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effixe 29/01/2016 10h39

Gros gros niveau... Bravo à tous...

bukowski 29/01/2016 17h01

Invitation bien reçue. Je vais essayer de participer prochainement...

gillesC 29/01/2016 17h59

Awright, man. ;)

HiPs! 31/01/2016 21h42

J'en suis. Mais, je ne sais pas quand.

Algernon Backwash 01/02/2016 01h26

Allez hop, je vais faire un truc.

Thoor 01/02/2016 08h02

Merci de vos lectures :merci:

HiPs! 01/02/2016 15h47

Une histoire de famille et aussi de mort:

Citation:

Envoyé par Polichinelle
La terre était gelée en cette nuit de février.
Si dure que la pelle et la pioche l’ébréchaient à peine. Il fallait bien pourtant. Il fallait bien creuser.
Mais, bon dieu, qu’il faisait froid!

Violette se remettait doucement dans la chambre à l’étage.
La vieille était partie voilà moins d’une heure, sa besogne accomplie et les billets empochés.

La tête de ma pioche s’est abattue une fois de plus dans la terre récalcitrante.
Le choc faisait vibrer le manche qui le propageait dans tout mon corps.
Mes dents s’entrechoquaient, le froid, les vibrations. Des orteils à la pointe des cheveux, je n’étais plus que tremblements.
Encore un petit effort, j’y étais presque.

C’était le père de Violette qui avait appelé la vieille. Après, il m’avait désigné “le paquet“. Il m’avait dit que c’était à moi de m'en débarrasser.
Alors, j’ai pris la petite chose enfouie dans le torchon de cuisine, invisible, anonyme. Je n’ai jamais su son sexe, je ne voulais pas savoir. Violette habitait encore chez ses parents bien sûr. Ils avaient de l’espace, un grand terrain. Alors, j’ai creusé un trou dans un endroit isolé et je l’ai déposé là, avant de reboucher...

...

— C’est terrible ce que tu viens de me raconter là, papa. Je ne sais pas quoi te dire...
— Tu sais, c’était une autre époque. Quelques jours plus tard, j’embarquais pour l’Algérie. On s’est écrit un peu avec Violette. Puis, plus du tout. Je ne l’ai revu que des années plus tard. Entre temps, j’avais rencontré ta mère. Tu étais né. La vie avait continué, autrement. Mais, tu sais, vraiment, je ne regrette rien. Sans cette nuit là, ma vie aurait été différente. Et tu n’en aurais jamais fait partie, mon fils.


Thoor 01/02/2016 16h36

He bé..... quelle histoire.
Elle est courte, mais que rajouter de plus. rien. elle marche très bien comme cela.

wildcard 01/02/2016 17h50

Merci, Hips ! d'avoir répondu présent.
Un texte d'une remarquable concision, très fort.

Vous faîtes vraiment de ce projet quelque chose d'exceptionnel. Merci.

HiPs! 02/02/2016 17h28

Le pire c'est que mon père est un grand taiseux et que c'est toujours entre la poire et le fromage qu'il me livre ce type d'anecdotes un poil terrifiantes. Ah, et je précise que le nom de Violette est de mon invention et que j'ai demandé à wildcard de rester anonyme, pour préserver évidemment l'identité des personnes citées.

Zen arcade 02/02/2016 21h33

Voici ma contribution :



« J’ai pas envie d’être morte », elle me dit. Et moi, pris de court, je ne sais pas quoi lui répondre.
Ceci est une histoire sans dialogues.
Elle ne m’a pas dit « J’ai pas envie de mourir ». Non, mourir, c’est une abstraction. Personne ne sait ce que c’est. Alors, avec ses mots, elle m’a juste dit « Papa, j’ai pas envie d’être morte ».
Elle a quatre ans et demi.
La veille, au boulot, j’ai reçu un appel d’urgence de l’hôpital. « Votre fille doit être opérée en extrême urgence. Son appendice a éclaté, on craint la péritonite. On a besoin de votre accord.»
Je quitte le bureau, je prends tram, métro, train, je récupère la voiture et je fonce à l’hôpital. Je m’en veux de ne pas avoir été là mais heureusement j’apprends rapidement que l’opération s’est bien déroulée.
Le lendemain, dans ses yeux, je vois la lucidité de ces enfants qui ont dû apprendre à vivre avec la maladie. Elle m’écrase de sa sagesse. Elle me donne une leçon de résilience.
Et bientôt, on se croit sorti d’affaire. Trop vite sans doute. De retour à la maison, la fièvre reprend, le thermomètre monte à nouveau à plus de 41°. L’infection est toujours là, tenace.
Retour à l’hôpital. Nouveaux examens. L’infirmière en chef me dit « Ca va monsieur ? Vous êtes tout blanc. » Les chirurgiens décident de la placer sous sédation et de pomper le pus au moyen d’une grosse seringue. Si ça ne fonctionne pas, il faudra réopérer.
Moi, je vois juste son petit corps inerte, complètement vulnérable, infiniment fragile et je repense à sa terrible phrase. La dextérité des chirurgiens est impressionnante. Ca rassure. Un peu.
Apparemment, tout se passe bien. Retour en chambre. Les paramètres sont bons, petit à petit la fièvre diminue et le drain charrie des humeurs de moins en moins sombres.
Enfin, elle reçoit la permission de sortir. Dehors, c’est l’hiver mais il fait un temps superbe. Son beau prénom, formé avec les idéogrammes qui signifient « beau temps » et « beauté », ne m’a jamais paru si bien choisi.
On respire, on se regarde, on se sourit.
Ceci était une histoire sans dialogues.
Pour parler, on a toute la vie devant nous.

Ben Wawe 02/02/2016 21h43

Une histoire courte mais qui prend immédiatement aux tripes, avec l'envie qu'elle soit encore plus courte, pour arriver encore plus vite à la conclusion qu'on espère positive. Heureusement, elle l'est : j'en suis heureux, car cela donne une fin positive à une très belle histoire, et surtout je suis rassuré pour toi.
Merci pour ce moment.

Thoor 03/02/2016 16h54

Bravo Zen pour ce texte plein d'émotions.

wildcard 03/02/2016 18h20

Merci, Zen.

Concis, fort, émouvant.

Encore une belle contribution.

doop 03/02/2016 18h26

moi ca arrive mais c'est très difficile !


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