouvais observer depuis mon 3ème étage toutes ces fenêtres donnant sur autant d’univers. Et au-dessus, le ciel. Le même que celui en France. Et loin là-bas, elle. Elle qui m’ignorait depuis des mois, et dont je refusais alors de voir moi-même que c’était son ignorance qui était un signe.

Je me sentis soudainement pris d’un élan de lucidité dont je me rappelle encore aujourd’hui la vive précision. Un mouvement du cœur et de l’âme qui me fit chavirer et s’inscrivit dès cet instant comme un rare moment à ne pas oublier. Je devais l’exprimer d’une manière ou d’une autre. Sous ce ciel partagé, et cette femme dans ma tête, je sortis mon téléphone et envoya ce qui me sembla l’expression même de mon épiphanie. Non seulement dans le contenu, mais dans le fait d’avouer que là, à une demi-Europe de distance, je pensais à elle. Moi, seul sur ce balcon, entouré de ces lumières, bercé par une brise chaude, les narines emplie de cette odeur indescriptible et familière d’un pays qu’on visite depuis son enfance, je pensais à elle.

Je ne reçus jamais de réponse.

Quelques mois plus tard, après une suite d’autres messages sans réponse, je reçu enfin celui que j’attendais. La demande polie mais ferme d’arrêter de la contacter. Étrangement je la remerciais.

Et ce fut tout.

Quelques déceptions amoureuses et années plus tard, printemps 2013. Je retourne en Pologne, 6 ans ont passées. Mon cousin me présente à sa belle-sœur. Et je la rencontre. La vraie. Celle qui justifie tout ce que j’ai traversé jusque-là. Tous les errements prenaient un sens.
Au détour d’une conversation sur mes précédents voyages en Pologne, je lui fais part de mon passage dans sa ville, ce soir d’été, où j’ai dormi chez sa sœur. Elle me dit alors se souvenir qu’elle avait entendu parler de moi, de ce cousin français qui était venu dans sa ville. Elle en a entendu parler un soir d’été. Un soir où lors d’une fête, l’hôte lui avait dit que son frère hébergeait sa famille française. Qu’il l’hébergeait en ce moment même dans son appartement. Celui d’en dessous.

J’aime à penser que ce soir d’août, alors que mon corps m’avait attiré dehors, que le silence s’était fait, et que je levais les yeux au ciel, j’aime à penser qu’en effet sous ce même ciel m’attendait quelque chose. Quelqu’un.

Juste à l’étage.



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